lundi 4 février 2013

Mens insana in corpore pareil

Ah! La glorieuse incertitude du sport! Qui peut dire quel athlète l'emportera? Quelle équipe gagnera?
Eh bien, en fait, beaucoup de monde. 
On a appris - avec un étonnement total - que Lance Armstrong s'est dopé durant toute sa carrière. Yes, he did it. On apprend que son confrère Rasmussen en a fait tout autant. La liste des produits qu'il a consommés est longue comme une étape sans EPO pour un coureur du Tour de France. Mais ce sont des exceptions, nous dit-on, des moutons noirs. Ou des brebis galeuses. On ne fait pas bien la différence entre elles et eux. Tous les autres coureurs cyclistes sont blancs comme cocaïne. Sauf ceux qui sont morts. Comme Pantani ou Vandenbroucke, par exemple.
Et voilà qu'on apprend, avec un étonnement (infini, cette fois) que des centaines de matchs de foot à travers le monde ont été truqués. 380 selon le JT de la RTBF, 680 selon celui de France 2 (1). Beaucoup en tout cas. Europol a identifié 425 arbitres, joueurs et dirigeants de clubs qui se sont laissé acheter. Les parieurs bénéficiaires ont gagné huit millions d'euros en quatre ans. Une deuxième enquête est en cours,  portant sur trois cents autres matchs (2). 
Il nous reste le moto-cross. Un sport de mecs, de vrais, qui courent juste pour le plaisir. Ce week-end avait lieu l'Enduro du Touquet. Les Mad de Max de bazar (3) jouaient à se poursuivre sur la plage. Ils s'amusaient bien. Mais voilà que la mer est montée plus tôt que prévu. Elle a envahi la plage, comme des supporters un terrain de foot. La course a dû s'arrêter. Dans la confusion. (4) Faut-il croire que la mer n'aime pas le sport? Oh sombres héros de la mer!
On ne sait plus à quel sport se vouer.

(1) ce 4 février.
(2) visiblement, le journaliste de France 2 a déjà considéré que ces faits-là aussi sont avérés.
(3) selon l'expression de Renaud parlant des concurrents du Paris-Dakar.
(4) JT régional de France 3 Nord Pas de Calais, 4 février 2013.

dimanche 3 février 2013

De la fierté du carrefour

La sous-région que l'on ne peut plus appeler "Hainaut occidental" (et encore moins sous-région) sous peine de se faire traiter de ringard, mais que la novlange a rebaptisée "Wallonie picarde" (ou, plus fun encore, "Wapi") (1) aime se présenter comme le carrefour de l'Europe.
Peut-être en est-elle un parmi beaucoup d'autres. J'en ai traversé de nombreux. Mais est-ce là son ambition? Est-on fier et heureux d'habiter dans un carrefour?
"On ne compte plus les régions ou métropoles qui se définissent comme étant au carrefour de l'Europe!, affirme l'économiste français Jean Gadrey (2). Curieux projet quand même: être un carrefour plutôt qu'un espace de vie largement autonome..."

(1) rappelons que c'est Rudy Demotte qui a voulu la fin de la phase H.O.
(2) in "Elus, on est là", Télérama, 23 janvier 2013.

vendredi 1 février 2013

Vous allez voir ce que vous allez voir

Tous les matins, en se levant, Jean-Claude Marcourt se répète cette phrase: "ce n'est pas parce que ce que c'est impossible qu'ils ont peur, c'est parce qu'ils ont peur que c'est impossible" (1). Alors, il se lève d'un pied léger et peut affronter tous les moulins à vent du monde. Et même d'Inde. D'ailleurs, il n'hésite pas à défier le géant Mittal: "nous utiliserons tous les moyens pour vous faire plier" (2). Ce ministre de l'Economie, c'est la détermination faite homme.
Tous les responsables politiques, de la majorité comme de l'opposition, tiennent de mâles discours: c'est un scandale et ils feront tout pour sauver l'emploi à Arcelor. Même si, dans la presse, aucun commentateur n'y croit et que tous démontrent pourquoi aucune solution ne pourra être trouvée. Tel Frédéric Chardon qui écrit dans LLB (3): "Imaginons que Mittal -  de son plein gré ou bien contraint et forcé - cède et accepte de revendre ses sites principautaires (...), quel capitaine d'industrie oserait se lancer actuellement dans une telle aventure sachant que le marché européen de l'acier est particulièrement plombé? Bref, la partie de poker est loin d'être gagnée par le gouvernement wallon."
Mais le rôle du politique est de cultiver l'optimisme et il serait suicidaire celui qui oserait dire qu'il pense comme les éditorialistes. Que non seulement la situation est grave, mais qu'en plus elle est désespérée.
Qui peut prendre au sérieux un Jean-Claude Marcourt qui, voilà un an, s'asseyait sur un rapport qui annonçait le pire? Qui peut prendre au sérieux un Rudy Demotte qui préféra laisser passer sans broncher la suppression de la phase à chaud parce qu'il était convaincu que c'était là une assurance que la phase à froid serait préservée? Quels responsables politiques osent remettre en question les décisions qu'ils ont eux-mêmes prises et surtout le système capitaliste totalement cynique sur lequel aucun d'eux ne se donne prise?
Ceci dit - avouons-le - je me pose la question: si j'étais encore parlementaire, pourrais-je dire autre chose que "il faut y croire", "nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir"? L'indignation ne coûte pas cher. Et elle permet de sauver la face. Mais c'est bien tout ce qu'elle sauve.

"Un bon politicien, estimait Churchill, est celui qui est capable de prédire l'avenir et qui, par la suite, est également capable d'expliquer pourquoi les choses ne sont pas exactement passées comme il l'avait prédit." (4)


(1) Journal parlé de la Première, 31 janvier, 13h.
(2) voir le "Café serré" de Thomas Gunzig, la Première, 31 janvier 2013.
(3) LLB, 30 jnvier 2013.
(4) cité par Etienne Davodeau, dans sa BD "Les Aventures de François et Jean-François", publiée dans Télérama, 30 janvier 2013.

mercredi 30 janvier 2013

Une sale odeur de gaz

L'homme est-il un imbécile? C'est ce que l'on pense après avoir vu " La malédiction du gaz de schiste", le documentaire de Lech Kowalski (1). L'homme refuse de tirer des leçons de ses expériences catastrophiques d'apprenti sorcier. Les dégâts engendrés par l'exploitation du pétrole et de tant d'énergies fossiles ne lui suffisent pas. C'est que l'homme est vénal et l'argent qu'il gagne n'a ni odeur ni conscience.

La Pologne, après les Etats-Unis, a vu dans le gaz de schiste son avenir. Il est brumeux, trompeur et dangereux. Des paysans voient débarquer, aux portes de leur village, à deux pas de leurs fermes, d'énormes engins qui procèdent à des tests sismiques. Après leur passage, l'eau des puits est polluée, au point que les fermiers ne peuvent plus abreuver leur bétail. "Ce que Dieu a donné à la terre, la terre doit le rendre", estime un agriculteur qui pense justifier ainsi la location de certaines de ses terres à Chevron. La terre rend de l'eau transformée en boue.
Les façades des fermes sont fissurées. Chevron, qui a négocié des concessions de forage et d'exploitation avec les autorités polonaises, offre des peluches aux agriculteurs. Le mépris ne peut mieux s'exprimer. Les paysans pendent ces peluches haut et court.
Le chantier de forage démarre sans consultation publique et sans permis. Les riverains se mobilisent pour l'empêcher. Le réalisateur est empêché de filmer par les exploitants qui font filmer leurs opposants. Lors d'une réunion publique, l'une d'elle tente de raisonner les représentants de l'Etat. La plupart d'entre eux n'ont d'yeux que pour la table ou leurs chaussures.
"Les petits" de ce village polonais finissent par faire reculer le géant américain: Chevron renonce à exploiter une concession qu'il n'avait jamais vraiment officiellement obtenue. Mais ce sera pour aller forer un peu plus loin. 

"Nous, nous sommes des dégâts collatéraux", déclare une habitante de Pennsylvanie qui dénonce les gaz cancérigènes générés par le nettoyage du gaz de schiste. Elle et ses voisins regardent désolés les centaines de camions qui passent jour et nuit devant leurs portes proches d'un forage. "Combien d'énergie faut-il pour fabriquer de l'énergie?", demande le réalisateur. Depuis 2007, les forages se comptent par milliers dans cet Etat. Les pompages d'eau dans les rivières du coin sont gigantesques: 500 litres à la seconde en moyenne. A tel endroit, ce sont 7,5 millions  de litres qui sont pompés chaque jour de l'année; en amont, 11 millions. Les points de pompage sont innombrables. Un forage se découpe en dix étapes. Chaque étape consomme un million de barils d'eau. Mais quand on aime (l'argent), on ne compte pas.
La silice est utilisée en grande quantité pour la fracturation des roches dont sera extrait le gaz. La silice provoque la silicose et d'autres graves problèmes de santé. On n'y pense pas assez. En fait, on n'y pense pas du tout. On voit ainsi un transporteur manipuler de la silice sans aucune protection à deux pas d'une garderie.
"Pendant cinquante ans, les eaux usées vont remonter à la surface", explique tranquillement le responsable de la sécurité d'un forage. Analysées par des services publiques, l'eau des puits (même mousseuse, jaune et nauséabonde) est saine. Analysée par des universitaires, elle révèle des teneurs importantes notamment en lithium, en magnésium, en plomb, en cuivre, en arsenic, en uranium 234, 235, 236 et 238. Les habitants de cette région de Pennsylvanie où est exploité cet or moderne sont nombreux à souffrir de cancers du foie et de la rate. Une agricultrice explique que sa fille souffre de divers troubles graves depuis qu'elle a bu de l'eau. Des vaches présentent des éruptions cutanées. 
Une loi de Pennsylvanie interdit aux médecins de faire part à leurs patients des liens éventuels qu'ils soupçonnent entre les maladies dont ils souffrent et les nuisances générées par l'exploitation des gaz de schiste. On voit par là que l'argent est plus fort que la science.
Grâce au gaz de schiste, les Etats-Unis assureront, disent-ils, leur indépendance énergétique. Au mépris de la santé et de l'environnement de milliers de ses habitants, ne disent-ils pas.

L'homme est-il un imbécile? C'est aussi un beau salaud. Heureusement qu'il est d'autres hommes qui osent se dresser face à lui et pour qui la santé et l'environnement valent mieux que cet argent à la mauvaise odeur.

(1) diffusé sur Arte ce 29 janvier.
Lire aussi sur ce blog "Shit de gaz", 25 novembre 2012.

samedi 26 janvier 2013

Quand les autruches poussent des cris d'orfraie

A quoi sert un ministre? A préparer l'avenir ou à penser au sien? A affronter les problèmes à venir ou à se faire rassurant? La Libre Belgique de ce jour nous rappelle qu'il y a un an le Ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, n'avait pas apprécié le rapport que lui avait remis le consultant Laplace Conseil sur l'avenir de la sidérurgie à Liège. L'erreur de ce rapport: être pessimiste. "Cette étude, dit la Libre, affirmait que la phase à chaud (en gros, les hauts fourneaux) était condamnée et que la phase à froid était aussi dans le collimateur... Scandale!"
Courageusement, le ministre avait mis à la poubelle le rapport Laplace et en avait commandé un autre, au bureau Syndex cette fois. La deuxième étude était la bonne, puisqu'elle voyait d'un œil rassuré l'avenir de la sidérurgie à Liège.
Aujourd'hui, le Ministre, ses collègues du Gouvernement wallon et les syndicats poussent des cris d'orfraie. Ils n'avaient rien venu venir. Il est vrai qu'avec la tête dans le sable, on ne voit pas loin.

jeudi 24 janvier 2013

Le bal des hypocrites

Arcelor Mittal ferme sept des douze sites de sa phase à froid chez Cockerill à Liège. Pour les 1300 travailleurs qui se retrouvent sur le carreau (après les 795 de la phase à chaud), la décision est une véritable claque et on comprend leur tristesse, leur colère et leur désarroi. Mais cette annonce n'est pas aussi inattendue qu'ils veulent bien le déclarer face aux caméras. Qui croyait ce secteur inoxydable en Belgique? Qui pensait que ce qui arrive à Arcelor à Fleurange resterait étranger à la Belgique? Les responsables politiques versent des larmes de crocodile. Jean-Claude Marcourt, Rudy Demotte, André Antoine tentent de faire bonne figure en tentant de conjuguer indignation et fermeté. C'est scandaleux, disent-ils. Ca ne se passera pas comme ça, clament-ils. Jean-Marc Nollet se veut optimiste: on leur fera nettoyer le site, puis on créera de nouveaux emplois. Ca ne coûte rien de le dire. Elio Di Rupo revient dare-dare de Davos. (Davos ou Rio, chez les riches suffisants aujourd'hui ou chez les indignés altermondialistes hier, Elio ne sait où donner de la tête.)
Quel Belge, qui avait au moins dix-huit ans au milieu des années '80 (au moment du plan Gandois), peut honnêtement déclarer qu'il ne pensait pas que ce qui arrive aujourd'hui arriverait un jour? Tout le monde savait et sait que la sidérurgie belge était et est condamnée. On a pu et on peut encore investir des millions dans des canards vieillissants, mais on savait et on sait ces canards mortels. On sait que leur sort est inéluctable.

En 1997, voici quasiment seize ans (c'était le 18 mars), voici ce que déclarait, dans la conclusion de son intervention intitulée "La Belgique en voie de sous-développement", Fernand Bézy, professeur émérite à l'UCL, devant l'Université des Aînés à Louvain-la-Neuve (1):

"Que nous réserve l'avenir ?
Cet exposé est pessimiste, mais la réalité n'est pas exaltante; l'avenir est-il aussi noir ? Nous n'avons hélas pas fini de nous purger des erreurs du passé; c'est ce qui occulte dans une certaine mesure les raisons d'espérer. L'étude de la Kredietbank, dont il était question ci-dessus, conclut son analyse en disant : "pendant encore une grande partie du 21ème siècle, la Belgique devra payer les erreurs commises pendant les années 70." (...)
Pour prévoir ce qui va se passer, il faut prendre conscience des changements structurels importants qui affectent l'économie mondiale depuis 15 ou 20 ans : ce qu'on appelle "la mondialisation", suscitée par la libre circulation des biens et des capitaux comme jamais auparavant dans l'histoire. Cette évolution tient à des progrès techniques sans précédent :
- pour les produits, un abaissement considérable des coûts de transport maritimes grâce à l'augmentation de la dimension des navires, l'automatisation de leur pilotage et surtout la "conteneurisation";
- pour les capitaux, la télématique qui leur permet de circuler par delà des frontières à la vitesse de l'éclair.
Il est possible maintenant de fractionner la production des marchandises et de la délocaliser géographiquement en profitant des différences dans les coûts de production, notamment de la main-d'oeuvre. Cette dernière, en de nombreux pays du tiers monde, atteint maintenant une qualification suffisante pour être apte au travail en usine.
Dans les pays actuellement développés, le secteur industriel connaîtra, en termes d'emploi, l'histoire de la peau de chagrin, comme auparavant l'agriculture. Historiquement la Belgique a détenu le record de l'emploi dans le secteur industriel : 53% des actifs en 1950. Il ne faut surtout pas pavoiser : si nous avions autant de main-d'oeuvre dans nos usines, c'est qu'elles étaient en retard de mécanisation. Aujourd'hui, des prévisionnistes sérieux pensent qu'en l'an 2.000, dans les pays développés, la main-d'oeuvre industrielle ne représentera plus que 10% des actifs; et dix ans plus tard, 2% seulement : moins qu'aujourd'hui dans l'agriculture. Cela ne réduira pas nécessairement la production industrielle, mais comme aujourd'hui en agriculture, on produira toujours plus avec toujours moins de travailleurs."

Les miroirs aux alouettes fonctionnent bien. Mais les politiques et les syndicalistes ne devraient pas s'y mirer trop longtemps.

(1) http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/ucl/documents/Bezy_belgique.HTML



mercredi 23 janvier 2013

Elégance et vulgarité sont dans un bateau

La vulgarité se porte bien. Elle a de beaux jours devant elle. 
En témoigne la télévision, qui en est sans doute la plus belle vitrine.
Les émissions de télévision à la mode adorent que leurs participants se critiquent les uns les autres. Il est bon de dire tout le mal que l'on pense des capacités culinaires de la personne qui s'est coupée en quatre pour vous recevoir à sa table. 
Les émissions dites de téléréalité portent hélas bien leur nom et la réalité qu'elles nous proposent est souvent affligeante. On se met à rêver de fiction. 
Les émissions dites de talk show sont des émissions où il est de bon ton de rire. De tout et de n'importe quoi. Les intervenants sont venus pour rire - ils ne s'en privent pas - et faire rire - ce qui est autrement difficile.
Pour diffuser de la pub, la RTBF coupe en morceaux les films, les téléfilms et ses propres émissions, au risque de ressembler à une vulgaire télé commerciale. Elle y arrive.
Les JT des télévisions de service public (RTBF, France 2 notamment) commencent ces jours-ci par la neige. Il s'agit d'informer les téléspectateurs qui vivent volets clos que la neige est tombée, que les routes sont dangereuses, qu'il fait froid et qu'il vaut mieux rester chez soi derrière ses volets clos. Le reste de l'actualité est prié d'attendre ou de se faire discret.
Les journaux parlés et télévisés de la RTBF vont jusqu'à se muer en espaces de promotion de l'émission "The Voice", cousine de "la Star'Ac" et autre "Nouvelle Star". "Les FM, la télé, la Star Académie ont fait des ravages, affirme la chanteuse Claire Diterzi: on crée une vedette de toutes pièces, et une fois que le public se sent familier avec elle, on se demande ce qu'elle va chanter! C'est la surenchère de la facilité, de la vulgarité et du mercantilisme." (1)
Qui déteint sur qui?
Les forums sur internet sont investis par des intervenants qui ne tentent même pas de se faire comprendre et ont, en général, tout compris mieux que les autres qu'ils ne se privent pas d'insulter.
Et c'est sans doute dans le langage que la vulgarité s'exprime le mieux. Amis de la poésie, passez votre chemin.
"On est chaud boulette!" (2), affirme Sébastien Deschamps, conseiller communal écaussinois du groupe Ensemble. Il dénonce la limitation à cinq minutes, lors des réunions du Conseil, du temps de parole des conseillers. On n'ose imaginer ce qu'il pourrait dire en dix minutes. 
Récemment, une collègue enseignante me rapportait qu'une de ses étudiantes s'est présentée à son examen oral d'anglais en lui disant: "I am hot". Un autre a eu cette question pour le moins surprenante (et distinguée) à l'issue de son examen: "j'ai chié?".
Et pourtant, on aurait pu dire bien des choses en somme.
Ah! Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites.

(1) Télérama, 23 janvier 2013 (longue interview de la remarquable Claire Diterzi et excellente critique de son nouvel album: "Le salon des refusées").
(2) LLB, 17 janvier 2013.

lundi 21 janvier 2013

Du bon langage

On sait qu'on ne peut plus dire "bourgmestre empêché" (1). Il convient de dire "bourgmestre en titre".
Voilà qu'on apprend qu'on ne peut plus dire "bourgmestre faisant fonction". Il faut dire "échevin maïoral" (2). On est prié de ne pas rire. Mais on est comme un bourgmestre. On ne peut pas s'empêcher.

(1) lire sur ce blog "Bourgmestres même pas empêchés de titre" (17 janvier 2013) et "Premiers communiants" (4 décembre 2013).
(2) vu à la télé (No Télé, pour être précis)

dimanche 20 janvier 2013

Un beau dimanche à la campagne

Les dimanches neigeux sont rares par chez nous. On en profite pour aller marcher dans la neige dans le petit bois derrière chez soi, entre l'Escaut et la nationale, et faire quelques photos. Le silence est impressionnant. On n'entend que ses propres pas feutrés et, ici ou là, le cri d'une corneille. Jusqu'à ce qu'on s'inquiète en entendant face à soi des coups de feu. Leurs auteurs apparaissent au bout du chemin, armés qui d'un bâton qui d'un fusil. Ils sont une vingtaine, sans compter les chiens, et savent plus difficilement saluer que tirer, mais répondent néanmoins au bonjour qu'on leur adresse au passage. On pense en être quitte, mais quand les coups de feu se succèdent on craint le pire, ne sachant à tout moment si on est ou non dans le champ. On se sent fragile, aussi menacé qu'un vulgaire gibier. Surtout quand une déflagration explose juste à nos côtés. On peste. On jure.  
Sur le chemin de halage, exclusivement réservé aux cyclistes et aux piétons, stationnent deux 4x4. Le moteur de l'un des deux tourne. Madame se tient au chaud et pollue l'atmosphère pendant que Monsieur pollue le silence. Chacun sa mission.
On croise un chasseur au regard noir, des plumes de faisan à l'arrière-train.

Et si y en a des qu'ont une plume au chapeau,
y en a des qu'ont une plume dans le derrière.
                                                   Jacques Brel

jeudi 17 janvier 2013

Bourgmestres même pas empêchés de titre

- Ne m'appelez pas "bourgmestre empêché", l'appellation est connotée négativement. Dites plutôt "bourgmestre en titre". C'est plus positif et c'est la réalité.
- Bien, Majesté, Monsieur le Marquis, Monsieur le Baron (1), lui répond une presse aux ordres. C'est vous qui voyez.
L'appellation "bourgmestre empêché" tend ainsi à disparaître. Récemment, le JT de la RTBF revenait sur la présentation des voeux du "bourgmestre en titre", le seul, le vrai, de Mons. Entendez le seigneur Di Rupo.
La Libre Belgique de ce jour relate les débats au Conseil communal de Tournai et évoque une déclaration du "bourgmestre en titre" de Tournai, Rudy Demotte. Lequel invite ce vendredi les personnalités tournaisiennes à sa remise de voeux. L'invitation est sobrement signée par lui, "bourgmestre de Tournai".
On voit par là qu'il faut en finir (2) avec cette interdiction de cumul du mandat de ministre avec celui de bourgmestre et cesser d'importuner ces braves gens qui ont le don d'ubiquité. Et qui sont indispensables là où ils sont: au gouvernement, à la tête de leur commune et partout où ils peuvent être utiles au fonctionnement de la démocratie. Qu'on cesse enfin d'empêcher d'agir ces hommes dévoués.

(1) biffez la mention inutile.
(2) d'ailleurs, eux - dans les faits - en ont fini.