jeudi 10 février 2022
En rire ou en pleurer ?
mercredi 9 février 2022
Très tendance cette année
Autant avoir pour modèles des gens auxquels on peut espérer ressembler. Le dirigeant européen dont Z comme Zorglub dit se sentir le plus proche est Boris Johnson. Il ne se trompe pas. Bo'Jo est vu - même dans ses propres rangs - comme menteur, prétentieux, incompétent, incapable d'assumer ses responsabilités. C'est un modèle à la mode. Il se vend bien actuellement.
vendredi 4 février 2022
Jeux de passe-passe
On va jouer à faire semblant que tout se passe pour le mieux à Pékin et alentour. D'ailleurs, le Gouvernement chinois a clairement fait savoir que toute critique "sur l'esprit olympique, en particulier envers les lois et les règlements chinois" serait passible de poursuites pénales. L'Union des athlètes allemands a recommandé à ses membres de ne pas exprimer leur opinion. (3) Tous les sportifs - en raison de la pandémie bien sûr ! - ne pourront avoir aucun contact avec la population chinoise. Au point qu'il est préventivement interdit à tout Chinois de venir en aide à un véhicule olympique qui serait en panne ou victime d'un accident. On voit par là que les Jeux rapprochent les peuples.
On va jouer à croire que les Jeux sont, comme l'affirme le Comité international olympique, "le seul évènement qui rapproche le monde entier dans une compétition pacifique" et que le milieu sportif est une grande bande de chouettes copains qui sont loin au-dessus des petits soucis que peut connaître la Chine. Par exemple, la menace d'invasion de Taïwan par la Chine, l'enfermement des Ouïgours dans des camps, l'absence de libertés individuelles et d'expression dans tout le pays, le recul de la démocratie à Hong Kong, etc. Quelques pays boycottent diplomatiquement ces Jeux, mais les sponsors, tels Coca-Cola, Airbnb et bien d'autres, jouent à croire que tout va bien et que le monde doit tourner comme avant, parce que les Jeux, c'est quand un même beau rendez-vous qu'il serait dommage de rater.
Pourquoi les instance sportives internationales ne sont-elles pas capables d'imposer comme conditions à l'accueil d'une compétition le respect des droits de l'homme et de l'environnement? Ces jeux se jouent de nous...
Post-scriptum:
https://www.huffingtonpost.fr/entry/neige-artificielle-jo-une-controverse-qui-sapprete-a-fondre_fr_61fd2f1ce4b0b69cfe8dff9a
https://www.blogger.com/blog/post/edit/8993495683617394128/6042329074632908318
(1) "Blanc comme neige, vraiment ?", De Volkskrant (Amsterdam), 21.1.2022, in Le Courrier international, 3.2.2022.
(2) "Extravagances environnementales", Le Courrier international, 3.2.2022.
(3) Volker Kreisi, "Pékin, les jeux de trop", Süddeutsche Zeitung (Munich), 25.1.2022, in Le Courrier international, 3.2.2022.
Lire le dossier "Pékin, les jeux de l'absurde", Le Courrier international, 3.2.2022.
jeudi 3 février 2022
Ne disez pas soixante-dix. Dites septante.
Ainsi donc, du temps de Molière, soixante-dix se disait septante. Aujourd'hui, nombreux sont les Français qui rient en entendant des Belges ou des Suisses utiliser septante ou nonante. Et, le plus souvent, ils ne comprennent pas. Il faut leur expliquer qu'ils qualifient pourtant de septuagénaire quelqu'un qui a soixante-dix ans et plus et de nonagénaire une personne qui a entre quatre-vingt-dix et quatre-vingt-dix-neuf ans. Souvent, ils reconnaissent que septante et nonante - et huitante comme disent les Suisses - sont nettement plus logiques. La même logique que celle de la langue italienne (et de tant d'autres) : settanta, ottanta, novanta. C'est vous qui avez raison, reconnaissent-ils. Il est vrai qu'il est beaucoup plus facile d'apprendre à compter - notamment à des adultes qui suivent un cours de français langue étrangère - avec la logique en -ante qu'avec le système de comptage français, très complexe.
https://www.caminteresse.fr/economie-societe/pourquoi-dit-on-soixante-dix-1163441/
https://mathematiques42.enseigne.ac-lyon.fr/spip/spip.php?article75
lundi 31 janvier 2022
On s'y perd
Ne pas faire le jeu de l'extrême droite. Voilà qui semble être l'un des soucis majeurs d'une partie importante de la gauche et de l'extrême gauche. Pour ce faire, on les voit minimiser, voire nier l'impact de l'islamisme sur certains quartiers et surtout sur celles et ceux qui y habitent, qu'ils et elles soient musulmans ou non. Ces braves âmes n'ont rien à reprocher aux dérives autoritaires d'hommes tout puissants qui veulent imposer à tous et surtout à toutes les règles réelles ou inventées de leur religion. En refusant d'entendre ce que vivent douloureusement certains habitants et en mettant la poussière sous le tapis, cette gauche fait le jeu de l'extrême droite.
Récemment, la chaîne de télévision M6 diffusait, dans le cadre de son émission Zone interdite, un reportage dénonçant l'emprise islamiste sur des quartiers de certaines villes françaises. "Le reportage, explique l'hebdomadaire Marianne (1), documente l'installation d'un islam fondamentaliste à Marseille, Roubaix, Lyon. Sont exposés : écoles illégales dissimulées, fillettes de 7 ans voilées, mosquées radicales à l'enseignement salafiste… Des pratiques qui n'ont rien à voir avec l'islam pratiqué par l'immense majorité des citoyens français musulmans, mais qui relèvent d'une dérive bien connue : le fréro-salafisme." Mais cette réalité, insupportable à vivre dans un pays laïc et démocratique, doit être cachée. Avant même la diffusion de l'émission, des militants de la France insoumise appelait à son boycott pour cause d'islamophobie.
(1) https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/zone-interdite-montre-lislamisme-des-militants-de-la-france-insoumise-denoncent-lislamophobie?utm_source=nl_quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20220124&xtor=EPR-1&_ope=eyJndWlkIjoiMWRhMjc0MDM2MDEzNTMyNzJkNjYxMmIyOWM2M2NiMDAifQ%3D%3D
(2) https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-du-lundi-31-janvier-2022
samedi 29 janvier 2022
Récents délires
On croit à un immense gag, mais il n'en est rien. Cette théorie caresse dans le sens du poil le nationalisme russe : son peuple est au centre du monde, au cœur de toute la civilisation humaine. Et voilà comment les livres de Fomenko se sont vendus à plus d’un million d’exemplaires en Russie. "Et ça dit quelque chose de cette nostalgie russe pour sa gloire passée. C’est un symptôme d’un pays qui cherche à retrouver sa place sur la scène internationale, quitte à instrumentaliser l’Histoire telle qu’on la connait, et que Poutine incarne plutôt bien à sa manière, on le voit notamment avec la crise ukrainienne actuelle." Tristan Mendès France constate que le récentisme est relayé à l'étranger, par des individus qui gravitent essentiellement autour des milieux complotistes d’extrême droite pro-Poutine, notamment en France des proches d’Alain Soral.
(1) https://www.franceinter.fr/emissions/antidote/antidote-du-vendredi-28-janvier-2022
(2) (Re)lire sur ce blog "Que se taisent les morts" 29.12.2021.
(3) https://www.louvrelens.fr/la-galerie-du-temps/
lundi 24 janvier 2022
Sacré Djoko
"L'humour est une démarche de raison qui réclame de l'intelligence et un peu de culture pour être compris", écrit (5) le dessinateur Xavier Gorce, viré du Monde pour un dessin qui a choqué quelques personnes. "L'ironie peut heurter ou choquer les sensibilités et les croyances. Et c'est normal: c'est sa fonction. Chacun peut être choqué par un dessin, c'est légitime. Mais apprendre à accepter d'être choqué, c'est apprendre à accepter la critique de ses idées. C'est le fondement de toute société de liberté d'expression et de débats. Or, c'est précisément cela qui est reproché par certains au dessin d'humour. L'humour est systématiquement combattu, souvent violemment, par les idéologues, les fondamentalistes et les activistes militants car il anéantit complètement le sens du sacré - par définition indiscutable et arbitrairement proclamé pour empêcher toute pensée divergente."
(3) un dessin qui m'a échappé...
(4) dans Paris Match, 13.1.2022, cité dans Charlie Hebdo, 19.1.2022.
(5) Xavier Gorce, "Raison et dérision", Tracts Gallimard, n°28, 2021.
(6) "Offensez ! C'est ma devise !", Télérama, 22.12.2021
vendredi 14 janvier 2022
Toi même !
Zemmour, lui, a bâti sa réputation sur l'agression. Journaliste chroniqueur, il s'est fait connaître en conspuant un système qui l'a fabriqué, en crachant sur les migrants, sur les femmes, sur les journalistes, sur tous ceux qui ne sont pas et ne pensent pas comme lui. "J’étais l’un d’entre vous, dit-il en s'adressant aux journalistes (2), mais j’étais différent aussi. Pour trois raisons : j’étais de droite ; ensuite, je parlais, j’écrivais le français, alors que votre langue maternelle est le politiquement correct ; enfin, j’étais populaire », alors que les journalistes, poursuit-il, seraient les hommes et les femmes « les plus détestés de France ». Si on arrive à le suivre, on doit donc comprendre qu'il est en France le seul journaliste populaire et de droite, au contraire de tous les autres. Il n'imagine pas une seconde que s'il est effectivement populaire auprès de certains, il a surtout réussi à se faire haïr de beaucoup d'autres. Il est sûr que demain, quand il trônera à l'Elysée, les journalistes s’adresseront à lui "avec respect, admiration, sollicitude et même un brin d’hypocrisie ". Visiblement, cet homme exceptionnel qui incarne à la fois la prétention et l'abjection a un modèle: l'ex-président américain Trump. On l'appellera dès lors Suffisant II.
L'animateur Laurent Ruquier, lui, s'en est pris samedi dernier dans son émission "On est en direct" (France 2) aux médecins. " C'est pas en attirant l'attention sur les non-vaccinés qu’on va me faire oublier ceux que moi j'ai vraiment envie d'emmerder: c'est tous les médecins qui au lieu d'être dans les hôpitaux sont sur les plateaux depuis deux ans à nous raconter connerie sur connerie." (3) C'est un spécialiste qui nous le dit: la connerie est affaire de professionnels. Ruquier n'aime pas qu'on marche sur ses platebandes. La connerie est réservée à ces chroniqueurs qui sur les plateaux télé parlent de tout pour dire n'importe quoi, ont un avis tranché sur tous les sujets et sont à mille lieues d'imaginer qu'un expert, qu'il soit médecin ou autre, puisse informer sur un sujet complexe ou faire de la pédagogie.
Résumons-nous: la nuance et la complexité ne sont pas à la mode.
Post-scriptum : les meutes de chiens se multiplient : https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/15/c-est-l-afp-niquez-les-ces-fils-de-pute-une-equipe-de-l-agence-france-presse-agressee-a-paris-lors-de-la-manifestation-anti-passe_6109655_3224.html
(1) https://www.huffingtonpost.fr/entry/melenchon-condamne-pour-injure-publique-et-diffamation-envers-radio-france_fr_61dd89d7e4b0bcd219649fb2
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/01/10/presidentielle-2022-eric-zemmour-critique-les-journalistes-professionnels-les-plus-detestes-de-france_6108932_823448.html
(3) https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-sophia-aram/le-billet-de-sophia-aram-du-lundi-10-janvier-2022
vendredi 7 janvier 2022
Le soft power de l'islamisme
Pendant ce temps, les islamistes avancent leurs pions dans les sociétés européennes. Avec le soutien complaisant de cette gauche hallal. "Il y a (...) une impérieuse urgence à combattre l'idéologie islamiste, écrit Riss dans son édito, pas uniquement sur le plan sécuritaire, mais aussi culturel, politique, sociétal. Car on sait que les idéologues de cette pensée intolérante n'ont pas baissé les bras après avoir compris que la violence n'a fait que braquer l'opinion publique contre eux. Ils ont donc changé de tactique et adopté ce qu'on pourrait appeler un soft power au service de leur cause. Mettant en œuvre une stratégie d'entrisme lente et silencieuse dans de nombreux secteurs de la société pour leur donner les impulsions qui serviront leur combat. Dans le monde du travail, de la mode, de l'université, du sport, de l'éducation pour ne citer que ceux-là, l'islamisme cherche à investir des champs nouveaux d'où il sera ensuite presque impossible de l'en déloger."
Ce numéro spécial de Charlie Hebdo se termine par deux pages optimistes, relatant les cours qu'une prof de français et d'histoire-géo consacre, auprès de CAP et de bacs pro, à la laïcité et à la liberté d'expression. Son pari sur le respect et l'intelligence des élèves est gagnant.
Charlie Hebdo n° 1537, 5.1.2022.
mardi 4 janvier 2022
Non, merci !
Bernard Laponche, ancien ingénieur qui a participé à l'élaboration des premières centrales nucléaires françaises dans les années '60-'70 et a dirigé l'Agence française de la maîtrise de l'énergie de 1984 à 1987, parle à Etienne Davodeau (1) des déchets radioactifs produits par l'industrie électronucléaire: "on continue à en produire et on ne sait pas quoi en faire. On a déjà pollué de mille façons les mers, l'air, les sols, mais pas encore les sous-sols. Cigéo, c'est ça: on va finir le travail". Certains des déchets issus de la filière nucléaire "sont très dangereux pendant des centaines de milliers d'années, explique Bernard Laponche, parce que leur radioactivité décroît très lentement". Longtemps, la France les a balancés tranquillement en mer. Aujourd'hui, Cigéo, le Centre industriel de stockage géologique de l'Andra (l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires), a pour mission d'enterrer, à Bure, à cinq cents mètres sous terre 85.000 m3 de déchets radioactifs dont elle ne sait que faire, "pour une sorte d'éternité empoisonnée".
Les débats sont vifs, souvent enflammés, autour des projets éoliens et chacun d'eux est l'objet d'une longue enquête publique. En revanche, il n'y a jamais eu de véritable débat sur la politique nucléaire de la France. Lancée par le président de Gaulle, elle a été poursuivie par tous ses successeurs, de gauche comme de droite, comme si elle allait de soi. Sur les éoliennes, les débats se résument souvent à de faibles arguments portant sur leur esthétique ou sur leur impact supposé sur le marché immobilier. Sur leur coût aussi. Comme si le nucléaire était bon marché. La construction des centrales est coûteuse, mais leur démantèlement aussi. "Le démantèlement, comme la gestion des déchets, pose de gros problèmes techniques mais aussi financiers, constate Bernard Laponche. On sait déjà que les provisions mises de côté par EDF pour cet énorme travail ne seront pas suffisantes. Pourtant, il faudra bien que quelqu'un paye, non? On le voit, cette production miraculeuse d'électricité issue de grandes découvertes scientifiques s'avère... pas miraculeuse du tout !"
La politique nucléaire, c'est aussi celle du secret et de la répression. Les opposants de Bure sont criminalisés, comme l'ont été hier ceux de Creys-Malville ou de Plogoff. Toute la région est sous contrôle policier et nombreux sont les militants anti-déchets à avoir été condamnés pour leur opposition pacifiste. Le nucléaire s'accommode mal de la démocratie.
"Tout va bien", 11.12.2013;
"Le nucléaire patine", 25.12.2012;
"Atomiser le gaspillage", 30.3.2012;
"Propos de comptoir", 27.11.2011