(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/02/11/etats-unis-donald-trump-signe-un-decret-pour-revenir-aux-pailles-en-plastique_6541027_3244.html
(2) https://www.arte.tv/fr/videos/119961-011-A/le-dessous-des-cartes/
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/12/un-journaliste-refoule-de-la-maison-blanche-car-son-employeur-n-utilise-pas-le-terme-golfe-d-amerique_6542954_3210.html
mardi 11 février 2025
Make America Ridiculous Again
dimanche 9 février 2025
L'enfermement d'un homme libre
Dans son roman "Le Village de l'Allemand - ou le journal des frères Schiller" publié en 2008 (1), Boualem Sansal fait débarquer un de ses personnages principaux, Malrich qui vit en région parisienne, à l'aéroport d'Alger. Là, comme d'autres voyageurs, il est maintenu à l'écart, interrogé, puis enfin laissé libre d'aller où il veut. Mais d'autres n'ont pas cette chance, embarqués dans un camion, vers une destination inconnue. "Longtemps, je me suis demandé ce qu'étaient devenus ceux de l'autre groupe. Je refusais de penser qu'ils les avaient torturés, tués, déportés ou quoi d'autre. Je préfère croire qu'ils les ont simplement jetés en prison et que les parents ne seront pas inquiétés."
"Vous qui gouvernez la France, dit-il encore, comment pouvez-vous supporter une situation aussi insultante, une telle atteinte aux droits d’un citoyen français, qui est par ailleurs une des grandes voix de notre littérature ? Votre inertie est inacceptable, comme est inacceptable l’instrumentalisation du cas de Boualem Sansal par des politiciens de tous bords (...). Un seul mot d’ordre doit prévaloir, en dehors de toute considération partisane : il faut libérer Boualem Sansal."
Il a compris que l'islamisme et le nazisme c'était du pareil au même. Il a voulu voir ce qui nous attendait si on laissait faire comme on a laissé faire en Allemagne, à Kaboul et en Algérie où les charniers islamistes ne se comptent plus. Au bout du compte, ça lui a fait tellement peur qu'il s'est suicidé. Il pensait qu'il était trop tard, il se sentait responsable, il disait que notre silence était de la complicité, il disait que nous sommes dans le piège et qu'à force de nous taire en faisant semblant de discutailler intelligemment, nous finirons par devenir des kapos, sans nous en rendre compte, sans voir que les autres, autour de nous, le sont déjà.
Boualem Sansal, "Le Village de l'Allemand - ou le journal des frères Schiller".
(1) nrf - Gallimard.
(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/02/boualem-sansal-prisonnier-pour-delit-d-opinion-reste-enferme-au-mepris-des-droits-de-la-defense-et-des-regles-internationales_6527783_3232.html
A lire : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/11/29/smain-laacher-sociologue-des-deux-cotes-de-la-mediterranee-boualem-sansal-et-kamel-daoud-sont-consideres-comme-des-traitres_6420829_3232.html
vendredi 7 février 2025
Demolition man
Qui les Etats-Unis peuvent-ils encore faire rêver ? Le rêve américain a été enterré par l'empereur du Monopoly qui prétend rendre sa grandeur à l'Amérique et ne réussit qu'à sidérer et scandaliser son propre pays et même la planète entière par sa capacité inouïe de démolition, alliée à une faiblesse intellectuelle qui l'amène à être dans la provocation perpétuelle pour exister. Il ne connaît ni la cohérence ni la raison, pas plus que le sens de la nuance. Il n'écoute que ceux qui veulent aller encore plus loin que lui dans le cynisme.
Souvent, des accords entre partenaires visent un résultat gagnant-gagnant. Trump, lui, a d'autres objectifs. Avec la hausse annoncée des tarifs douaniers, il se lance dans le perdant-perdant. Sa suffisance l'aveugle. On attend le moment où il se prendra les pieds dans le tapis. Et ce sera évidemment la faute du tapis. Lui n'est jamais responsable. Il est totalement irresponsable.
Ubu roi du monde ne veut plus que son pays participe à des conflits armés un peu partout, mais il fait la guerre à tout le monde : aux étrangers, aux transgenres, aux fonctionnaires, aux organisations humanitaires, à ceux qui ont enquêté sur lui, à ceux qui ne l'ont pas soutenu, aux pays voisins des Etats-Unis, à l'Union européenne, à la Chine, aux Gazaouis, à la Cour pénale internationale, au climat. Et même et surtout à la démocratie. Picsou Ier et sa bande de milliardaires n'aiment pas les autres. (F)Elon Musk, l'homme sans statut autre que le plus riche la planète, a pour seule mission (sans devoir rendre de compte à personne sinon Trump) de licencier à tour de bras. Il le fait avec un malin plaisir, reprenant le leitmotiv de son gourou : you're fired ! Il veut (notamment) liquider l'USAID, l’Agence américaine pour le développement international, chargée de l’aide humanitaire à l’étranger. L'aide humanitaire, voilà bien un concept totalement étranger à cette bande de rascals. Que des gens ne soient plus aidés, éduqués, soignés, nourris, qu'ils meurent demain ou après-demain, que leur importe ? L'idéologie xénophobe et mortifère de Trump l'amène à affirmer que l'agence est dirigée par "une bande de dingues radicaux". Musk, lui, la considère comme "une organisation criminelle". Ce gang de mafieux ne sait que faire des milliards de dollars qu'ils possèdent, mais ils n'en auront jamais assez et ils n'ont que mépris pour les gagne-petit et les défavorisés.
Qu'on se rassure cependant : la Maison blanche va héberger en son sein un bureau de la foi. Il s'opposera aux préjugés anti-chrétiens. Est-il chrétien de supprimer toute aide humanitaire ? En qui ou en quoi Trump a-t-il foi, sinon en lui-même et en l'argent ? Tu aimeras ton portefeuille comme toi-même. C'est dire s'il l'aime.
https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/04/elon-musk-mene-l-offensive-trumpienne-contre-l-etat-federal-d-usaid-a-l-agence-de-protection-de-l-environnement_6530532_3210.html
https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/06/c-est-un-coup-d-etat-la-colere-des-employes-de-l-usaid-cobayes-de-la-purge-administrative-de-donald-trump-et-elon-musk_6533800_3210.html
mercredi 5 février 2025
Un monde nouveau
dimanche 2 février 2025
Cette gauche qui a perdu le nord
Dans une lettre de 1959, Albert Camus oppose "la gauche libre" à "la gauche progressiste". "La seconde expression, rappelle Philippe Lançon (2), désigne alors la gauche stalinienne, mais cet antagonisme a survécu à Staline et à ses successeurs. On le voit vivre sous nos yeux. Camus pense que sans la liberté de penser, d'écrire, de débattre avec une fermeté sans trop de coups bas, de se taire aussi, le progrès dont se prévaut cette gauche militante est un mensonge ou un leurre."
(1) Gérard Biard, "La gauche en questions", Charlie Hebdo, 18.12.2024.
(2) "Philippe Lançon, "Motion de Camus", Charlie Hebdo, 11.12.2024.
vendredi 31 janvier 2025
En finir avec la nature
Quel intérêt peut bien avoir la nature ? On se le demande. Il y a beaucoup trop d'organismes pour la préserver alors qu'elle n'est d'aucune utilité. C'est ce que pensent visiblement la droite et l'extrême droite en France. Et même le centre. "Depuis plusieurs mois, écrit Le Monde (1), l’exécutif, que ce soit l’Elysée ou Matignon, a alimenté ou laissé prospérer une ambiance hostile aux opérateurs de l’Etat chargés de la protection de l’environnement et/ou de la santé."
On voit par là que l'être humain est un pauvre imbécile, qui se complait dans la répétition ad nauseam de ses erreurs.
(1) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/01/31/ofb-anses-ademe-les-agences-environnementales-publiques-sous-le-feu-roulant-de-la-droite-et-du-gouvernement_6524553_3244.html
(2) courrier des lecteurs de L'Echo du Berry, 23.1.2025.
(3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/01/30/etats-unis-le-senat-valide-le-choix-de-donald-trump-pour-l-agence-americaine-de-protection-de-l-environnement_6522790_3244.html
mardi 28 janvier 2025
Ubu roi du Groenland
Père Ubu. — Dans quelques jours, si vous voulez, je règne en Pologne.
Alfred Jarry, Ubu Roi
dimanche 26 janvier 2025
On n'est jamais si bien élu que par soi-même
Alice Syrakvash, présidente de l’association des Biélorusses à Paris, "décrit (1) une « ambiance de terreur et de paranoïa » à l’intérieur du pays. « Les intimidations sont si massives que tout bug de téléphone ou d’ordinateur évoque une dangereuse surveillance. Chaque sonnerie d’Interphone fait craindre une descente de police. » Effrayés, les Biélorusses n’osent plus contacter les journalistes ni les associations des droits humains, qui peinent à récolter des informations. Pour autant, « les Biélorusses continuent d’être opposés au régime de Loukachenko. Cela n’a pas changé »".
Pour nos amis biélorusses réfugiés en Allemagne, pour toute la population biélorusse, on aimerait tant voir le cours du temps bousculé.
(1) https://www.courrierinternational.com/article/presidentielle-en-bielorussie-a-force-de-repression-loukachenko-a-reduit-l-opposition-a-un-silence-absolu_226933
(2) https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/26/en-bielorussie-un-scrutin-factice-dans-un-pays-verrouille_6516171_3210.html
(3) https://www.courrierinternational.com/article/rencontre-svetlana-alexievitch-prix-nobel-de-litterature-nos-appartements-sont-nos-tranchees
vendredi 24 janvier 2025
Dégoût
Avec cette position honteuse, on voit en creux quelle société serait celle qui serait dirigée par LFI. Le stalinisme n'est pas mort. Mais on ne craint rien : ce (non)parti est plus pestilentiel que présidentiel.
(1) https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/01/24/le-refus-de-la-france-insoumise-de-soutenir-une-resolution-pour-la-liberation-de-boualem-sansal-au-parlement-europeen-suscite-un-tolle_6513798_823448.html
A propos de Boualem Sansal, (re)lire sur ce blog https://moeursethumeurs.blogspot.com/2024/11/le-service-de-la-vie.html
jeudi 23 janvier 2025
Sous la coupe de sales gamins
Ils sont convaincus d'être des hommes, de vrais mâles. D'ailleurs, ils ne rient ni ne sourient jamais. Au contraire, ils se font une règle d'avoir l'air mauvais. Mais ils se conduisent et s'expriment souvent comme des gamins. Ubu Trump vient de se faire remonter les bretelles mardi par Mariann Edgar Budde, l'évêque de Washington, alors qu'il assistait à un office qu'elle célébrait (1). « Des millions de gens ont placé leur confiance en vous et au nom de notre Dieu, je vous demande d’être miséricordieux vis-à-vis de votre peuple, qui a peur à présent », lui a-t-elle dit. « Il y a des enfants gays, lesbiens et trans et… des démocrates, des républicains et des familles indépendantes. Certains ont peur pour leur vie. » L'évêque a également évoqué le sort des personnes immigrées : « Ces gens qui récoltent nos terres, ces gens qui nettoient nos immeubles, ces gens qui travaillent dans des exploitations avicoles […], ceux qui travaillent la nuit à l’hôpital. Tous ne sont peut-être pas citoyens, ou n’ont peut-être pas les bons papiers, mais une vaste majorité de ces immigrés ne sont pas des criminels. Ils paient des impôts et sont de bons voisins. Ils sont des membres fidèles de nos églises, nos mosquées, nos synagogues et nos temples. Je vous demande d’avoir pitié pour celles et ceux dans notre communauté dont les enfants sont effrayés de voir leurs parents, partir et être emmenés loin. » Elle a aussi demandé à Donald Trump « d’aider ceux qui fuient la guerre et les persécutions dans leur propre pays ». Incapable d'argumenter, Trump n'a pu lui répondre autrement que par l'insulte. Elle est méchante, dit-il, pas intelligente et elle doit s'excuser. On dirait un enfant qui se plaint auprès de sa mère qu'un camarade l'a envoyé paître.
Il faudrait plus de Mariann Edgar Budde, plus de citoyens qui remettent à leur place ces mâles infatués. Trump et son équipe de démolisseurs, Poutine et ses sinistres sbires sont peu contestés. Combien de centaines de milliers de vies a déjà coûté la guerre insensée que mène la Russie à l'Ukraine ? Aux Etats-Unis, la phase de sidération date de plus de deux mois. On devrait être dans celle de la protestation, de la dénonciation de l'attitude anti-humanitaire de ces mâles dominants, de l'opposition ferme à leurs méthodes et leurs projets de voyous qui mènent dans l'abîme non seulement leurs pays, mais le monde entier. Et on pourrait croire que tout le monde se résigne au pire.
Il y a bientôt cinq ans, le monde s'arrêtait de tourner à cause de l'arrivée d'un virus mortel. De partout, on entendait des appels à changer radicalement de mode de vie, à respecter la planète, à nous respecter nous-mêmes. Aujourd'hui, les nouveaux maîtres du monde n'ont d'autre projet que la guerre, militaire, économique ou culturelle, et la croissance. Toujours plus de production d'énergie surtout à partir de sources polluantes. Toujours plus de production de biens jetables et souvent dispensables, plus de consommation, plus de destruction de la nature, de rejet de la culture. Les philistins qui mènent le monde ne portent aucun espoir. Ils sont désespérants. Et nous nous laissons désespérer.