dimanche 22 septembre 2024

Triste gauche

Au départ, il y a eu le caprice et la bêtise de cet enfant gâté de président qui a cassé son jouet en prononçant la dissolution de l'Assemblée nationale avec tous les risques que cette décision comportait.
A l'arrivée, il y a un gouvernement plus à droite avec notamment un Retailleau, incarnation de la droite catholique conservatrice, au Ministère de l'Intérieur. Une très mauvais nouvelle pour les migrants. La gauche s'en étrangle. Mais la gauche se soucie plus de sa pureté que du sort des migrants. Ses cris d'orfraie résonnent dans le vide de sa stratégie. Si tant est qu'il y en ait une. Si elle avait eu un peu de courage, un ou une des siens aurait pu occuper le Ministère de l'Intérieur et mener une autre politique d'accueil. Mais pour cela, il eût fallu discuter, négocier, composer, ce que cette gauche refuse de faire. A vouloir rester totalement à gauche, elle favorise une politique de droite. Pour qui roule-t-elle ? Pour elle-même. Pas pour celles et ceux qu'elle prétend défendre. Elle s'est rendue inaudible.

samedi 21 septembre 2024

Ramollis

La moitié des cartes affichées sur les pare-brises des voitures garées sur des emplacements de parking réservés aux personnes handicapées sont des faux. C'est ce que constatent les policiers qui les contrôlent (un récent reportage sur France 2 en témoignait).
Ainsi donc quantité d'automobilistes n'ont aucun scrupule à (faire) fabriquer des faux pour n'avoir pas à marcher et pour occuper des places réservées à des gens qui aimeraient tant pouvoir le faire. On se le demande : combien parmi ces ramollis et culs-pendants (pour reprendre des termes rabelaisiens) se sont extasiés devant les exploits des athlètes des Jeux paralympiques, mais n'ont que mépris pour eux au quotidien ? Combien parmi eux se font un devoir de courir, à pied ou à vélo, chaque week-end parce qu'il ne font pas assez d'exercice durant la semaine ? 
Les professionnels de la santé ne cessent de nous exhorter à bouger, à faire de l'exercice chaque jour, mais ces messages se heurtent au handicap dont souffrent ces gens : un mélange d'égoïsme, de grossièreté et de fainéantise.

dimanche 15 septembre 2024

Une bizarre obsession des chats

Je n'ai pas l'habitude ici de renvoyer des appels. Mais celui-ci me paraît important. 
Un patient de l'hôpital psychiatrique de Mar-a-Lago s'est échappé. Un vrai fou furieux qui s'est donné pour mission de sauver les chats et les chiens des bons Américains. Il veut les sortir des griffes des Haïtiens (ou des Vénézuéliens ?) de l'Ohio qui les tuent pour les manger. C'est le même homme qui est si fier d'attraper les femmes par la chatte. Il est convaincu d'avoir été un jour le meilleur président des Etats-Unis, pense qu'il devrait toujours l'être et qu'il le sera à nouveau. Cet homme est bizarre, c'est le moins qu'on puisse en dire. Si vous le croisez - il a des cheveux jaunes et le teint orange - soyez prudent. Il est imprévisible et fonctionne selon une logique que même ses proches ne parviennent à comprendre. Gardez vos distances et surtout, à l'instar de Kamal Harris, votre sens de l'humour : le dysfonctionnement dont il est atteint semble contagieux si vous ne riez pas de lui. Des foules immenses et sans humour suivent  avec sérieux et passion cet être erratique.

C'est Tim Walz, colistier de Kamal Harris, qui les qualifie ainsi : Trump, Vance et ceux qui les soutiennent sont weird, bizarres. Pour eux, les étrangers sont forcément voleurs, violents, violeurs ou mangeurs de chats, les femmes sont "extrêmement primitives et rudimentaires", celles qui n'ont pas d'enfant sont des "désaxées", "sociopathes" et "folles à chat". Selon un présentateur de Fox News, "lorsqu'un homme vote pour une femme, il se transforme en femme". Peut-on réellement avoir de telles opinions sans être profondément bizarre ? Les Américains seraient bien inspirés de voter pour des gens normaux, avec leur juste part d'humanité, plutôt que pour des candidats si bizarres, si éloignés d'un minimum d'humanisme et de respect pour ceux et surtout celles qui ne sont pas comme eux.

A lire : Rebecca Treister, "Etats-Unis - La masculinité nouvelle est démocrate", New York Magazine, 10.8.2024, in Le Courrier international, 5.9.2024.

mercredi 11 septembre 2024

La faiblesse des saints hommes

"Je ne veux parler qu'à ses seins", chantait Claude Nougaro. Et l'abbé Pierre avec lui. Chaque jour apporte son lot de plaintes et de révélations sur l'attitude du saint homme vis-à-vis des femmes. Et aussi des enfants.
Habituellement, il faut attendre au moins de très nombreuses années après sa mort pour qu'une personne soit canonisée. Mais, vu son engagement social, qui reste admirable, l'abbé Pierre avait été sanctifié par l'opinion publique et les médias alors qu'il était très actif. Mais actif il ne fut pas cependant seulement en faveur des plus défavorisés, mais aussi des femmes qu'il croisait et ne pouvait s'empêcher d'agresser sexuellement. Aujourd'hui, les témoignages sont de plus en plus nombreux et accablants.
"Tout le monde savait", entend-on dire aujourd'hui. A propos de l'abbé Pierre comme de Gérard Depardieu, comme de Dominique Strauss-Khan, comme de tant d'autres prédateurs. Tout le monde savait que ces hommes étaient incapables de se dominer face à des femmes. Ces hommes étaient et sont finalement l'incarnation du sexe faible, ce sexe pas assez fort pour se dominer. Tout le monde savait, mais personne ne parlait. Tout le monde savait et regardait ailleurs. Parce qu'on ne critique pas les saints hommes ou les personnalités dominantes. A défaut de leur pardonner, on leur passe les pires attitudes. On trouve même parfois qu'elles participent de leur grandeur. Jusqu'au jour où leurs statues sont abattues ou  s'effondrent d'elles-mêmes. Voilà l'abbé Pierre tombé, comme les autres, de son piédestal.
On voit par là qu'il ne faut sanctifier personne. Il est déjà assez difficile de rester humain, rien qu'humain.

dimanche 8 septembre 2024

L'erreur de Dieu

Dieu n'aurait-il pas fait une lourde erreur lors de la création ? On se le demande en voyant l'attitude de tant de régimes théocratiques vis-à-vis des femmes. Il n'est pas que les talibans qui les haïssent et veulent les cacher. Eux, c'est totalement : ils veulent les invisibiliser. Mais le régime iranien n'est pas en reste. Pas plus que l'Algérie, le Maroc, le Pakistan, le Yemen, l'Egypte, l'Arabie saoudite et tant d'autres pays où les gouvernements ont mis Dieu au pouvoir pour pouvoir mieux asservir les femmes.
En Iran récemment, une femme a reçu dans la moelle épinière une balle tirée par un policier. Elle avait eu l'outrecuidance de conduire sa voiture sans voile. "C'est bien le signe que le régime n'a aucune intention de lâcher sur la question du voile, affirme Shirin Ebadi (ancienne juge, exilée en Grande-Bretagne, Prix Nobel de la Paix), parce qu'il est très clair que le voile est désormais devenu la bannière du combat contre le système en place." (2)
La dessinatrice marocaine Zainab Fasiki défend les droits des femmes et la laïcité. "Quand on est une fille, il faut toujours penser à l'honneur de la famille. J'avais la rage, alors j'ai commencé à publier des dessins de femmes nues sur les réseaux sociaux. Ça a suscité énormément de réactions. Je voulais montrer que le corps féminin n'est pas libre. Mais pourquoi associer forcément le corps des femmes à la sexualité ? Je voulais montrer que le corps féminin peut être un objet artistique, et pas seulement un objet sexuel." Zainab Fasiki a publié une bande dessinée sur le corps et la sexualité (3) et créé une plateforme pour permettre aux jeunes d'accéder à l'éducation sexuelle. Elle est censurée en Egypte, sait qu'elle pourrait être arrêtée en Algérie et est menacée de mort par les islamistes au Maroc.
"Ici, ce n'est pas un endroit pour toi, c'est un couloir d'épines que de vivre pour une femme dans ce pays", dit Aube, la narratrice de "Houris", (5) au fœtus qu'elle porte. Plus loin, elle lui dit encore : "Une femme ne voyage pas seule en Algérie, encore moins un jour de Sacrifice. Il y a des choses que tu ne pourras jamais faire si tu viens dans ce monde. Par exemple, déambuler seule sous l'averse, t'asseoir seule sur un banc face à une montagne qui refuse de te parler, dans un jardin public. Ou bien t'habiller selon tes envies, rire dans la rue, ou encore remercier un inconnu qui te collera dans le dos en croyant que tu es une prostituée, car tu a été gentille comme une plante d'intérieur. (...) Il y a des choses que Dieu nous interdit : (...) hériter d'une part égale à celle de l'homme, s'épiler pendant le mois du jeûne, montrer ses bras nus ou encore élever la voix, chanter dans la rue, fumer des cigarettes, boire du vin, répondre aux coups de pied". 

Selon certains islamistes, une femme qui ose montrer ses bras nus ou ses cheveux serait possédée par le diable. C'est donc que Dieu a fait une erreur. Il aurait dû faire naître la femme toute habillée et sans cheveux. S'il n'avait pas voulu que les hommes voient le corps des femmes il l'aurait d'emblée couvert.
Mais peut-être tous ces barbus qui obligent les femmes à se voiler la tête ou même l'ensemble du corps ne sont-ils que des blasphémateurs qui insultent la création divine. Et, après tout, si on va au bout d'une logique qu'ils n'ont pas mais exercent cependant : Dieu n'aurait pas dû créer les femmes. Laisser entre eux ces hommes que révulse le corps d'une femme et qu'ils sont prêts à violenter s'ils le voient. 

(1) (Re)lire sur ce blog "Terre des hommes", 31.8.2024.
(2) "En Iran, les violence et la répression contre les femmes sont plus féroces que jamais", Charlie Hebdo, 21.8.2024.
(3) Zainab Fasiki, "Hshouma. Corps et sexualité au Maroc", Massot Editions.
(4) "Pourquoi associer forcément le corps des femmes à la sexualité ?", Charlie Hebdo, 4.9.2024.
(5) Kamel Daoud, "Houris", Gallimard, 2024.

Charlie Hebdo vient de publier un hors-série : "Iran - Les femmes ne lâchent rien".

(Re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2013/07/la-femme-nest-pas-un-homme-comme-les.html

mardi 3 septembre 2024

Devenir calife à la place du calife

On l'a déjà écrit ici et d'autres avec nous : la France a un curieux rapport à la démocratie. La fonction de président de la République y est décriée. A raison, tant le président ressemble à un monarque élu qui fait la pluie et le beau temps. Les parlementaires de tous bords demandent à exister face à un président omnipotent. Et les voilà qui laissent passer l'occasion, attendant de lui qu'il nomme un premier ministre, alors que, pour la première fois, l'initiative pourrait venir d'eux. Mais chacun reste coincé dans son rôle. Les élus attendent la décision du roi qu'ils critiquent, voire maudissent, alors qu'ils pourraient - ou auraient pu - prendre, pour une fois, les devants. Des parlementaires de différents bords auraient pu poursuivre sur la lancée du front républicain (seul vainqueur de l'élection, comme le relevait un analyste) qui, au second tour des élections législatives, a permis d'éviter la victoire de l'extrême droite. Ils auraient pu se concerter, négocier, trouver des compromis et couper l'herbe sous le pied de ce président aussi arrogant que maladroit en lui présentant un projet de gouvernement avec un programme négocié.
Evidemment, le processus serait inédit dans cette France qui cultive l'art de la conversation mais se refuse au dialogue. Les différentes composantes de la gauche se sont enfermées dans une union avec une France aussi insoumise qu'infréquentable par ses excès et ses prises de position nauséabondes et continuent à faire semblant de croire qu'on peut gouverner sans majorité. Le Nouveau Front populaire s'entête à vouloir confondre arriver en tête et être majoritaire. A gauche comme à droite, on se drape dans ses positions, considérant que tout compromis est une trahison de ses idéaux et de ses principes. Et pourtant, le compromis est l'essence même de la démocratie. Tout couple, toute famille, tout groupe d'amis, toute association, de nombreuses équipes de travail fonctionnent par compromis. L'absence de compromis s'apparente au contraire à l'autocratie. On touche ici aux contradictions de certains qui ne voudraient surtout pas qu'on leur reproche d'avoir laissé passer des projets contraires aux leurs, ce qui leur barrerait la route vers leur objectif principal : occuper enfin la fonction tant critiquée, devenir en 2027 président de la république.

A lire à ce sujet :
https://www.telos-eu.com/fr/les-trois-meprises-du-parti-socialiste.html
https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/08/25/un-accord-de-non-censure-serait-la-seule-issue-pour-sortir-de-la-crise-politique_6293871_3232.htmlhttps://www.lemonde.fr/idees/article/2024/08/27/une-situation-politique-inedite-et-dangereuse_6296753_3232.html

Post-scriptum :
Extrait d'un article du Monde du 13.9.2024 :
" « Si une discussion approfondie entre partis avait abouti à la rédaction d’un contrat de gouvernement, Emmanuel Macron n’aurait pourtant pas eu le choix : il aurait été obligé de nommer le chef de cette coalition à Matignon, analyse le constitutionnaliste Denis Baranger. Le problème, c’est qu’en France les élus semblent tout ignorer du mode d’emploi d’une coalition. »
Emmanuel Macron n’a pas semblé plus inspiré : s’il a invité les responsables politiques à bâtir des compromis, il a été incapable de renoncer à sa conception jupitérienne de la présidence."
https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/09/13/coalitions-politiques-un-blocage-francais_6316608_823448.html

dimanche 1 septembre 2024

Des nouvelles de la France profonde

Une bonne nouvelle pour les chasseurs en est une mauvaise pour la faune. Les sangliers ont un peu plus de souci à se faire. Voilà que le préfet de l'Indre a mis en place un nouveau dispositif spécifique : « les battues affinitaires » qui permettent aux détenteurs de droit de chasse d'organiser eux-mêmes (sous certaines conditions cependant) "ces battues affinitaires qui seront proposées par les lieutenants de louveterie".
Le président de la fédération départementale des chasseurs de l’Indre, de son côté, préfère parler de « battues de solidarité ». Peut-on s'opposer à une battue ainsi nommée ?
On ne sait d'où vient ce terme d'affinitaire. Peut-être de l'affinité qu'ont les chasseurs pour les cochons sauvages qu'ils sont nombreux à nourrir alors que la nature l'a toujours fait. Le nourrissage augmente leurs populations, ce qui ne fait pas l'affaire des agriculteurs mais bien des chasseurs. On sait qu'ils ne tuent pas, ils "régulent". Un euphémisme comme on les aime aujourd'hui. Ils vont pouvoir organiser des massacres de régulation et seront largement payés pour ce faire. 
"L'objectif, explique l'arrêté préfectoral, est d'augmenter significativement la pression de chasse avec une ambition de porter la fréquence de chasse toutes les 4 semaines : les dégâts aux cultures et aux prairies doivent absolument diminuer. Un soutien financier conséquent  [1 706 000 €] a été accordé à la fédération départementale des chasseurs pour compenser les surcoûts liés aux indemnisations et lui permettant ainsi de renforcer ses actions de régulation." 
Certains spécialistes constatent que plus on tue de sangliers, plus souvent ils se reproduisent. Le cycle est sans fin. Et coûte une fortune à la collectivité.
Ce dispositif est pour nous l'occasion d'apprendre qu'il y a toujours en France des lieutenants de louveterie, un terme qui sent l'ancien régime. Mais la chasse elle-même, qui reste en France plus qu'ailleurs une activité intouchable, transpire le conservatisme. 

Voilà des nouvelles de la France profonde. Mais comment appelle-t-on l'autre France ? La France légère, la France de surface, la France superficielle ?

samedi 31 août 2024

Terre des hommes

Dans la série "C'était mieux avant", voici le retour de l'apartheid. En Afghanistan. Il n'est pas fondé sur la race ou la couleur de la peau, mais sur le genre. Les hommes considèrent les femmes - leurs mères, leurs sœurs, leurs épouses, leurs filles - comme des sous-êtres humains, sans droits. L'apartheid est de retour et le monde regarde ailleurs.

Des femmes afghanes le chantent sur les réseaux sociaux pour défier les talibans : elles sont prisonnières dans leur maison parce qu'elles ont commis le crime d'être femmes. Le régime islamiste leur interdit de chanter, de réciter de la poésie, de lire en public, de se parfumer, de se maquiller, de regarder des hommes ou des photos d'êtres vivants( les talibans sont-ils des êtres vivants ?), de sortir seules, de travailler, d'aller à l'école au-delà de l'âge de douze ans. A l'inverse, elles ont l'obligation de sortir avec un homme pour faire leurs courses en étant alors intégralement voilées. La charia a encore été renforcée dans la cadre "de la prévention du vice et de la promotion de la vertu".

Il y a quelques mois, l'ONU invitait ces inconciliables à une conférence de réconciliation dans la perspective de réintégrer leur pays dans la communauté internationale. En trois ans, les Etats-Unis ont versé 21 milliards de dollars d'aide au gouvernement taliban pour éviter l'effondrement de la société afghane. Ce qui n'a rien évité : le pays est devenu celui d'une société inhumaine où le virilisme est poussé à son paroxysme et où les femmes ont le devoir de disparaître et sont quasiment tenues en esclavage.
On en rêve : les Afghanes, toutes les Afghanes, devraient pouvoir fuir leur pays, laisser ces mâles arriérés entre eux. Ils seraient obligés de manier autre chose qu'une kalashnikov et un fouet : une brosse à vaisselle, une louche, un aspirateur. Ces grands garçons brutaux apprendraient à vivre, ils deviendraient autonomes. Et peut-être un peu moins stupides et infects ?

Ici, ce n'est pas un endroit pour toi, c'est un couloir d'épines que de vivre pour une femme dans ce pays.
Kamel Daoud, extrait de son dernier roman "Houris" (dont l'action se passe en Algérie et revient sur la guerre civile des années 1990). (Gallimard, nrf, 2024)

https://www.arte.tv/fr/videos/117014-175-A/arte-journal-30-08-2024/

 

mercredi 28 août 2024

Corée du monstre

De nombreux Etats se disputent la palme du pire. La Corée du nord pourrait revendiquer la médaille d'or, même si la concurrence est rude. Le stalinisme dans ses pires absurdités y est de stricte application.
Récemment, on apprenait (1) que la « coupe en coq » et les « vêtements qui montrent la peau » n’y sont plus tolérés. Ce sont des « phénomènes antisocialistes ». Les personnes qui les arboreraient non seulement devront se faire couper les cheveux, mais surtout risquent d'être condamnées à trois à six mois de camp de travail ou même de rééducation idéologique en prison.
Etonnamment, cette coiffure et ces vêtements sont ceux de Sol Ju, la femme de Kim Jong Un, de leur fille Kim Ju-ae et d'une ancienne chanteuse devenue assistante du grand chef. Il serait donc antisocialiste de leur ressembler. Il est également interdit de porter un trench en cuir, privilège réservé au grand timonier.

Ce régime fou furieux s'en prend aussi à ses sportifs.
"Comme à chaque retour de compétition à l’étranger, les sportifs nord-coréens sont soumis à une « évaluation idéologique » visant à les « nettoyer » de « l’exposition à une contamination » à l’étranger", rapporte The Telegraph, cité par la Voix du Nord (2). « L’évaluation commence dès le retour des athlètes chez eux. Ils doivent “nettoyer” leur idéologie le plus vite possible », a expliqué un haut responsable nord-coréen anonyme au Daily NK. C'est que les Nord-Coréens reviennent forcément "contaminés" de l’étranger où ils auront été exposés à des cultures non socialistes. "L’enquête vise à déterminer si les athlètes ont changé de comportement d’un point de vue idéologique depuis leur départ du pays et à déceler tout comportement contraire aux directives ou à la propagande du parti. Il leur est par exemple défendu de fréquenter des sportifs de Corée du Sud. Des sanctions sont appliquées pour tout comportement problématique." Et c'est ce qui est arrivé à des pongistes nord-coréens qui, après une rencontre pour une médaille avec leurs collègues sud-coréens, ont eu l'outrecuidance de faire, en riant (outrage suprême) un selfie avec leurs voisins. Ils ont reçu « une évaluation idéologique négative ». « Les autorités nord-coréennes considèrent (ce selfie) comme un faux pas qui pourrait avoir de graves conséquences pour les athlètes. »
En 2010, le sélectionneur de l’équipe de football national, Kim Jong-Hun, avait été reconnu coupable de trahison  : son équipe n'avait pas passé le premier tour de la Coupe du monde. Les joueurs et lui avaient été insultés par quatre cents personnes pendant six heures et le sélectionneur avait été condamné à travailler sur un chantier pendant 12 à 14 heures par jour pendant une période non précisée.

S'habiller légèrement, se coiffer selon ses envies, rire, fraterniser, pratiquer un sport sans gagner, voilà autant d'attitudes antisocialistes dans ce pays de cauchemar dont les habitants ne sont pas près de sortir de l'enfer.
Et Willy Burgeon qui n'est plus là pour qualifier de "propagande" (3) les critiques adressées à ce régime fou !

(1) https://www.20minutes.fr/monde/4106315-20240820-coree-nord-desormais-interdit-avoir-coupe-cheveux-habits-fille-kim-jong
(2) https://www.lavoixdunord.fr/1496005/article/2024-08-27/paris-2024-les-pongistes-nord-coreens-menaces-de-sanction-apres-leur-selfie-avec
(3) Voir l'incroyable émission Strip Tease réalisée par Philippe Dutilleul "Une délégation de très haut niveau" :  https://www.youtube.com/watch?v=ybtEehGAXMg



 

vendredi 2 août 2024

Des nouvelles de la France profonde

C'était la fête il y a quelques jours dans le village de C., en Haute-Vienne. Au programme : une brocante, comme dans toute fête digne de ce nom ; une exposition de matériels agricoles ; des baptême en paramoteur (une catégorie d'ulm) ; un concours de pêche ; une messe ; un combat de catch ; de la danse country ; un dîner-soirée dansante avec un bœuf à la broche (qui, lui, ne sera pas à la fête) ; et un feu d'artifice pour terminer cette belle journée.
Dans trois semaines, ce sera la fête au village de L. en Indre. L'Amicale des Donneurs de Sang y organise, comme chaque année, sa "Journée Entrecôtes". Saignantes comme il se doit.
On entend les appels, un peu partout, à diminuer nos consommations de viande. En particulier, de viandes rouges. Mais la tradition assourdit les campagnes.

Voilà des nouvelles de la France profonde. Mais comment appelle-t-on l'autre France? La France légère, la France de surface, la France superficielle?