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vendredi 1 décembre 2023

Le parti du patriarcat

Les Verts, belges comme français, sont plus verts que jamais. Au vert de la nature ils ont ajouté celui de l'islam. Depuis longtemps (1), on les voyait soutenir les revendications des musulmans les plus conquérants, les plus radicaux. A Anderlecht, en région bruxelloise, ils veulent autoriser le port du voile dans l'administration, au nom de la lutte contre les discriminations (2). Y a-t-il vêtement plus discriminant que ce voile qui est signe de soumission des femmes ? Qu'ils en parlent avec les femmes iraniennes, afghanes, saoudiennes, pakistanaises, avec toutes ces femmes qui sont contraintes de se voiler dès qu'elles sont en public. Et qui risquent la prison, le viol, la torture, la mort, si elles ne se soumettent pas. Le voile est la marque de l'impureté et de la soumission féminines. Qui prétend le contraire (se) ment. Lisez, relisez les témoignages, les livres, les cris et les écrits de toutes ces femmes qui ont fui - si elles l'ont pu - ces pays dominés par l'islam où elles étaient ou sont encore empêchées de vivre : Abnousse Shalmani, Djemila Benhabib, Chadortt Djavann, Naëm Bestandji, Taslima Nasreen, Narges Mohammadi, Nasrin Sotoudeh et tant d'autres, mais aussi des hommes tels que Omar Youssef Souleiman. (3). Défendre le voile, c'est cracher à la mémoire de Mahsa Amini, jeune iranienne assassinée pour un voile mal ajusté. Défendre le voile, c'est obéir aux Frères musulmans dont l'objectif est d'imposer l'islam et ses lois (leurs lois) rigoristes partout où vivent des musulmans. 

Avec de telles positions, Ecolo se range du côté de l'obscurantisme et soutient le patriarcat le plus réactionnaire. Le féminisme fondateur d'Ecolo est piétiné au profit de positions misogynes pour des raisons de clientélisme. Ecolo a perdu la raison (sauf celle-là). La France prétendument insoumise est dans le même cas, soumise aux électeurs qu'elle drague et qu'importe le sort des femmes.
"L’obsession communautariste d’Ecolo détruit méthodiquement notre modèle universaliste de société et crée une autoroute à l’extrême droite et aux islamistes. Il est temps d’arrêter cette folie qui disloque et antagonise les populations de notre pays", vient d'écrire le député Les Engagés Georges Dallemagne. 

J'ai été parlementaire Ecolo il y a vingt ans. Je l'ai été fièrement. Aujourd'hui, je ne voterai pas pour ce parti rétrograde qu'est devenu Ecolo.
Rallumez la lumière !

(1) https://moeursethumeurs.blogspot.com/2019/05/fache-tres.html
https://moeursethumeurs.blogspot.com/2021/06/le-voile-en-face.html
(2) https://www.lalibre.be/belgique/2023/11/30/a-anderlecht-alors-que-la-commune-se-dechire-sur-le-port-du-voile-ecolo-propose-un-ultime-compromis-on-na-pas-envie-de-faire-peter-la-majorite-YM2EHXJT3BE7NJYYVSHRCTQMQY/
(3) https://moeursethumeurs.blogspot.com/2018/07/djemila-benhabib.htm
https://moeursethumeurs.blogspot.com/2022/01/le-soft-power-de-lislamisme.html
https://moeursethumeurs.blogspot.com/2021/11/leurope-du-sexisme.html
https://moeursethumeurs.blogspot.com/2022/05/talibans-et-bonnes-ames.html

dimanche 14 août 2022

Rushdie et les sombres crapules

Il n'y a pas d'âge pour être un sombre salaud. C'est à quatre-vingt-sept ans que Khomeiny a proféré une fatwa contre Salman Rushdie appelant à le tuer. Et c'est, trente-trois ans plus tard, un autre sombre crétin de vingt-quatre ans qui l'a exécutée en poignardant l'écrivain (heureusement sans réussir à lui ôter la vie) . Le jeune agresseur n'a sans doute jamais lu Les Versets sataniques, à peine en a-t-il entendu parler. Sans doute lui a-t-il suffi de savoir que ce livre est prétendument islamophobe pour se transformer en assassin de la liberté d'expression et de création.

"Un nouveau mot avait été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l'islamophobie", écrit Salman Rushdie dans sa remarquable autobiographie Joseph Anton (1). "Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme. Une personne phobique avait des positions extrêmes et irrationnelles, c'était donc elle qui était fautive et non pas le système religieux qui revendiquait plus d'un milliard d'adeptes à travers le monde. (...) Une religion n'était pas une race. C'était une idée, et les idées résistaient (ou s'effondraient) parce qu'elles étaient assez fortes (ou trop faibles) pour supporter la critique, non parce qu'elles en étaient protégées. Les idées fortes accueillaient volontiers les opinions contraires."

Pour expliquer l'agression de Salman Rushdie, le journal iranien Javan évoque aujourd'hui, (2) de manière totalement incompréhensible, comme si Khomeiny n'avait jamais appelé au meurtre, l'hypothèse d'un complot ourdi par les Américains : "Un autre scénario, c'est que les Etats-Unis veulent probablement propager l'islamophobie dans le monde". Alors que l'islamophobie si elle existe se nourrit des actes violents de tous ces fous furieux de Dieu. Une fois encore - air connu, on tente de faire passer l'agresseur pour la victime.
"Les manifestations, les mots de haine, les agressions sous couvert de défense, les menaces de ceux qui se prétendent menacés, le couteau affirmant qu'on cherche à le poignarder, le poing accusant le menton de l'avoir attaqué, tout cela devint familier, la grande hypocrisie malveillante de l'époque, a écrit Salman Rushdie (3). Même le prêcheur sorti de nulle part n'étonnait plus personne. De tels saints hommes bien peu saints surgissent tout le temps, issus d'une sorte de parthénogénèse pathologique, un bizarre tour de passe-passe qui transforme des nullités en sommités."

"Lorsqu'elle est combinée avec l'armement moderne, écrit encore Salman Rushdie, la religion, cette forme médiévale de déraison, devient une véritable menace pour nos libertés. Ce totalitarisme religieux a causé une mutation meurtrière dans le cœur de l'islam et nous en voyons les tragiques conséquences à Paris aujourd'hui. (note : après le massacre barbare de l'équipe de Charlie Hebdo) Les religions, comme toutes les autres idées, doivent faire l'objet de critique, de satire et, oui, méritent que nous leur manquions de respect sans avoir peur. (4)"

Pour tous les dangereux obscurantistes qui tuent celles et ceux qui ne pensent pas comme eux - et en particulier pour l'agresseur de Salman Rushdie assez lâche pour ne pas assumer son acte -, cet extrait des "Versets sataniques" de Salman Rushdie. Et qu'ils se grattent où ça les démange !
Parmi les palmiers de l'oasis, Gibreel apparut au Prophète et se retrouva en train de débiter des règles, des règles, des règles, jusqu'à ce que les fidèles puissent à peine supporter l'idée d'une autre révélation, dit Salman, des règles sur la moindre chose, si un homme pète, il doit se tourner vers le vent, une règle sur la main à utiliser pour se nettoyer le derrière. Comme si aucun aspect de l'existence humaine n'était laissé sans règlement, libre. La révélation - la "récitation" - indiquait aux fidèles la quantité de nourriture à manger, la profondeur du sommeil, et les positions sexuelles qui avaient reçu l'autorisation divine, et ils apprirent ainsi que la sodomie et la position du missionnaire étaient approuvées par l'Archange, tandis que la loi interdisait toutes les positions où la femme était au-dessus. Gibreel dressa en plus la liste des sujets de conversation permis et interdits, et indiqua les parties du corps qu'on ne pouvait pas gratter quelle que soit la démangeaison.

(1) Plon, 2012, p. 400.
(2) https://www.lalibre.be/international/amerique/2022/08/14/lattaque-contre-rushdie-est-un-complot-des-etats-unis-pour-propager-lislamophobie-dans-le-monde-selon-un-journal-iranien-GBUXADWPJJFK3K6EQRK5SSZALQ/
(3) Salman Rushdie, "Deux ans, huit mois et vingt-huit jours", traduction Gérard Meudal, Actes Sud, 2016.
(4) publié sur le site de l'English PEN, association d'écrivains qui défend la liberté d'expression, in Le Courrier international, 15 janvier 2015.
A lire :
https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/14/ce-qu-incarne-salman-rushdie-c-est-la-liberte-d-expression-face-a-l-islamisme-et-aux-fondamentalismes-et-il-l-a-payee-a-plusieurs-titres_6138000_3232.html
https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/13/attaque-contre-salman-rushdie-faire-front-contre-l-obscurantisme_6137951_3232.html
https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/de-charlie-hebdo-a-salman-rushdie-de-la-kalachnikov-au-poignard

dimanche 28 janvier 2018

La censure n'a pas d'âge

A quoi se forme-t-on quand on est étudiant? A l'intelligence d'abord. Une série d'étudiants sont déjà recalés (1). Ceux - du syndicat étudiant Solidaires (Solidaires avec qui?) - qui ont demandé à la direction de la faculté Paris Diderot d'annuler la représentation de la pièce de Gérald Dumont inspirée du texte de Charb Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes (2). La section locale de l'UNEF a l'intention, nous dit le Printemps républicain, d'envahir l'amphithéâtre pour empêcher la représentation. Censurer un spectacle fondamentalement laïc, antifasciste et antiraciste, voilà un projet de vieux réacs, mais ici menés par des étudiants. La censure n'a pas d'âge, pas plus que la bêtise.
Rappelons qu'il y a trois ans Charb, directeur de Charlie Hebdo, fut lâchement et sauvagement assassiné, comme nombre de ses camarades et collègues, par de jeunes obscurantistes convaincus que, en tirant à la kalachnikov sur des dessinateurs et des journalistes désarmés, ils avaient "vengé le Prophète". "C'est dur d'être aimé par des cons", avait fait dire Cabu à celui-ci, quelques années avant d'être assassiné. Et il aurait pu ajouter "et par d'immondes crapules".
Que dit Charb dans ce texte que certains esprits obscurs veulent faire taire? Il dit que le terme islamophobie est devenu un outil aux mains de ceux qui veulent empêcher toute critique d'une déviance politique intégriste et violente de l'islam. "Non, vraiment, le terme islamophobie est mal choisi s'il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n'est pas seulement mal choisi, il est dangereux. (...) Lutter contre le racisme, c'est lutter contre tous les racismes, alors lutter contre l'islamophobie, c'est lutter contre quoi? Contre la critique d'une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu'ils sont d'origine étrangère?".
Ceux qui sont prompts à dénoncer l'islamophobie ne supportent pas l'humour vis-à-vis de l'islam. "Si on laisse entendre qu'on peut rire de tout, sauf de certains aspects de l'islam parce que les musulmans sont beaucoup plus susceptibles que le reste de la population que fait-on sinon de la discrimination? , s'interrogeait Charb. La deuxième religion de France ne devrait pas être traitée comme la première? Il serait temps d'en finir avec ce paternalisme dégueulasse de l'intellectuel bourgeois blanc de gauche qui cherche à exister auprès de pauvres malheureux sous-éduqués."
Etudiants qui vous sentez solidaires des musulmans, n'assassinez pas Charb une seconde fois. Réfléchissez. Lisez attentivement le titre du texte de Charb, lisez le texte (89 pages en grands caractères, ça devrait aller...) (3). Et rappelez-vous, vous qui avez la chance d'étudier à l'Université Diderot, que ce dernier fut un des grands penseurs des Lumières. Pas de l'obscurantisme que vous soutenez par votre tentative de censure.

Post-scriptum: lire, à ce sujet, les pages 2 et 3 de Charlie Hebdo de ce 31 janvier: "Charb n'est plus là, mais ses livres sont encore de trop". Riss y souligne notamment que "demander l'interdiction de la lecture des textes de Charb est une insulte à la mémoire d'un homme qui a payé de sa vie le courage de dire une réalité qu'ils (les étudiants qui se croient antiracistes) fuient lâchement". Gérard Biard y rappelle notamment que "Charb considérait les musulmans et les musulmanes comme des adultes émancipés et des citoyens à part entière. Il combattait autant la haine qu'on leur porte à l'extrême droite que la condescendance méprisante qu'on leur porte à l'extrême gauche".

(1) Comme ceux de l'Université Libre de Bruxelles qui, avec des cris stupides et incompréhensibles, avaient en 2012 empêché un débat sur l'extrême droite. (Re)lire sur ce blog "Faiblesses d'esprit", 8.2.2012.
(2) Ce mercredi 31 janvier à 18h dans les locaux de l'université, amphi Buffon, 15 rue Hélène Brion, Paris 13e.
(3) Charb, Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes, éditions Les Echappés, 2015.

mardi 31 octobre 2017

Noires écoles

A quoi sert l'école? Bien sûr à apprendre à lire et à écrire et à acquérir des connaissances scientifiques, mais aussi à apprendre à être critique, à cultiver le doute, à être autonome.
On est dès lors en droit se poser cette question: les écoles islamiques sont-elles des écoles? Le sont-elles encore les écoles, publiques ou privées, qui cèdent aux revendications islamiques, qui acceptent de ne pas enseigner (ou en tout cas de juste évoquer) la théorie de l'évolution, qui acceptent que filles et garçons soient séparés, que les filles soient cachées?
"Il faut être plus vigilant avec tout ce qui se fait en Europe, affirme la physicienne tunisienne Faouzia Farida Charfi (1), tous ces cours qui se donnent en parallèle de l'école en France, où l'on prétend enseigner l'islam. Je m'interroge. Quel islam est enseigné? Est-ce que ce sont des principes de solidarité, du vivre-ensemble? Ou bien attaque-t-on dans ces cours des théories scientifiques qui seraient contraires à la religion?". La physicienne s'effraie des islamistes "qui n'acceptent de savoir que le savoir islamique". Elle s'intéresse à la question de la science et de la religion depuis les années '70, depuis qu'elle a vu certains de ses étudiants refuser la théorie de la relativité restreinte: "ils n'acceptaient pas que la lumière puisse avoir une vitesse finie. La lumière ne pouvait être qu'infinie puisqu'elle relève de Dieu, c'est l'absolu." Aujourd'hui, elle voit des étudiants qui ne veulent "pas admettre d'autres vérités que la vérité de la Révélation", qui n'acceptent pas "qu'il puisse y avoir des  vérités scientifiques qui s'imposeraient indépendamment du fait religieux".

Dans les villes et les régions qu'il a dominées, le pseudo Etat islamique réduisait l'éducation des filles à l'école à l'étude du Coran et de la charia et à la couture et au tricot. Dans les livres scolaires du "Ministère de l'Education" de l'E.I., "les exercices d'anglais font tous référence au djihad et à la guerre. Les enfants apprennent apple comme gun, bazooka et mujahidin" et "le sens du mot woman se comprend par l'image d'une silhouette toute de noir vêtue" (2).
Mais il n'y a pas qu'à Raqqa ou à Mossoul que l'éducation s'est transformée en outil de régression et d'enfermement: "nos collégiennes se transforment en authentiques Belphégor", constate catastrophé un ancien principal de trois collèges des quartiers nord de Marseille. "Les garçons ainsi que les filles se mettent tous à pratiquer le ramadan et à réclamer de la nourriture halal. Sous peine d'être ostracisés, parfois battus par les plus violents du collège..." (3) Les responsables: des assocations d'aide aux devoirs, "financées par les collectivités locales dans le cadre du DSU (dotation de solidarité urbaine). Très proches parfois des imams les plus radicaux, notamment des salafistes, elles sont composées de jeunes gens qui, sous prétexte de charité, en profitent pour faire du prosélytisme exacerbé. C'est discret, assez sournois, mais terriblement efficace." Reste aux responsables des écoles concernées à tenter d'éviter le pire, à refuser le niqab à l'école, à déconstruire les propos haineux vis-à-vis des catholiques et des juifs, à respecter le programme des cours malgré les moqueries ou les insultes. Pas simple quand on constate que les "barbus" pratiquent l'infiltration: le même principal s'est ainsi rendu compte qu'un de ses meilleurs surveillants (un gars génial, sympa, cultivé, drôle) diffusait au sein du collège un livre, édité en Arabie saoudite et interdit en France, qui conseille de "lapider les femmes adultères et de couper les mains des voleurs". Le surveillant si sympa fréquentait la mosquée la plus radicale et la plus haineuse de Marseille.
Pauvreté sociale et pauvreté culturelle vont de pair. "C'est la misère qui fait le lit de l'islam radical", constate une prof de langue, musulmane peu pratiquante, qui pointe du doigts les imams manipulateurs qui prêchent la haine de la France. Moins les élèves seront instruits et critiques, plus ils seront sous la coupe des mosquées radicales. Quelle est donc cette éducation qui ne vise pas la lumière mais l'obscurité?

Heureusement, il existe des écoles en pays musulmans qui se donnent pour objectif de combattre l'obscurantisme religieux. Ainsi dans le plus grand d'entre eux, l'Indonésie. Là, des écoles enseignent l'égalité des genres en s'appuyant sur le Coran. D'après la directrice de l'école Diniyyah Puteri, créée il y a près de cent ans, "la parité entre les hommes et les femmes, aussi bien dans le domaine spirituel que dans la vie publique, est consignée dans le verset 97 de la sourate An-Nahl" (4). Une autre de ces écoles interdit à ses élèves de se marier à un âge précoce. "Chaque musulman et musulmane a le devoir d'étudier le plus longtemps possible", estime son directeur. L'éducation dans ces établissements enseigne aussi à ses élèves "à ne pas différencier les gens en fonction de leur ethnie, de leur religion ou de leur sexe." Une directrice explique que son école "invite ses élèves à étudier des courants de pensée différents de celui auquel ils adhèrent. De cette manière, ils peuvent approcher d'autres interprétations et apprendre à ne pas clamer que la leur est la seule valide."

Pendant ce temps, en Turquie, "les enseignants peuvent être incarcérés sans raison", tandis que le nombre d'élèves des écoles de formation d'imams et d'enseignement religieux explose: on en comptait 63.000 en 2000, ils sont plus d'un million aujourd'hui (5). 
Pendant ce temps, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et dans bien d'autres pays occidentaux, de bonnes âmes plaident pour que l'enseignement dans nos pays prenne en compte les spécificités de l'islam. Ce qui reviendrait à dire que les étudiants et étudiantes de culture musulmane ne soient pas formés à certaines sciences et que les filles ne soient formées qu'à quelques très rares professions. 
Pendant ce temps, une famille comme la famille Merah vit repliée sur elle-même, ne suivant que la loi coranique plutôt que celle de la République que certains de ses membres veulent "mettre à genoux". Un enfermement qui a fabriqué les assassins que l'on sait.
Tout le monde, ou presque, s'accorde à le dire: on ne sortira de l'islamisme et de sa violence que grâce à l'éducation. 
On voit par là qu'il y a urgence à soutenir l'école dans sa mission de base: rendre intelligent. Et  à chasser les professeurs d'obscurité et de haine.

(1) "Faouzia Farida Charfi", propos recueillis par Nicolas Delessale, Télérama, 4 octobre 2017.
(2) "Mossoul - Les femmes outragées, martyrisées, mais enfin libérées", Laurène Daycard, Causette, juin 2017.
(3) "Dieu rackette dans les cours d'école", Claude Ardid et Nadège Hubert, Charlie Hebdo, 13 septembre 2017.
(4) "Indonésie. Pour des femmes éduquées", Prihandoko, Andri el Faruqi, Nofika Dian Nugroho, Ivansyah et Eko Widianto, Tempo (Djakarta), 26.6.2017, in le Courrier international, 5.10.2017.
(5) "La Turquie est devenue un pays paranoïaque", Elif Shafak, The New York Times Syndicate, in le Courrier international, 12.10.2017.

samedi 9 janvier 2016

Dieu existe, Charlie Hebdo l'a rencontré

Il va falloir se rendre à l'évidence: Dieu existe. Tout le monde l'a reconnu à la une de Charlie Hebdo de cette semaine. Certains y voient le dieu des Chrétiens, d'autres Allah ou Yaveh ou Jehovah. Même des athées l'ont reconnu, lui qui n'est, nous dit-on, qu'esprit. C'est dire si c'est bien lui ou en tout cas l'un de ceux-là. Mais peut-être ne voient-ils pas que c'est le même.
A nouveau, le dessin fait débat et pas ce qu'il indique. Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. Ce dessin est l'arbre qui cache la forêt des dieux au nom desquels il est légitime de faire la guerre et d'agresser ceux qui n'y croient pas. Cette sombre forêt où opèrent les islamistes et leurs idiots utiles (et dangereux) de la gauche anti-colonialiste (et bien plus raciste qu'elle ne le pense).
Dans un coup de gueule pleinement justifié (1), Mohamed Sifaoui explique que oui, hélas, l'assassin court toujours. Depuis des années, le journaliste algérien, menacé de mort depuis longtemps par les islamistes, ne cesse de nous mettre en garde contre ce fléau. En 2007 déjà, dans "Combattre le terrorisme islamiste", il affirmait que (2) "une certaine gauche sert non seulement les intérêts d'islamistes en herbe, qui tentent d'exciter les jeunes des quartiers difficiles, mais aussi ceux d'idéologues salafistes aguerris ayant mis en application une stratégie visant à faire accepter l'islamisme en Europe, et enfin ceux des émules de Ben Laden dont les actions ont considérablement bouleversé les habitudes des sociétés occidentales".
Aujourd'hui, il tempête, avec force, contre tous ceux qui continuent à minimiser le danger ou, pire, à le renforcer. "On oublie, le plus souvent, de parler de la matrice idéologique qui ne cesse d'expliquer, par la voix de prêcheurs et de prédicateurs, en France ou à l'étranger, à travers les réseaux sociaux et les chaînes satellitaires, que le fait de massacrer à la kalachnikov un journaliste blasphémateur est un acte qui plaît à Dieu." Et ce sont aujourd'hui celles et ceux qui défendent la liberté d'expression et s'engagent, au péril de leur vie, contre le totalitarisme islamiste qui se font traiter de terroristes. "Ce cheptel de haineux est toujours là, sous nos fenêtres." (...) Et, dit-il, ils nous demandent "de rester silencieux, y compris devant ces crimes barbares, au nom du pas de stigmatisation. (...) Cette volonté d'anasthésier le débat montre que l'assassin court toujours."

On pouvait penser que ceux qui ne veulent pas voir auraient enfin compris où est le danger et auraient accepté de regarder en face la sinistre réalité, mais non, le monde musulman continue à se mettre la tête dans le sable et à pleurnicher qu'il est mal-aimé et les islamo-gauchistes à prendre le parti des fascistes qui ont pris l'islam en otage.
Grâce à tous ceux-là, l'islamisme continue à gagner du terrain, de manière parfois plus rampante, comme dans les universités ou les hôpitaux. Dans les universités, ces vénérables institutions d'apprentissage des sciences, les lieux de prière et les signes religieux se multiplient  et des cours de biologie sont régulièrement contestés par des créationnistes (3). Dans les hôpitaux, il devient courant "que des musulmans intégristes accompagnent des femmes entièrement voilées et refusent qu'elles soient examinées par des hommes" et que "des patientes refusent l'entrée d'un homme, même médecin, dans leur chambre d'hôpital" (4). Et celles et ceux qui s'opposent à ces pratiques et attitudes intégristes se font traiter d'islamophobes, si pas de racistes, par les obscurantistes de toutes obédiences. "Ainsi, pour la gauche de la gauche, écrit Richard Malka, la laïcité consiste-t-elle dorénavant à accepter des accomodements raisonnables de la République aux religions plutôt que de réclamer des accomodements raisonnables des religions à la République." (5).
Voilà pourquoi, à force de crier à l'islamophobie, elle se répand. Comment ne pas craindre une religion qui veut, par la force, imposer ses règles dans l'ensemble de la société? "J'ai peur des religions, dit encore Richard Malka, parce qu'elles portent un absolutisme qui menace mes libertés et mon libre-arbitre, et je ne vois pas pourquoi on aurait le droit de craindre le christianisme, le judaïsme et pas l'islam. Le simple fait de l'écrire crée un malaise, car la peur, justement, a gagné les esprits. Pas la peur des terroristes, mais celle que nous font ressentir les chasseurs professionnels d'islamophobes. (...) Nous devrions pouvoir exprimer les mêmes analyses critiques à l'égard de toutes les religions parce que nous considérons égaux en esprit critique tous les croyants. Renoncer à cette exigence au nom d'une posture, c'est cela le racisme."
Finalement, devrons-nous nous revendiquer comme islamophobes pour apparaître comme anti-racistes et défendre la laïcité? "Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe", affirme Elisabeth Badinter (6), "qui a été pendant pas mal d'années le stop absolu, l'interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. A partir du monent où les gens auront compris que c'est une arme contre la laïcité, peut-être qu'ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses."

Le jour où la souffrance ne sera plus vue comme une obscénité et que la violence ne sera plus vue comme une toute-puissance fascinante là où elle n'est que le témoignage d'une impuissance, alors se profilera l'horizon de la liberté.
Elsa Cayat, psychanalyste, membre de l'équipe de Charlie Hebdo, lâchement assassinée le 7 janvier 2015 (citée dans Charlie Hebdo du 6 janvier 2016).

(1) http://www.huffingtonpost.fr/mohamed-sifaoui/oui--lassassin-du-7-janvier-court-toujours_b_8929136.html
(2) Grasset, 2007.
(3) Jacques Littauer: L'université a les foies, Charlie Hebdo, 6 janvier 2016.
(4) Patrick Pelloux: Les djihadistes sur le front de la santé, Charlie Hebdo, 6 janvier 2016.
(5) Richard Malka: Avec ma laïcité de métèque..., Charlie Hebdo, 6 janvier 2016.
(6) sur France Inter, 6 janvier 2016, 8h20
http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-il-ne-faut-pas-avoir-peur-se-faire-traiter-islamophobe-100239221.html

samedi 15 février 2014

Le temps des philistins

Voilà donc qu'ils s'attaquent aux bibliothèques. Prouvant à ceux qui en doutaient encore qu'ils sont bien, à l'instar des militants du Tea Party américain, des "zombies cryptofascistes" (1).
Des militants de ce Printemps français glaçant comme l'hiver entendent contrôler les rayons jeunesse des bibliothèques publiques. Contrôler signifiant expurger. Ce qui nous ramène à des heures sombres de l'Histoire. 
Béatrice Bourges se voit déjà en Savonarole du XXIe siècle.
La Ministre de la Culture, Aurélie Filipetti, dénonce les pressions exercées sur des bibliothèques publiques par "des mouvements extrémistes" qui "exigent le retrait de la consultation de tout ouvrage ne correspondant pas à la morale qu'ils prétendent incarner" (2). 
Mais il suffit de patienter pour que la situation s'améliore. "Tenez bon, on arrive!", clament des militants du Front national sur leur affiche (3). Quand on voit leurs dégaines de Témoins de Jéhovah, d'Allemands de l'est des années '80 ou encore, comme le dit Rue89, d'acteurs échappés d'un épisode de Derrick, on n'a qu'une envie: effectivement tenir bon et s'opposer à l'obscurantisme qui se présente comme printanier.

(1) in "Midnight in Paris" de Woody Allen.
(2)
www.lemonde.fr/politique/article/2014/02/10/theorie-du-genre-aurelie-filippetti-denonce-les-pressions-contre-des-bibliotheques_4363880_823448.html
(3)
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/14/tenez-bon-arrive-laffiche-culte-fn-villeurbanne-249939

A lire aussi:
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/15/lauteur-tango-a-deux-papas-na-rien-dune-militante-249913

jeudi 1 mars 2012

Vivement l'heure d'été

La triste "burqa pride" de l'ULB continue à faire des vagues. Certains profitent de l'occasion pour régler leurs comptes. Notamment avec Caroline Fourest qu'ils ne supportent décidément pas. C'est le cas d'Investigaction, tant sûre d'être l'expression de la vérité face aux "Mediamensonges", qui tente de renverser la vapeur: la coupable, c'est bien la journaliste française, pas ses censeurs qui étaient juste des galopins chahuteurs. Ils s'y mettent à cinq pour sonner la charge. Haro sur l'infidèle, la blasphématrice.
C'est le cas aussi de Pascal Boniface. Le Vif (1) pose la question: "Peut-on encore critiquer l'islam?". La réponse est évidemment affirmative. Mais Pascal Boniface, qui y est interviewé, classe Caroline Fourest parmi "les intellectuels faussaires": "sous couvert d'une dénonciation générale de tous les intégrismes, elle cible surtout les musulmans, parce qu'elle sait que c'est médiatiquement porteur", dit-il.
Pascal Boniface a-t-il lu Caroline Fourest? On se le demande. Elle a écrit des ouvrages tels que "Frère Tariq", oui, où elle démontre le danger des doubles discours du prédicateur qui joue les chevaux de Troie des Frères musulmans, tant aimé des islamo-gauchistes pour qui l'islam est intouchable. Même dans ses errements islamistes aux relents fascistes. Mais Caroline Fourest a aussi écrit "Foi contre choix - La droite religieuse et le mouvement prolife aux Etats-Unis". Avec Fiammetta Venner, elle a écrit "Les nouveaux soldats du pape - Légion du Christ, Opus Dei, traditionnalistes" ou encore "Tirs croisés - La laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman". Mais certains ne veulent connaître que ses critiques de l'islamisme qu'ils refusent de distinguer de l'islam, alors même que c'est tout l'enjeu de ses analyses.
Pascal Boniface, dans le Vif toujours, estime que "les amalgames entre islamistes, terroristes et musulmans sont fréquents". Donnant en fait par là raison à Caroline Fourest et indiquant qu'il ne veut connaître d'elle que ce qu'il a envie d'en dire.
Qui lit et écoute ses chroniques (2), qui lit Pro Choix (3), saisit les nuances et le discours universaliste et profondément antiraciste et antifasciste, comprend que, tout en respectant les religions, elle se bat contre celles, toutes celles qui veulent imposer par la force ou la menace leurs règles dans la sphère publique. Mais visiblement, allez savoir pourquoi, les nuances dérangent. Qui n'est pas avec moi est contre moi, avait dit un prophète.
L'accusation d'islamophobie est aujourd'hui utilisée à la moindre occasion. Critiquez Saint Tariq, critiquez la burqa, critiquez les délires obscurantistes de certains imams, critiquez la violence commise au nom d'un dieu quelconque et vous y avez droit. On sera bientôt qualifié de blasphémateur par ceux qui, maniant l'art de la contradiction, prétendent lutter pour que tout être humain puisse être autonome.
Dans "La tentation obscurantiste" (4), Caroline Fourest écrit que "ceux qui pensent que le déclin de l'empire américain annonce la revanche de la guerre froide se trompent. Aujourd'hui, ce sont les intégristes musulmans qui, partout dans le monde, incarnent cette bipolarité. Ce sont eux qui triompheront si des progressistes leur déroulent le tapis rouge. Qu'ils le fassent par naïveté, par crétinisme, par cynisme ou par stratégie, ceux-là sont en train de contribuer à fortifier le troisième totalitarisme de l'ère contemporaine".
Dans le même numéro du Vif, Edouard Delruelle, philosophe et directeur adjoint au Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, affirme que "Caroline Fourest n'est pas islamophobe. Elle est d'ailleurs un bon exemple de personnes qui doivent pouvoir s'exprimer sur ces questions. J'ai lu ses écrits, elle dénonce, parfois de façon virulente, tous les obscurantismes, sans stigmatiser l'islam ni inciter à la haine envers les musulmans".
Quant à Jean-Philippe Schreiber, directeur du Centre interdiscipliaire d'étude des religions et de la laïcité, il considère qu'à l'ULB, "c'est plus un obscurantisme politique que religieux qui s'est exprimé ce mardi noir". Mais cet obscurantisme a des supporteurs qui luttent contre les médiamensonges et connaissent, eux, la vérité.
On a le droit de traiter ses confrères de faussaires. Encore faudrait-il s'assurer qu'on ne s'appuie pas, pour ce faire, sur une analyse tronquée. Au risque d'apparaître comme un homme de mauvaise foi. Un faussaire de débat. Amen.

(1) 24 février 2012
(2) http://carolinefourest.wordpress.com
(3) www.prochoix.org/cgi/blog
(4) C. Fourest, La tentation obscurantiste, Grasset, 2005