vendredi 8 juin 2007

J'ai reçu une lettre d'Elio

Elio m'a écrit! Il s'adresse à moi "personnellement", me dit-il. Woaw! Mais qu'ai-je fait pour que l'empereur de toutes les Wallonies (la picarde, la boraine, la centrale, la liégeoise et toutes les autres) s'intéresse à ma petite personne? C'est que, me dit-il, "les indépendants créent la richesse de notre pays". Il doit y avoir erreur sur la personne ou alors les services impériaux devraient mettre à jour leurs fichiers: si je me souviens bien, j'ai dû être indépendant en 1987-1988... Et je n'ai jamais créé beaucoup de richesse (quoique... de la richesse intellectuelle peut-être?)
Mes deux fils ont également reçu une lettre d'Elio, parce qu'ils sont jeunes et que "les jeunes doivent pouvoir vivre heureux, c'est (sa) profonde conviction." Certains de mes étudiants ont reçu le même lettre personnelle.
Une de mes connaissances a également reçu une lettre "personnelle" d'Elio, en tant que retraité.
Ca commence à faire beaucoup de lettres personnelles et je me sens moins privilégié.
Aux jeunes, il dit que "vivre avec des colocataires, ça n'a qu'un temps!" J'ai relu la lettre attentivement, j'ai vu en tout petit dans le coin inférieur droit www.ps.be. Ce qui semble confirmer qu'il parle bien au nom du PS et non du MR. parce que si je le comprends bien, le partage de logement, la vie communautaire, c'est pas son truc. Il prône plutôt l'individualisme, Elio, c'est ça le socialisme du XXIe siècle. D'ailleurs, son parti, c'est le vrai parti des indépendants et "de toutes (ses) forces", il est à mes côtés et "c'est pour les petits indépendants que le PS travaille le plus".
Je me demande ce qu'il dit aux chômeurs, aux SDF, aux sans-papier...
Allez, le plus vieux métier du monde a toujours de l'avenir...

Ps (c'est le cas de le dire): j'aimerais quand même bien savoir à quels fichiers les services (du boulevard) de l'empereur ont accès pour envoyer tous ces courriers personnels et ciblés...

mardi 22 mai 2007

Pour ne (surtout) pas en finir avec Mai 68

Ainsi donc, le nouveau président français veut faire table rase des acquis de mai 68 !
Où en seraient les droits des femmes, des homosexuels, des jeunes, des étrangers sans Mai 68 ? Où en serait l’écologie, l’environnement, les droits de l’homme, le féminisme ? Quelle place y aurait-il pour l’idée même d’alternatives à la société de consommation ? Quelle place y aurait-il pour les débats, le rapprochement entre les citoyens et les politiques, la démocratie culturelle, la diversité culturelle ? Peut-on encore imaginer, si l’on s'assied sur les acquis de '68, des libertés nouvelles, plus d’autonomie pour les citoyens, plus de justice sociale ?
Aujourd’hui, on peut penser par soi-même, sans être obligé (comme on l’était avant ‘68) de vivre comme vivaient nos parents, d’endosser leurs valeurs, celles de l’église, de l’école, du gouvernement.
C’est donc cela la rupture annoncée par Sarkozy : le retour à l’ORTF, à cette pensée unique fondée sur un ordre bien établi, sur les seules valeurs d’une élite bien pensante, celles d’une réussite individuelle avant tout économique, celles de la compétition, de la consommation ?
Cette rupture-là n’a évidemment rien de révolutionnaire, rien de progressiste. Cette rupture-là est rétrograde. C’est l’annonce d’un monde plus divisé que jamais, où il y a ceux qui ont réussi et ceux qui bavent de réussir un jour. C’est l’Italie de Berlusconi, un monde de rêve… pour ceux qui ont réussi (la réussite ne s’entendant qu’en monnaie sonnante et trébuchante ou en notoriété).
En fait, l’ORTF est revenue depuis longtemps : elle s’appelle TF1. Et la Star AC ou la Nouvelle Star sont des modèles symboliques de cette société de rupture que nous propose cette droite méprisante, qu’elle s’appelle UMP en France ou MR chez nous.
En face de cette droite-là, celle de la réussite individuelle, du « succès-à-tout-prix », la gauche. Ou plutôt les gauches. L’une (suivez mon regard…) repliée sur la sauvegarde de la sécurité sociale et la protection-mise-sous-tutelle des laissés pour compte du système. L’autre imaginative, libératrice et créative. « Etre de gauche, c’est s’inscrire dans une aventure créatrice à la conquête des libertés nouvelles, et seule la jouissance de ces libertés nous permettra d’inventer les régulations de demain. », écrit Philippe Val dans Charlie Hebdo du 16 mai 2007. « Le grand projet de la gauche : être un moteur intellectuel et politique pour briser des tabous, et faire suffisamment aimer le présent pour vouloir agir en vue d’y vivre le plus heureux possible dans une société où le pouvoir est soucieux de la justice et insoucieux des mœurs, tant qu’elles ne lèsent pas des tiers. »
Allez, sous les pavés, la plage !

samedi 19 mai 2007

La parade des paons

Est-ce la contagion du Festival de Cannes? En ce moment, chez nous, là où il y a des gens, il y a des paons. Et les paons font ce qu'ils savent faire de mieux: ils se pavanent.
En campagne, les paons n'ont aucune honte. Ils sont capables de plastronner même dans des organisations auxquelles ils n'ont jamais prêté le moindre intérêt, auxquelles ils n'ont jamais voulu accorder le moindre subside, parce que ces organisations n'entraient pas dans leurs cases élitistes ou partisanes.
Mais les paons ne ratent aucune occasion de se montrer, de serrer des mains, tout sourire, le noeud-pap' frétillant, la bouche en coeur, un petit mot gentil pour chacun. Ces fêtes prennent brusquement - pour eux - tout leur sens, même si, en temps ordinaire (1), les paons ne leur manifestent, au mieux, qu'indifférence.
A peine ont-ils traversé à pas mesurés l'espace populeux qu'ils sont partis ailleurs, à la recherche d'autres mains à serrer.
"Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode qu'affectent la plupart de vos gens à la mode. Et je ne hais rien tant que toutes les contorsions de tous ces grands faiseurs de protestations. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, ces obligeants diseurs d'inutiles paroles..." (Molière - Le Misanthrope)
(1) les temps ordinaires sont ceux où les paons ne sont pas en situation de ne pas être réélus.

jeudi 10 mai 2007

10 raisons pour lesquelles je suis candidat aux élections du 10 juin sur la liste 10

Parce qu’il y a urgence à changer de mode de vie et que l’écologie politique est le seul mouvement politique à s’inscrire dans un vrai projet d’avenir.
Parce que la lutte contre le réchauffement climatique est - tout le monde en convient – la priorité des priorités et que seuls les Verts portent un programme adapté à cette problématique et sont cohérents dans leurs positions.
Parce que les plus défavorisés seront – et sont déjà – aussi les plus touchés par ce réchauffement climatique. Chez nous comme dans le sud.
Parce que l’éthique en politique n’est pas un vain mot, et que les Ecologistes ne multiplient pas les mandats et ne les utilisent pas à des fins personnelles.
Parce qu’il faut travailler à une autre économie, plus solidaire, plus créatrice d’emplois de qualité et non délocalisables.
Parce qu’il faut rééquilibrer les rapports nord-sud, annuler la dette du tiers-monde, assurer la souveraineté alimentaire des peuples et lutter pour une correcte application du droit d’asile.
Parce qu’il faut se préparer à l’après-pétrole, en entrant dans une vision prospective. Tous les indicateurs sont aujourd’hui dans le rouge. Et les socialibéraux continuent à penser et à agir comme si on vivait toujours les années ’60.
Parce qu’il faut défendre à tout instant une liberté d’expression aujourd’hui bien fragile, menacée par des obscurantistes qui s’appuient sur le droit à la différence pour tenter d’imposer leurs règles religieuses rétrogrades et brutales.
Parce que j’ai toujours préféré ceux qui « sont » et qui « font » à ceux qui « paraissent » et qui « disent ».
Parce que "La vie prime l'économie. Telle est la pratique individuelle et collective d'où naîtra la véritable internationale du genre humain." (Raoul Vaneigem)

Voilà pourquoi je suis 4e candidat effectif sur la liste Ecolo pour le Sénat, aux côtés d'Isabelle Durant, de José Daras, de Carine Russo, de Jacky Morael, de Marianne Leterme et de tous les autres.
Michel Guilbert

lundi 7 mai 2007

Nouvelle victoire à la Star Ac

C’est donc Nico qui l’a emporté au terme d’un suspense palpitant qui aura tenu la France en haleine durant des mois. Quatre candidats au titre avaient été sélectionnés par toutes les chaînes de télé : Nicolas, l’énervé au parler vrai ; Ségolène, la bourgeoise rigide mais exaltée ; François, le paysan cul-(béni)-entre-deux-chaises ; et Jean-Marie, l’éructeur d’un autre âge. Depuis le début, les médias avaient fait leur choix, les huit autres n’étaient là que pour la figuration et pour profiter de leur quart d’heure de médiatisation.
Quand Nicolas, au lendemain de l’annonce officielle de sa candidature à la Star Ac, s’est promené dans les ruelles du Mont-Saint-Michel, il n’y a croisé que quelques touristes japonais surpris. Mais il a entraîné dans son sillage des dizaines de journalistes, photographes et cameramen, soucieux de témoigner de la démarche altière et de la vision large de l’homme d’Etat qui déjà pointait sous Napoléon. Jean-Marie, autrefois évité par la presse qui refusait de tendre ses micros à un ennemi déclaré de la démocratie, s’est cette fois complu sur les plateaux de télévisions trop heureuses d’accueillir ce tribun dont le néo-fascisme pèse peu face à son "médiatisme". Ségolène fut vite fascinante dans son rôle de Jeanne de Poitiers contre les éléphants, même si (et sans doute parce que) elle agit précisément comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, s’asseyant sur le programme de son parti et sur la notion même de gauche. François fut la surprise, sortant de son rôle de provincial coincé et déclarant à tout journaliste qui voulait l’entendre qu’il incarnait le renouveau du centre, tout ministre de droite qu’il fut.
Si ces candidats font des voix, c’est qu’ils font aussi de l’audience. Et réciproquement. Bref, tout le monde s’y retrouve.

Nico l’a fait savoir rapidement : pas de débat. C’est qu’il s’agit d’avoir l’air ce qu’on entend paraître. Allez savoir pourquoi, les médias se sont inclinés : au premier tour, il n’y eut donc pas de débat. Trop risqué. Il aurait pu écorner les images fabriquées par les plans de com’ des candidats. Les débats sont ringards, ils ont le désavantage d’obliger les participants à sortir de textes bien huilés et de se confronter à d’autres points de vue, à l’inattendu parfois.
Ce fut quand même le cas lors du seul débat, celui – obligé – du second tour, quand la madone sortit de ses gonds pour une « saine colère » contre le candidat énervé soudain devenu zen.

Le remarquable documentaire de Serge Moati « La prise de l ‘Elysée » (diffusé ce lundi par France 3) témoigne de la prédominance de la com’ dans nos systèmes politiques, met en lumière les calculs, les bassesses, les cynismes, la morgue.
Et aussi la ferveur des militants et des électeurs pour ces stars (ou tsars ?) fabriquées. Mais pourquoi donc les hommes et les femmes ont-ils tant besoin de dieux vivants, de ces dieux malades d’eux-mêmes, d’exaltation, de suffisance, de prétention ?

lundi 16 avril 2007

Etre de droite, est-ce inné?

Sur les ahurissantes déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'inné, lire le portrait de Sarko par Michel Onfray (qui fut, par son interview pour Philosophie Magazine, à l'origine de ces déclarations): "Le cerveau d'un homme de droite" - http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com
(le texte est également consultable sur www.prochoix.org)
Et aussi l'édito de Philippe Val dans Charlie Hebdo du 11 avril: "Sarkozy Ier, roi de la génétique".

Le Pen comme alternative?

Entendu ce matin au Journal Parlé de la RTBF, un électeur de Le Pen expliquer que s'il vote pour le vieux facho (il ne l'a pas dit comme cela), c'est parce qu'il est opposé au permis à points: on empêche de rouler d'honnêtes gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, alors qu'on laisse courir les délinquants!
La veille, au JT de la RTBF, un ancien mineur du Nord expliquait que s'il va voter Le Pen c'est parce que la droite a créé une situation sociale déplorable. La gauche? On l'a déjà eue, c'était pas mieux. Reste l'alternative Le Pen. Ruquier fait des dégâts avec son émission "On a tout essayé". Mais, quand les français auront tout essayé, que restera-t-il d'eux et de la France? Se le demandent-ils?
Dans son programme, Le Pen place en tête le dossier immigration: les aides sociales et les allocations familiales seront réservées aux seuls français, le regroupement familial sera supprimé, la France sortira de l'espace Schengen. Au hasard (ou presque) des autres dossiers: rétablissement de la peine de mort, construction de nouvelles prisons, présomption de légitime défense pour la police, remise en question de la dépénalisation de l'avortement, refus du mariage homosexuel, sanctuarisation (sic) de l'école (suppression des "heures de vie de classe"), suppression des allocations sociales et famialiales pour les familles d'enfants perturbateurs, rétablissement de l'autorité à l'école et des mérites de la sélection, refus de la coopération policière et judiciaire européenne, libération au maximum des entreprises des contraintes qu'elles subissent, libération du travail et de l'entreprise de l'étatisme, du fiscalisme et du réglementarisme. Restons-en là. Pétain est encore vivant.
Mais c'est bien Le Pen qui est invité sur toutes les chaînes télé et radio. Le vieux néo-fasciste (comme on l'appelait encore en 2002 et comme on ne l'appelle plus aujourd'hui) peut aujourd'hui développer comme et où il l'entend ses discours de peur, de haine, de rejet de l'autre, de populisme, de poujadisme, de réaction, de nationalisme et de démagogie. Il est loin le temps où sa venue générait des manifestations de protestation. Les médias et l'opinion publique l'ont banalisé (jusqu'à en faire un "candidat érotique"? , comme l'écrit Jean-Baptiste Thoret dans Charlie Hebdo du 11 avril).
Le voilà donc comme une alternative pour les déçus, les beaufs, les râleurs, les individualistes forcenés, les cyniques, les je-m'en-foutistes, les je-les-emmerde-tous.
Aux royaume des aveugles, les borgnes sont rois...
(Et tant pis si ce royaume est - pour l'instant...- une république.)

Skier à Maubray ou surfer sur le réchauffement climatique ?

Le monde court à sa perte et le réchauffement de la planète constitue une grave menace pour des populations et des générations entières. Il est urgentissime de modifier nos modes de vie et de production pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre non pas de 7,5 ou 10% mais de 60 à 80 % d’ici 2100.
Voilà, en substance, ce qu’on peut retirer de la lecture des rapports des experts du Giec réunis à Paris, puis à Bruxelles en ce début 2007.

Rejoignant le discours écologiste, les autres partis se montrent bien décidés à affronter le problème. « Il est temps d’être radical, pour notre climat, pour nos familles, pour notre environnement, pour notre mobilité, pour nos travailleurs, pour nos entreprises, pour nous tous…», déclarait en décembre dernier la présidente du CDH. « Le réchauffement de la planète est devenu un défi majeur. Nous devons absolument favoriser les économies d’énergie, à la fois parce que l’énergie coûte de plus en plus cher à nos concitoyens, mais aussi parce que la lutte contre l’effet de serre est une question de survie. », affirmait le PS en janvier.
Tout le monde est donc d’accord : face au plus grand problème auquel ait dû faire face la planète entière, il faut changer radicalement de manière de vivre. Tout le monde ? Non, à Maubray, petit village de l’entité d’Antoing, un promoteur résiste : le prince de Ligne veut, contre vents et marées (!), produire de la neige et de la glace toute l’année. Augmentant ainsi le réchauffement climatique et faisant ainsi un bras d’honneur aux autres citoyens de la planète.

S’il devait se réaliser, le « Centre européen de sports de nature et de glisse » (on notera que le terme de nature a été ajouté tardivement, face aux réactions, et ne figure pas dans le projet remis par le promoteur au Gouvernement wallon) s’étendrait sur 350 ha et un périmètre de 19 km ; il accueillerait 1.500.000 personnes/an. La consommation d'eau est estimée à 500.000 m³/an , puisée par un forage dans la nappe du Calcaire Carbonifère (déjà surexploitée dans le Tournaisis).
Ses besoins énergétiques sont de 54 millions de kWh de gaz/an (l'équivalent de la consommation de 2250 ménages), et 31 millions de kWh d'électricité/an (l'équivalent de la consommation de 8940 ménages)
Le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut a calculé que ce projet pharaonique produirait 21.000 tonnes de CO2 par an (sans compter le CO2 produit par les véhicules des clients, attendus dans un rayon de 300 km).

En réaction à ce projet s’est constituée la CIAO (Coordination Internationale des Alpes Occidentales) qui regroupe des écologistes, des naturalistes et des riverains. Face au mutisme du prince qui refuse de communiquer, la CIAO a mis le projet… en ligne: www.c-i-a-o.eu

Si, à l’exception d’Ecolo, les partis politiques soutiennent ce projet, c’est qu’il annonce la création d’emplois: 400 temps pleins, 700 partiels, plus quelques centaines dans l’Horeca et à l’extérieur. Mais aucun élément dans le dossier ne justifie ces chiffres. Pas un mot sur le plan d’entreprise, sur une quelconque étude de marché, ni sur les investisseurs.
Réchauffement climatique ou pas, le Gouvernement wallon croit dans ce projet : dans sa note de présentation du projet (du 27 avril 2006, signée A. Antoine), il se montre enthousiaste pour ce « concept novateur » « de haute qualité environnementale », sans se soucier le moins du monde de son impact en matière d’utilisation d’eau et d’énergie, ou de production de CO2. André Antoine, ministre de l’énergie et de l’aménagement du territoire, vice-président du Gouvernement wallon, était à Tournai récemment. Interpellé par deux membres de la CIAO à la suite d’une intervention au cours de laquelle il a appelé tous les Wallons à économiser l’énergie, il ne s’est pas opposé au projet de centre de sports de glisse, comparant ce projet aux aéroports, eux aussi polluants mais fournisseurs d'emplois… On est loin des appels au changement radical évoqués plus haut !
Le projet est actuellement soumis à une étude d’incidences sur l’environnement.

Egalement interrogé par un membre de la CIAO lors de son passage à Tournai, le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele (Professeur à l’Institut d’Astronomie et de Géophysique G. Lemaître à l’UCL, membre de la Commission fédérale du développement durable, représentant de la Belgique au GIEC) a déclaré : « Nous n’avons pas d’autre choix que de changer radicalement la manière dont l’économie fonctionne. Bien sûr, il faut trouver un équilibre entre l’environnement, l’économie et le social, c’est le défi du développement durable. Mais fabriquer de la neige n’est certainement pas la bonne manière d’économiser l’énergie. Construire des pistes de ski dans un pays qui va devenir chaud touche à l’absurde. »

La CIAO a entamé un vaste travail d’interpellation d’associations et d’organisations, de personnalités scientifiques et médiatiques, des partis politiques à tous les niveaux.
Leurs positions par rapport à ce projet d’un autre âge (celui où « on ne savait pas ») sont et seront publiées sur le site. Jusqu’à présent, seuls parmi douze listes politiques d’Antoing, Brunehaut et Péruwelz Ecolo Brunehaut et Ecolo Péruwelz ont fait part de leur positionnement. Les autres groupes politiques (socialistes, libéraux, listes diverses), courageusement, se taisent.
Le projet de Centre de Glisse constitue, à l’évidence, un beau cas de figure face auquel les partis sont et seront amenés à faire preuve de leur capacité de cohérence et de mise en œuvre de leur volonté de s’attaquer « radicalement » au réchauffement climatique. Au risque de… déraper.


Le dimanche 27 mai en matinée, la CIAO organise une mobilisation, sous forme de balades à pied et à vélo autour du site concerné. Des naturalistes feront découvrir les richesses naturelles de la zone.
(info sur www.c-i-a-o.eu ou au 069 34 42 11)

Embrassons-nous, Folleville!

Le 21 avril, on se fait un câlin à Namur. Le mouvement Free Hugs, parti d’Australie en 2004, se décline aujourd’hui dans toutes les langues : Câlins gratuits – Gratis Knuffels – Objeti zdarma – Ilmaisia haleja – Pelukan Percuma – Abracci gratis - etc. (1) Le terme de « mouvement » est approprié : il vous porte vers un(e) inconnu(e) avec qui, pendant quelques brèves secondes, vous échangez un peu de tendresse. Les Sick Puppies en ont fait un clip plein de charme où l’on voit des passants tomber dans les bras l’un de l’autre.
Chaque jour, dans plusieurs endroits dans le monde, des anonymes s’étreignent juste pour le plaisir du geste et le bien qu’il apporte.
Ce samedi 21 avril à partir de 14h, ce sera sur les grands axes de Namur.
Dans ce monde de brutes, voilà une information très printannière et revigorante.

Et pendant ce temps-là, des barbus névrosés ne trouvent rien de mieux que de lancer une fatwa contre une ministre, exigeant sa démission parce qu’on l’a vue faire l’accolade à son instructeur après un saut en parachute ! Au Pakistan, un tribunal islamique (heureusement illégal, il ne manquerait plus que cela !) considère que la Ministre du Tourisme a posé « de manière obscène » sur des photos avec des parachutistes français. Il y a une bonne nouvelle dans celle-ci : c’est que les islamistes, refusant qu’hommes et femmes s’approchent, ne se reproduiront pas… (2)

(1) Je me rends compte, à cette occasion, que le mot « gratis » est commun à de très nombreuses langues. C’est plutôt une bonne nouvelle dans ce monde où tout se paie !
voir www.freehugscampaign.org et www.calins-gratuits.com
(2) On peut rêver…

samedi 24 mars 2007

Ce que veulent dire les mots

La rénovation a atteint sa vitesse de croisière
On le pressentait : le pétard était mouillé et la découverte de « l’écologie humaine » par le Ps risquait fort de n’avoir que des conséquences superficielles. En fait, il faut comprendre que dans l’appellation « écologie humaine » il y a « écologie » d’un côté, et « humaine » de l’autre.
Traduction : à Antoing, le bourgmestre vient d’annoncer qu’il fera éteindre l’éclairage des monuments publics la nuit. Voilà pour l’écologie. Dans le même temps, il s’est déclaré favorable au projet de centre de sports de glisse porté par le prince de Ligne, projet qui – s’il devait voir le jour - gaspillerait annuellement 54 millions de kWh de gaz, 31 millions de kWh d'électricité et 500.000 m3 d'eau et produirait 21 000 tonnes de CO2, mais qui annonce des création d’emplois. Voilà pour l’humain. Donc, l’écologie oui, mais oui aussi à son contraire. On ne peut que conseiller au bourgmestre d’Antoing et à tant de ses collègues de sortir de leur chère Wallonie pour constater comment une politique soucieuse de l’environnement a été bénéfique également à l’économie et combien d’emplois une véritable politique écologique a pu créer en Allemagne, en Autriche, dans les pays scandinaves, en Espagne, etc.
Mais certains hérauts (à ne pas confondre avec héros) de la Wallonie ont mieux à faire quand ils voyagent. On a appris cette semaine que José Happart et quelques-uns de ses commensaux auraient été chasser en Bielorussie grâce à une caisse noire de la ville de Charleroi alimentée notamment par des fonds européens. Certains avaient cru voir dans le hérisson fouronnais un Astérix wallon se battant avec opiniâtreté et humour contre l’envahisseur. En fait, on a pu constater depuis longtemps qu’il n’était qu’un Abraracourcix même pas drôle, un chef de village qui tombe régulièrement de son pavois. (Luc Delfosse en a tracé un portrait féroce et drôle dans le Soir du 23 mars sous le titre « Mort d’une icône ».) José Happart se soucie, comme de sa première cartouche, de cette caisse noire carolo : « quand je suis invité, je ne me soucie pas de savoir qui règle la facture », a-t-il déclaré. Dans la « Semaine infernale » de ce samedi 24 mars, Pierre Kroll a répliqué qu’il s’en soucie, lui, « pour savoir qui remercier »…
En attendant à Charleroi, toutes les nouvelles révélations ne sont que normales, nous assure Elio Di Rupo : quand on ouvre des placards, il ne faut pas s’étonner d’y trouver des cadavres rances. Donc, tout ce qui arrive et arrivera n’est que normal. Circulez, y a rien à voir.
La rénovation du Ps, elle, suit son cours : le chef de cabinet de Laurette Onkelinx pourrait bien remplacer Georges Dumortier (aujourd’hui inculpé pour des malversations financières) à la direction du Botanique. Même si le C.A. du Bota juge inutile son remplacement à une fonction qui était, jusqu’il y a peu, bicéphale. Henri Simons, ex-échevin bruxellois, a perdu son siège aux dernières élections communales. Son siège mais pas ses ambitions. Transfuge d’Ecolo, le voilà aujourd’hui sur la liste sénatoriale du Ps et peut-être demain président du Bota. Pour le Ps, par « rénovation », il faut entendre « changement de têtes ». (lire l’article « Les copains d’abord » d’Elisabeth Mertens dans le Vif du 23 mars)
Mais il ne s’agit pas de changer toutes les têtes, parfois une même tête peut servir de manière multiple : Philippe Reynaert, l’homme aux lunettes blanches, présentateur à la RTBF et directeur de Wallimage, va désormais cumuler, en plus, un mandat d’administrateur à la RTBF avec la présidence de Télé MB. Deux fonctions incompatibles, mais Reynaert remet en question le décret de la Communauté française du 27 février 2003 sur l’audiovisuel : son cumul serait bénéfique aux deux institutions audiovisuelles (le Soir du 24 mars). Bon sang, mais c'est bien sûr!
Si le Ps se cherche un hymne, il a le choix entre la chanson des Poppys « Non, non, rien n’a changé » et celle de Dalida « Paroles, paroles, paroles ».


Louis Michel, entre Europe et Ego
Louis Michel, commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, a mis à son programme l’éradication de l’extrême pauvreté, la lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria, l’amélioration de l’accès aux soins sociaux de base, la promotion des droits de l’homme et de la démocratie et d’autres causes tout aussi nobles et urgentes. A de nombreuses reprises, il a eu l’occasion d’expliquer combien il croyait à cette mission. Mais voilà que soudain il a entendu l’appel des urnes : il « poussera » la liste MR du Sénat. On comprend facilement son choix : au MR, loin de l’Afrique qui meurt ou se bat, « le bonheur est au programme » ! « Si le signal de l’électeur est assez fort, j’en tirerai les conclusions », dit-il, ajoutant « je veux d’abord voir quel est mon degré de soutien et de popularité » . Bref, il rêve visiblement - tout en s’en défendant parfois - d’être premier ministre et tous les beaux combats qu’il entendait mener sont peu de choses face au besoin de vérifier combien on l’aime. Si on le comprend bien, s’il recueille beaucoup de voix et que son parti reste dans la majorité, il espère accéder à la plus haute marche du gouvernement ; s’il n’a pas le succès qu’il espère, tout laisse entendre qu’il retournera à l’Europe. L’Europe et la lutte contre l’extrême pauvreté, un pis-aller… A l’heure de la fête pour le cinquantenaire de l’Europe, voilà un message bien éloigné de celui des signataires du Traité de Rome.

Dira-t-on bientôt « l’Exexcel » ?
Bardaf ! C’est l’embardée ! Le château de cartes mouscronnois vient de s’effondrer d’un seul coup. Cent vingt policiers ont emmené des tonnes de documents de l’administration communale, de l‘intercommunale de développement économique, du club de foot, de la société de logement social et d’autres organismes. A Mouscron, l’étonnement tient surtout au fait qu’il ait fallu si longtemps pour que la Justice intervienne. Il y est de notoriété publique depuis longtemps que l’ancien bourgmestre Jean-Pierre Detremmerie (CDH) avait fait passer les intérêts du club de foot l’Excelsior avant tous les autres et que les combines étaient devenues affaires courantes. L’IEG, Intercommunale d’Etudes et de Gestion, aurait dû être baptisée PFF, « pompe à fric du foot ». Le roi de la confusion des genres est aujourd’hui… bien confus.

Bref, encore une bien belle semaine et no s’ton fir’ d’iess’ wallon !