jeudi 16 juin 2011

Le temps s'arrête

Est-ce le fait de l'éclipse lunaire? On se le demande. Toujours est-il qu'il semble que le temps s'en donne (du temps).
Les TEC de Liège seront à l'arrêt demain encore. Mais est-ce une information?
François Weyergans n'était pas encore intronisé à l'Académie française qu'il était déjà immortel. Le temps s'était arrêté pour lui au point qu'il est arrivé en retard à sa propre cérémonie. Mais qu'importe? Les Immortels ont l'éternité devant eux.
La Belgique attendra aussi. Elio Di Rupo a déclaré qu'elle n'a besoin ni d'un gouvernement de droite, ni d'un gouvernement de gauche. Ce qui revient à dire qu'il est le premier ministre idéal, lui qui n'est ni d'un côté ni de l'autre. Il est de Mons. Il s'est donné trois jours de congé pour célébrer la fête de sa ville. La formation du gouvernement peut attendre que Saint-Georges ait terrassé le dragon. La Belgique entière prie à genoux.

mardi 14 juin 2011

Automobilistes analphabètes

Le nombre de morts sur les routes françaises durant les quatre premiers mois de cette année a augmenté de près de 13%, soit 144, par rapport à la même période l'an dernier. Le Gouvernement français a décidé de sévir. Il fait enlever les panneaux avertissant de la présence de radars. Il a également décidé d'interdire les avertisseurs communautaires de radars (qui permettent d'informer les autres conducteurs de l'emplacement de radars mobiles). De nombreux députés UMP sont mécontents. Il faut éviter que les automobilistes irrespectueux des règles soient sanctionnés. Il faut les prévenir qu'ils contreviennent aux règles. Pour qu'ils puissent à nouveau les enfreindre en zone sans radar. Les automobilistes et les élus UMP préfèrent les radars pédagogiques qui leur signalent s'ils respectent ou non la limitation de vitesse. Voilà de gentils radars pour gentils automobilistes. Des radars qui les prennent par la main et pour des cons. Dans Charlie Hebdo (1), Charb rappelle que "des panneaux tout le long des routes signifient la vitesse limite. Pourquoi ne sont-ils pas considérés comme pédagogiques, ceux-là?", demande-t-il. Faut-il signaler à l'entrée d'une banque qu'on ne peut y entrer armé, qu'on ne peut la braquer? Charb rappelle également que toute voiture normalement constituée possède un compteur qui indique à quelle vitesse elle roule. Il suffit d'y jeter un oeil de temps en temps.
Un peu partout en Europe, et sans doute ailleurs, certains responsables, très timidement, se posent la question d'une diminution des vitesses autorisées en ville, sur les nationales et les autoroutes. Une mesure qui devrait réduire le nombre d'accidents, mais aussi les consommations de carburant et la pollution. Voilà une idée qui semble tomber sous le sens. Mais qui n'est pas rentable électoralement parlant. "La seule catégorie de la population avec laquelle l'autorité doit se montrer magnanime, c'est l'automobiliste. Parce qu'il est nombreux et surtout qu'il est atteint de crétinisme profond", dit Charb. L'automobiliste a toujours raison et le lobby automobile est tout puissant. Les morts et les accidentés de la route sont le tribut à payer pour que l'auto reste reine. En Belgique, même si le nombre de morts a - heureusement - diminué ces dernières années, le nombre d'accidents, selon l'Union professionnelle des entreprises d'assurances (2), a cependant augmenté de 15% en quatre ans. Dans des proportions plus importantes que l'augmentation du parc automobile.
Si on suivait la logique du lobby automobile et pour prolonger une réflexion de Charb, peut-être faudrait-il installer, par exemple, des panneaux qui signaleraient automatiquement que la police ou un service de contrôle s'apprête à faire une descente dans tel quartier ou tel immeuble. Allez savoir pourquoi, je ne suis pas sûr que les élus UMP défendraient cette proposition.

(1) Charlie Hebdo, 1er juin 2011
(2) Le Vif, 27 mai 2011

dimanche 12 juin 2011

Il y a vol et vol

Autant savoir, quand on prend un vol Ryanair pour deux francs six sous, que le voyage a forcément un coût bien plus élevé. Environnemental bien sûr, mais aussi social.
Autant savoir que, avant même d'être engagé, le peut-être futur personnel doit suivre une formation dont il doit lui-même prendre en charge le coût: 1600 €, plus 700 pour les frais d'hébergement.
Autant savoir que le contrat de travail est signé par une agence d'intérim irlandaise, que la période d'essai est de douze mois, que chaque heure de vol est payée 16,20 € et que 10% du produit des ventes effectuées durant les vols sont répartis entre les quatre membres de l'équipage.
Autant savoir que ce "salaire" est mensuellement raboté de 30 € la première année pour le paiement de l'uniforme.
Autant savoir que les heures d'escale, de briefing, d'accueil des passagers, de retard ne sont pas payées.
Autant savoir qu'il n'y a pas de treizième mois, ni de couverture sociale comme on l'entend en Belgique.
Autant savoir.
Et quand on sait, autant prendre le train.

(voir "Ryanair: une hôtesse raconte", dans LLB de ce 11 juin)

lundi 6 juin 2011

Un homme heureux

Tournai a officiellement un bourgmestre. Il s'appelle Christian Massy. Peut-être connaît-il des problèmes existentiels. Il n'apparaît en tout cas plus sur les photos. C'est un bourgmestre fantôme. Il est devenu transparent, plus personne ne le voit. Rudy de Eerste a déjà pris sa place. Rudy Demotte s'est auto-parachuté sur Tournai. Il en est déjà bourgmestre, même si les élections communales n'auront lieu qu'en octobre 2012. Certains, naïfs, venus de l'étranger ou peu au fait des moeurs politiques wallonnes, s'en étonnent. Ils se demandent à quoi serviront ces élections. Quand la télévision nationale l'interviewe, c'est devant la Halle aux draps de sa ville qu'il répond désormais aux questions. Il est partout. On le croit ici. Il est déjà là. C'est Speedy Gonzales fait homme. Il participe à la Caravane Vanne. Il se fait photographier au départ, fait quelques kilomètres à vélo, puis disparaît discrètement. Il est déjà ailleurs. Ce n'est pas un homme, c'est un tourbillon. Il serre les mains à la fête de l'accordéon. Il y en a beaucoup. Il ne rechigne pas. Il a du courage. Il s'habille de rouge et blanc, vêtu en Chevalier de la Tour pour célébrer les septante-cinq ans des Amis de Tournai. Il leur souhaite un bon anniversaire, il a beaucoup de respect pour eux. Il met toutes les photos sur son blog. Il y en a beaucoup. Ca ne lui fait pas peur.
Il participe à l'inauguration du canal de l'Espierre. Il visite l'ALE de Tournai: "quelle fierté de saluer la réussite de l’ALE de Tournai, dans ce qu’elle contribue au regain de dignité et d’espoir de nombreuses personnes via l’accompagnement et le soutien qu’elle leur offre", déclare-t-il. Il participe à la fête des voisins du quartier du Vert Bocage: "la convivialité et la joie de vivre ensemble donnent décidément du baume au cœur en ces temps parfois perturbés", dit-il.
Résumons-nous: il réjouit ces temps perturbés.

dimanche 5 juin 2011

La Belgique n'a plus toute sa tête

C'était une période difficile. Mais qui n'empêchait pas l'espoir. Un formateur avait été nommé. C'était nouveau. On pouvait vaguement espérer que, près d'un an après les élections, un gouvernement se forme dans les mois à venir.
Mais aussitôt les nationalistes flamands ont répandu, un peu plus chaque jour, leur scepticisme dans la presse. Certains d'entre eux multiplient les déclarations à l'emporte-pièce. Et la pièce est tellement mauvaise qu'elle semble déjà emportée. Les acteurs sont de plus en plus exécrables.

Il y a le sniper nationaliste Van Aelst qui déplore que des élus francophones "maltraitent notre langue", pointant en particulier Di Rupo, Onkelinx et Milquet. Une réflexion amusante à l'heure où - enfin - les francophones manient beaucoup plus le néerlandais et où, dans le même temps, tant de Flamands l'abandonnent. Ce que regrettent de nombreux intellectuels flamands, tel l'écrivain Geert Van Istendael qui, ce vendredi matin encore sur la Première, constatait que les Flamands préférent au néerlandais... diverses versions du flamand.
Van Aelst se dit prêt à être solidaire des Turcs mais pas des Wallons et dénonce les prêts hypothécaires accordés par le Vlaamswoningsfonds "à des noirs francophones qui viennent s'installer à Asse". On se croirait en Yougoslave au début des années '90.
De nombreux Flamands, dans les milieux politiques et économiques, estiment que Bruxelles ne peut constituer une région à part entière. Que la capitale doit être gérée paritairement par la Flandre et Wallonie. Bref, ils refusent aux Bruxellois l'autonomie qu'eux-mêmes revendiquent pour la Flandre. Cherchez l'erreur et la cohérence.
En réponse, les Francophones viennent de rapprocher formellement les Régions wallonne et bruxelloise, en créant la Fédération Wallonie-Bruxelles, déjà baptisée "WalloBrux". Cette décision a été prise à l'unanimité par les députés du Parlement de la Communauté française. Qui de facto ne reconnaissent pas l'autonomie de la Région bruxelloise puisqu'elle est ainsi étroitement associée à la Wallonie et éloignée de la Flandre. Cherchez l'erreur et la cohérence.
"Ce WalloBrux est perçu par la Flandre comme une étape du fameux plan B, estime Jan De Troyer (1), flamand bruxellois, connu comme un esprit libre et particulièrement modéré. En créant cette fédération, poursuit-il, la classe politique francophone se prépare, aux yeux des Flamands, à une scission dont cette fédération constituerait la Belgique résiduelle.
Avec une telle perspective, dit-il encore plus loin, les francophones ne doivent plus s'étonner que tant de Flamands soutiennent la NVA et que le Ministre-Président flamand Kris Peeters déclare que ceci constitue un danger pour la stabilité de la Belgique. Aux Flamands de Bruxelles, complètement mis hors jeu dans ce débat, Monsieur Demotte a simplement annoncé que dans la nouvelle Belgique, l'enseignement flamand à Bruxelles sera fusionné avec celui de la Communauté française."
Y a -t-il encore des responsables politiques dans ce pays? On se le demande. Tel Diogène, on les cherche.

(1) LLB, 1er Juin 2011

vendredi 3 juin 2011

Clic, clac, cliché

Imaginons les hommes d'aujourd'hui. Mettons-nous à leur place. On ne peut résister à une soirée foot. Dès qu'est annoncé un match opposant Milan à Manchester, on rameute nos copains. Ils s'installent devant la télé et braillent en buvant de la bière. A la fin du match, le salon est un vrai dépotoir. Dès les premiers rayons de soleil, on sort son barbecue, on invite son beau-frère. On se grille quelques côtelettes en buvant du rosé. Parfois, ce sont des merguez. On se précipite au salon de l'auto. Pas pour acheter. Juste pour le plaisir de découvrir les nouveautés. Deux mois plus tard, on s'est acheté une nouvelle voiture.
Ainsi vivent les hommes d'aujourd'hui.
Imaginons les femmes d'aujourd'hui. Mettons-nous à leur place. On ne peut résister à l'annonce des soldes. A la vue de ce mot, "on se transforme en lionnes déterminées, on branche notre détecteur de bonnes affaires". On n'y entend rien, mais alors rien du tout, en matière de technologie. Elle et nous, "on n'a jamais vraiment été copines. En plus, ça tombe toujours sur nous quand Internet refuse de marcher." On se critique entre copines, on est de mauvaise foi, on est toutes un peu blondes.
Ainsi vivent les femmes d'aujourd'hui. Ce n'est pas moi qui l'affirme, mais le magazine "Femmes d'aujourd'hui" (1) dans un article intitulé "La perfection? Non merci!". Le titre en couverture annonce "Imparfaites mais on assume - Les défauts des filles expliqués aux hommes".
J'ai imaginé dans la même logique stéréotypée les hommes d'aujourd'hui. Je connais bien des hommes qui sont un peu blonds. Et beaucoup qui ne s'intéressent ni au foot, ni aux bagnoles.
J'ai beaucoup d'amies. Je n'en connais pas une seule qui devienne folle en période de soldes. Mais beaucoup qui maîtrisent Internet bien mieux que moi. Peut-être ne sont-elles pas des femmes d'aujourd'hui. De demain peut-être?

Dans la même logique de clichés vides de sens, François De Brigode terminait tout récemment son JT en annonçant "une bonne nouvelle pour terminer ce journal: grand soleil demain." A sa décharge, on constatera que, contrairement aux autres JT, il n'avait pas parlé ce jour-là de la sécheresse dont souffre sérieusement l'agriculture. Il n'avait pas annoncé, contrairement à ses collègues français, que la France a atteint en ce printemps 2011 le même niveau de sécheresse qu'à l'été 1976. Passe-t-il sa vie dans son studio? Il devrait sortir de temps en temps.
Tout comme le magazine "Femmes d'aujourd'hui" devrait rencontrer les femmes de son temps.

(1) n°18 - 5 mai 2011

mardi 31 mai 2011

Gifle à un indigne

Le populisme a des limites. Il arrive un moment où il se retourne contre lui-même. Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, a cru pouvoir tout dire, tout faire. Affirmer, par exemple, tout récemment que "les juges sont le cancer de notre démocratie", lui que la justice poursuit depuis de longues années pour quantité d'affaires (notamment fiscales et sexuelles), mais ne parvient pas à rattraper, tant il transforme les lois à son avantage pour se protéger.
Il a appelé son parti "Casa della Liberta, "Maison des Libertés". Des amis italiens me disaient récemment qu'il entend par là faire savoir que tout lui est permis. C'est sa conception de la liberté. Elle est absolue, intouchable. "Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit", écrivait Lacordaire (1). Berlusca l'a bien compris. La liberté, c'est sa liberté, il en use et abuse.
Tentant une dernière fois d'empêcher une victoire de la gauche à Milan, son bastion, Berlusconi a déclaré qu'avec elle, "Milan risque de devenir une cité islamique, une métropole pleine de camps roms, une ville assiégée par les immigrés". Les imprécations populistes virent à la bêtise, les électeurs ne s'y sont pas trompés. Cette fois. Et de nombreuses villes sont passées au centre gauche. Le cavaliere indigne est tombé de son cheval. C'est la chute de l'empire romain. On ne peut parler à son sujet de "grandeur et décadence". On chercherait en vain la grandeur.

(1) ce n'est pas Rousseau qui en est l'auteur, merci à la personne qui m'a précisé qu'il s'agit de Larcordaire ( voir à ce propos www.gautrais.com/Entre-le-fort-et-le-faible)

lundi 30 mai 2011

Le populisme a de belles fenêtres

En Europe, le populisme se porte bien. Une série de reportages dans la Libre Belgique tout au long de la semaine dernière en témoigne. S'il le fallait. Du nord au sud de l'Europe, d'ouest en est, on se rend compte que le simplisme, les déclarations à l'emporte-pièce l'emportent. Que le nationalisme, la xénophobie, l'égoïsme, la bêtise gagnent du terrain. Et que la réflexion, l'intelligence, la nuance, l'ouverture d'esprit ont peu de place dans les discours et dans les têtes. "Les gens" deviennent-ils plus bêtes? Les appareils idéologiques d'Etat (pour reprendre une expression gramscienne) concourent à augmenter la "crétinisation" (pour reprendre le titre d'un ouvrage de Charpentreau de... 1974). La télévision joue un rôle de premier plan en la matière. Quand elle est privée, on ne s'en étonne pas, même si on s'en navre. Le Lay, quand il était patron de TF1, avait exprimé sans état d'âme quel était son rôle: rendre disponibles à la pub les cerveaux de ses téléspectateurs. Quand la télé est publique, on en pleure. On s'arrache les cheveux (du moins, quand on en a encore). Hier soir, le JT de la RTBF s'ouvrait sur le retour du club de foot montois en première division. Une information qui dépassait à coup sûr toutes les autres. On voyait et entendait "des imbéciles heureux qui sont nés quelque part" brailler leur bonheur face caméra. Ces imbéciles heureux sont nés à Mons. Une semaine auparavant, d'autres étaient nés à Liège. Le fait que leur Standard ait remporté la coupe de Belgique valait de longs sujets au JT. Et un quart d'heure d'antenne le lendemain matin sur la Première à 7h45. Robert Wangermée, reviens !
A Barcelone, les jeunes protestataires pacifiques qui plaident pour un changement de régime se sont fait virer de la place manu militari. Entendez par là de manière extrêmement violente par la police. C'est qu'il fallait se préparer à faire place aux supporters vociférants du club de foot local qui allait sans doute - et ce fut chose faite - remporter la Coupe d'Europe. Panem et circenses. Non, non, rien n'a changé. Que se passerait-il si on supprimait le foot? "Les gens" se mettraient-ils à réfléchir? Les journalistes des télés publiques présenteraient-ils des sujets intelligents et intéressants? Le populisme déclinerait-il?

vendredi 27 mai 2011

Avoir l'R

C'est l'homme des organismes génériquement modifiés. C'est ainsi sans doute qu'il entend entrer dans l'histoire.
Rudy Demotte a changé le nom de sa région. On ne peut plus, depuis quelques années maintenant, parler du Hainaut Occidental. Sous peine de passer pour le dernier des ringards. Il faut dire "Wallonie picarde". C'est moderne. Wapi est plus tendance encore.
Désormais, il ne faut plus parler de la Région wallonne, mais de la Wallonie. D'ailleurs, le CESRW a perdu son R. Il est devenu le Conseil économique et social de Wallonie et non plus de la Région wallonne.
Et voilà que maintenant la Communauté Wallonie-Bruxelles de Belgique, ex-Communauté française, est rebaptisée Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce qui fâche les Flamands. Mais qu'importe après tout. Au point où on en est. De toute façon, dès qu'il sera premier ministre, Demotte requalifiera la Belgique. En Union flamandofrancophone peut-être. On est impatient de le savoir.

Au G8 à Deauville aujourd'hui, on a pu voir les présidents américain et français prendre la parole côte à côte, face à la presse. Obama s'exprime, Sarkozy ne réagit pas. Obama se tourne vers lui. Sarkozy a un rictus. Ce doit être un sourire. De Funès n'est pas mort. Il s'est réincarné en président. Il ne comprend toujours pas l'anglais.

mardi 24 mai 2011

Le droit au gaspillage

En Flandre (ce doit être à Termonde), un homme a été condamné tout récemment à six mois de prison. Son crime: avoir récupéré des denrées alimentaires dans les poubelles d'une grande surface. Le secteur de la grande distribution se défend: il en va de la santé des "récupérateurs", ils pourraient être malades en consommant des produits périmés, ils sont donc condamnés pour leur bien. Deux jours plus tard, dans un journal télévisé, une séquence était consacrée à la surpêche. Nos océans se vident. La situation devient extrêmement alarmante. Et chaque jour, tous les supermarchés mettent à la poubelle, par paquets entiers, des poissons et crustacés invendus. On voit par là que le monde a la pêche.