jeudi 30 octobre 2014

Nom de nom

Revenons un instant - un instant seulement - sur la fille à papa Le Pen. Elle voudrait changer le nom de son parti, histoire de montrer qu'il n'est plus celui de papa, incontinent verbal notoire. Le problème, c'est que, comme son nom l'indique, Marine Le Pen est la fille de son père. Et que, même si elle devait présider demain un parti appelé "Rassemblement brun marine" ou "Le Rance aux Rancis", elle s'appellerait toujours comme papa, et sa nièce, députée du même parti, porterait toujours le nom de son grand-père. Elle serait toujours associée avec celui de qui elle dit vouloir se distancier mais à qui elle ressemble tant et qui lui a tout appris et tout donné. Si l'héritière a honte du patrimoine qu'elle a reçu, elle peut toujours s'en défaire et confier à d'autres la gestion du parti. Mais celui-ci est quasiment familial. On voit par là qu'il est difficile d'avoir le beurre et l'argent du beurre. Même quand on a un appétit féroce.

Lire, dans Charlie Hebdo, cette semaine, la carte postale de Mathieu Madenian dans laquelle il propose aux  responsables politiques de changer de nom plutôt que le nom de leur parti. "Un début de discours du style Moi, Myriam Balaké N'Koulou, présidente du Front national, ça aurait de la gueule", estime-t-il.

lundi 27 octobre 2014

Tant d'émotions, si naturelles

L'automne est là. Les feuilles tombent, le moral de l'homme aussi. La France est morose. Elle a l'impression d'aller à vau l'eau ou même de régresser. Elle a tort. Les projets économiques novateurs n'y manquent pas. Trois exemples parmi d'autres.

En Indre, à deux pas de Châteauroux, aux portes du Parc naturel régional de la Brenne, se développe un projet qui place "l'environnement et la nature en pôle position" (1). Un jardin public? Une réserve naturelle? Un village de vacances écolo? Un Futuroscope axé sur la nature? Mieux que cela: le "Pôle des sports mécaniques du Centre". Le promoteur entend créer une piste asphaltée de trois kilomètres de long, ainsi qu'une piste pour les essais de constructeurs et des compétitions auto et moto, plus toutes les infrastructures nécessaires à ce type d'activité. Le tout sur 80 hectares, entre deux étangs. Sur l'une des pistes, les véhicules pourront atteindre la vitesse de 270 km/h. La nature? Elle sera préservée au maximum, assure le promoteur qui plantera, en plus de l'existant, des arbres, des arbustes et des haies. Même sur les parkings. Et, assure-t-il, "les bulldozers ne passeront pas quand ils veulent: ils laisseront les cistudes (2) et les tritons se reproduire". Les véhicules de course en feront-ils autant? Arrêtera-t-on les compétitions pour laisser les batraciens traverser la piste? Non, le promoteur a pensé à tout: "les véhicules qui seront utilisés sur les différentes pistes ne devront pas dépasser le seuil légal de 95 décibels, soit le bruit d'une tondeuse à gazon" (3). Et ça, c'est vraiment génial, parce que si vous avez cinq, dix, quinze tondeuses à gazon qui tournent à longueur de journée, les animaux resteront terrés là où ils sont à l'abri. Et la nature sera préservée. Les habitants? Ils vivent loin de là, paraît-il. En tout cas, à plusieurs centaines mètres. Et on érigera des merlons pour atténuer le bruit (4). L'environnement et la nature en pôle position, on vous dit.

A Gonesse, en région parisienne, se prépare "une expérience à 360°". Préparez vos mouchoirs, nous y serons, à tout moment, dans l'émotion: "show emotion, pop emotion, sun emotion, hype emotion, xtrm emotion, zen emotion". Tout cela à la fois. S'en remettra-t-on? Notre cœur tiendra-t-il le coup? On se le demande.
De quoi s'agit-il? Salle de spectacle? Cinéma? Centre de bien-être? Pratiques sportives? Tout cela à la fois et bien plus encore. On trouvera à Europacity (5) des boutiques de luxe, des jardins de cueillette, des manèges, des hôtels, des fast food et des restaurants bio, un parc des neiges, des magasins, des auberges de jeunesse, des salles de spectacle, un parc aquatique et tout ce qu'on n'ose même pas rêver. On pourra même, incroyable mais vrai, participer à des "pique-niques géants". Ce sera "le nouveau quartier des loisirs", il se construira(it) sur 80 ha de bonnes terres, dernier espace agricole aux portes de Paris. Les gens qui veulent dépenser leur argent auront là l'embarras du choix.  

Près d'Orléans vient de s'ouvrir un hôtel d'un type nouveau en France. Un hôtel qui fonctionne en auto-suffisance? Où on paie en fonction de ses revenus? Un hôtel en papier, en bambou, en plastique recyclé? Mieux que tout cela: un hôtel pour chiens et chats (6). Il n'y a aucune raison que ces gentilles petites bêtes ne puissent vivre ce que vivent leurs maîtres. Salle de jeu, piscine, chambre avec vue, ils bénéficient de toutes les commodités. Et leurs maîtres ne les abandonnent pas tout à fait, puisqu'ils peuvent en permanence les surveiller par web-cam. Et continuer ainsi à vivre tranquillement, le nez sur leur tablette, sans être dérangés par les sdf et les mendiants, pour voir combien Rex et Poussette sont heureux.

On voit par là qu'il faut garder le sourire et rester optimiste. Que la vie est belle et l'avenir radieux. Quels esprits chagrins oseraient encore parler de crise?

(1) La Nouvelle République, 23 octobre 2014. Voir le site des opposants: http://tourneix-adest.org
(2) les tortues typiques de la Brenne.
(3) en France, le niveau maximal d'exposition, soit celui à partir duquel une exposition prolongée peut endommager l'audition, est de 80 db.
(4) Des amis qui vivent à dix kilomètres de Pau m'assurent que, de chez eux, ils entendent le bruit de la course automobile qui se joue chaque année dans les rues de cette ville.
(5) www.europacity.com. Réécoutez l'émission "Comme un bruit qui court" (27.09.2014):
www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-la-carotte-ou-le-beton-encore-des-maquisards-bretons-et-un-voyage-
Le projet Europacity, mené par le groupe Auchan, ressemble furieusement, au "Projet de Centre européen des Sports de Glisse et de Nature", qui entendait se développer à Maubray (Belgique) et dont il fut souvent question dans ce blog. Voir www.c-i-a-o.eu/
(6) France 3 Centre, Journal, 24 octobre 2014, 19h.

vendredi 24 octobre 2014

Défonceuse de portes ouvertes

La fille à papa Le Pen a été se pavaner à Calais. Il faut le reconnaître: elle a l'art de le faire. La ville connaît, plus que jamais, un afflux de demandeurs d'asile qui rêvent de rejoindre la Grande-Bretagne. Leur abandon à eux-mêmes, leur désespoir, leur promiscuité, leur misère provoquent des bagarres entre eux. La fille à papa Le Pen les trouvent inacceptables. Elle parle des bagarres. Pas du désespoir, ni de la misère ou de l'abandon. Elle a la solution - on n'y avait pas pensé: que ces gens restent chez eux (1). Si on la suit, on comprend que les Syriens, par exemple, devraient rester dans leur pays, ils y sont si bien, sous la protection du fils à papa el-Assad, un homme respecté par le parti de la famille Le Pen. Entre fille et fils à papa, on se soutient. Remerciera-t-on jamais assez la fille à papa Le Pen d'avoir ainsi permis à tout un pays d'avancer vers une solution si sensée? Finalement, cette défonceuse de portes ouvertes n'a qu'un but dans la vie: les cadenasser.
On se permet une suggestion à cette grande âme: qu'elle suive une formation à l'Entraînement mental (2). Elle penserait alors à analyser les causes des problèmes avant d'avancer - d'emblée - des solutions. Mais elle doit savoir qu'elle entrerait alors dans la complexité des situations, dans la nuance. Elle ne tiendrait plus des propos de comptoir, elle ne serait plus alors la fille à papa Le Pen. Qui serait-elle?

Post-scriptum: des propos de comptoirs, il en fut question également dans l'excellent billet de François Morel de ce matin sur France Inter. 

(1) France Inter, Journal, 24 octobre 2014, 13h.
(2) http://www.entrainement-mental.info/

jeudi 23 octobre 2014

Pyrrhus de Eerste

Bart De Wever n'est pas content. Il n'apprécie pas les attaques pour racisme dont a fait l'objet le secrétaire d'Etat Théo Francken, membre de son parti, la NVA (1). Elles l'empêchent "de (se) concentrer sur les problèmes de ce siècle". On voit par là qu'on encombre les débats fédéraux de broutilles alors que le président de la NVA a de grandes ambitions. Quels sont ces problèmes auxquels il entend s'attaquer? On s'interroge.
Pas le racisme visiblement. Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Théo Francken - qui pratique l'humour de comptoir (2) - peut cracher tant qu'il veut, faire "de l'ironie", son président ne voit dans les réactions que suscitent ses propos que "foutaises francophones". Il se pose en victime, comme un vulgaire parti d'extrême droite.
La nécessité de soutenir une politique culturelle forte ne fait pas non plus partie de ses priorités. Au contraire. "Chaque fois que la NVA est au pouvoir, que ce soit à Anvers ou au gouvernement flamand, le budget de la culture fut particulièrement visé", écrit Guy Duplat (3). C'est le cas maintenant des institutions publiques fédérales qui vont perdre de 15% à 30 % de leurs subsides.
Le grand problème de ce siècle, pour Bartje, est sans doute l'enfermement de la Flandre dans la Belgique. Il est temps qu'elle prenne son indépendance. Il devrait pourtant se méfier et mettre ailleurs ses priorités: selon certaines études (4), 6% du territoire belge, et plus précisément flamand, vont se retrouver sous le niveau de la mer à la fin du siècle. "Et si le rythme de l'élévation (du niveau de la mer) s'accentue, écrit la Libre Belgique, ce sont 660.000 personnes qui habiteraient dans des zones à risque" et pourraient être régulièrement victimes d'inondations. Soit un peu plus de 10% de la population flamande. Celui qui se voit déjà empereur de Flandre pourrait se faire appeler Pyrrhus Ier.

(1) www.lalibre.be/actu/politique-belge/bart-de-wever-puis-je-s-il-vous-plait-me-concentrer-sur-les-problemes-de-ce-siecle-544396b43570102e50906fac
(2) www.lalibre.be/actu/belgique/theo-francken-zut-meme-quand-on-a-bu-la-zwarte-piet-il-reste-noir-544376233570102e509056a4
(3) www.lalibre.be/culture/politique/la-culture-federale-frappee-de-plein-fouet-comme-jamais-5448a7e23570a5ad0edd049d
(4) www.lalibre.be/actu/planete/6-du-territoire-belge-sous-le-niveau-de-la-mer-a-la-fin-du-siecle-5434bf19357030e61044fdf1


lundi 20 octobre 2014

Art (et) brut(es)

Qu'est-ce que l'art? Rares sont ceux qui peuvent répondre clairement à la question. En revanche, ils sont nombreux ceux qui peuvent décréter ce qui n'est pas de l'art et s'attaquer aux œuvres et aux artistes. L'extrême droite s'en est fait une spécialité. Un œuvre plastique de l'artiste américain Paul Mc Carthy, installée à Paris à l'occasion de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac), a été dégonflée. A force d'être gonflé, voilà ce qui arrive à l'art. L'auteur a été agressé physiquement. C'est que certains ont vu dans cette œuvre intitulée "Tree" un sextoy. Plus précisément un "plug anal". Ils étaient nombreux - et j'en étais - ceux qui ignoraient l'existence de ce type de jouet. Les personnes rétives à l'art, par contre, le connaissent. On voit qu'on a là affaire à des gens cultivés.
On ne peut, disent-ils, accepter sur la place publique ces érections qui choquent l'œil. Mais toute sculpture est érigée, répondent les spécialistes en art. Faudra-t-il demain abattre l'Obélisque de la Concorde, la Colonne Vendôme ou la Tour Eiffel pour plaire à ces talibans français?
On a évidement parfaitement le droit de ne pas aimer telle ou telle création considérée comme artistique et le dire. Autre chose est de s'y attaquer physiquement.
La France ne sort pas grandie - cela devient une habitude - de ce type d'incident. Mais la Belgique n'est pas en reste. En témoignent les nombreux commentaires d'internautes qui étalent leur haine de l'art, par exemple sur le forum de la Libre Belgique (1), et leurs opinions réactionnaires. Reconnaissons-leur, à eux aussi, une certaine culture. Celle du Café du Commerce.
Plutôt que de les lire, mieux vaut lire les commentaires de Libé (2) ou écouter ceux de Sophia Aram (3).

(1) www.lalibre.be/light/societe/paul-mccarthy-renonce-a-reinstaller-son-oeuvre-polemique-vandalisee-a-paris-5442475f35706c71768a2e73
(2) http://next.liberation.fr/arts/2014/10/19/place-vendome-paul-mccarthy-unplugged_1125220
(3) ce lundi 20 octobre, 8h55: http://www.franceinter.fr/depeche-direct-video-suivez-le-direct

A lire aussi: http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/10/19/bataille-plug-anal-prolongement-manif-tous-255575

vendredi 17 octobre 2014

Festival du rire

Contrairement à ce que j'affirmais dans mon billet précédent, il n'y a pas de différence entre Flamands et francophones. L'ensemble du nouveau gouvernement belge partage un même humour. Afficher dans ses priorités la tolérance zéro pour le racisme et nommer secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration un homme qui a des positions clairement racistes (1) témoigne d'un certain humour. Qui, allez savoir pourquoi, ne fait pas rire tout le monde. Théo Francken est "la valeur retirée" du gouvernement. Il fait perdre, d'emblée, toute crédibilité au gouvernement. La NVA l'a-t-elle fait nommer à ce poste pour écœurer les francophones et les convaincre que, décidément, il vaudrait mieux se séparer?
En attendant, la confiance au gouvernement a quand même été votée. Il ne manquait qu'une voix: celle de Bart De Wever. Il est en Chine en tant que bourgmestre d'Antwerpen (2). Quoi, cet homme cumule comme un de ces vulgaires socialistes wallons qu'il vomit? Quel humour!

(1)
www.lalibre.be/actu/politique-belge/quand-theo-francken-tenait-des-propos-brulants-sur-les-diasporas-marocaine-et-congolaise-543eb8ea3570102e508fa62f
www.lalibre.be/actu/politique-belge/nouvelle-archive-de-theo-francken-sur-les-petits-cons-de-marocains-5440f5e535706c717689fe88
(2) www.lesoir.be/683043/article/actualite/belgique/elections-2014/federales/2014-10-17/toute-majorite-vote-confiance-michel-sauf…-bart-wever

mercredi 15 octobre 2014

Humour noir (et brun)

Certains Flamands ne cessent de le dire: les deux principales communautés de Belgique ont des cultures trop différentes pour qu'existe une cohabitation harmonieuse entre elles. Donc, mieux vaut divorcer, estiment-ils. On a longtemps pu considérer cette analyse comme abusive, prétexte à leurs discours séparatistes. Mais nous voilà forcés de constater qu'ils ont raison. Nous n'avons pas le même humour.
Le gouvernement fédéral est à peine formé qu'un de ses secrétaires d'Etat, le NVA Théo Francken, se fait rudement secouer par l'opposition. Il faut dire qu'aller célébrer, même à l'occasion de ses negentig jaren, un ancien collabo des nazis, membre actif - en son temps - du VNV et co-fondateur de la milice fasciste VMO, ne donne pas de vous une image de démocrate. Surtout si, dans la foulée, ressortent des courriels que le même Francken a envoyés, en 2007, conviant des amis à une réunion "pour signer les grandes lignes de la gestion (et surtout de la fin) de notre pays". Il avait menacé ceux qui seraient trop bavards sur l'existence de cette réunion d' "une balle ou d'une petite nuit avec Christian Duthoit" (une personnalité homosexuelle connue en Flandre, nous dit-on). L'organisatrice de cette réunion: une "amicale", présidée par Francken et baptisée VNV (pour Vlaamse-Nationale Vriendenkring), les mêmes initiales que le groupement collabo créé par des nationalistes flamands pendant la Seconde guerre mondiale.
Mais tout cela, ce n'était que des messages "au ton ironique", nous dit aujourd'hui celui qui vient d'être nommé (pour combien de temps encore?) secrétaire d'Etat. Bref, vouloir mettre fin à la Belgique, créer une association qui fait référence à la collaboration et surtout menacer de mort des "amis", c'est de l'humour. Avouons qu'il nous a échappé.
Mais franchement qu'est-ce que Charles Michel a été faire dans cette galère? 

Lire l'intéressante analyse de Guido Fonteyn:  http://www.lalibre.be/debats/ripostes/la-n-va-est-elle-un-parti-d-extreme-droite-543d730d35706c7176894662

www.lalibre.be/actu/politique-belge/polemiques-autour-de-jan-jambon-et-theo-francken-des-foutaises-francophones-selon-bart-de-wever-543d78813570102e508f6f26#media_1

www.lesoir.be/680703/article/actualite/belgique/elections-2014/federales/2014-10-15/affaire-francken-des-foutaises-pour-bart-wever#

http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/le-leader-socialiste-au-pe-exprime-sa-vive-preoccupation-sur-les-cas-francken-et-jambon-543e55be3570102e508f8c8b

lundi 13 octobre 2014

De l'indignation

Un avis, encore un, en écho aux réflexions de toutes les âmes bien pensantes qui aiment croire que tout est simple, qu'il y a d'un côté ces méchants musulmans de Daech et les gentils partout ailleurs. L'avis donc de Hassan Jamali, auteur de Coran et déviations politiques (1). "Un grand malaise, écrit-il (2) s'installe parmi les musulmans, dans les pays musulmans et aussi dans les pays occidentaux où vivent des musulmans. Dans les pays musulmans, les groupes islamistes représentés par les Frères musulmans critiquent Daech sans avouer que ce dernier ne fait qu'appliquer, à sa façon, leur théorie de l'Etat islamique à construire." L'auteur exprime son malaise face à l'indignation du grand mufti de La Mecque qui condamne l'EIIL pour des pratiques "contraires à l'islam", mais pas l'Etat saoudien qui vient de condamner à dix ans de prison, mille coups de fouet et l'équivalent de 214.000 euros un jeune homme qui défendait la liberté religieuse. Il constate que le grand mufti ne dit pas en quoi l'idéologie des groupes djihadistes diffère de celle du pouvoir saoudien. Il rappelle que "le pouvoir des talibans et d'autres autorités islamiques n'ont pas provoqué beaucoup d'indignation, chez les musulmans, malgré les exécutions des penseurs ou la lapidation des femmes adultères, ou lorsque ces pouvoirs imposaient le port du voile à toutes les femmes de leur pays". Il rappelle que de trop nombreux musulmans, même dans des pays occidentaux, ont appelé à mettre à mort Salman Rushdie ou les dessinateurs de caricatures du prophète. C'est la domination de la doctrine intégriste wahhabite sur l'islam aujourd'hui qui explique, selon lui, le malaise provoqué par le succès de Daesh et la participation de milliers de jeunes Occidentaux au djihad.
Hassan Jamali termine son article par un appel: "Les conditions minimales d'un islam moderne (et non pas modéré) sont les suivantes: il suffit de croire en Dieu et en son prophète pour être musulman; rompre tout lien entre politique et religion; désacraliser le texte coranique; déclarer que les versets violents sont inopérants; et déclarer caduques les lois de la charia".
Dans le même temps (et le même Courrier international), un journaliste saoudien, Shagran Al-Rashidi (3), appelle à classer comme criminels les propos tenus sur Internet, et notamment sur Facebook, par des groupes athées et en particulier l'Association des athées saoudiens. Criminels justes parce qu'ils osent mettre en doute l'existence de Dieu.

A propos de la participation de jeunes Occidentales au djihad, le billet de Sophia Aram, sur France Inter ce matin: www.franceinter.fr/emission-le-billet-de-sophia-aram-malala-vs-les-dindes

(1) (Editas, édition de l'AS - co-auteur aussi de Religions et laïcité (Fides)
(2) L'Arabie saoudite au banc des accusés, publié par Le Devoir, Montréal, 15 septembre 2014, in Le Courrier international, 2 octobre 2014.
(3) Au secours, notre jeunesse se détourne de l'islam, publié par Sabq (site internet), Riyad, 18 août 2014, in Le Courrier international, 2 octobre 2014.

dimanche 12 octobre 2014

En avoir ou pas

Le Gouvernement français a un projet, les philistins roses l'ont bien compris: la théorie du genre. L'école sous François Hollande a désormais pour mission de transformer les petites filles en petits garçons et inversement. 
Mais voilà qu'on se rend compte que ce grand dessein n'est pas neuf, que cette grande entreprise de transformisme doit remonter, au moins, à l'époque de Giscard. C'est Brigitte Bardot qui nous a ouvert les yeux. Lors d'une émission que France 2 lui a récemment consacrée, elle a dit son admiration pour Marine Le Pen, parce que, dit-elle, "elle a des couilles". Bon sang, mais c'est bien sûr, voilà pourquoi elle ressemble tant à son père. Marine Le Pen, c'est un homme, un vrai, qui a une conduite virile.

Sauf en voiture, qu'elle conduit très prudemment. Elle a perdu son permis de conduire, à cause de vitesses excessives (elle a été flashée sept fois) et d'un feu rouge grillé et elle n'entendait pas payer les frais de l'avocat qu'elle a engagé pour tenter de faire annuler ce retrait de permis (1). Mais ces infractions sont "toutes imputables à des tierces personnes", a-t-elle écrit au Canard enchaîné qui ne la croit pas. "Ces infractions ne sont imputables à personne d'autre qu'à Le Pen Marine, et cela pour une raison simple, que cette grande avocate ne peut ignorer: elle a payé ses PV (enfin quasi tous), ce qui revient à reconnaître définitivement qu'elle est l'auteure des infractions. Sinon, il lui suffisait de contester chaque PV, tout en refusant de dénoncer le vrai conducteur. Après vérification (photo, emploi du temps, etc.), elle n'aurait eu qu'à payer les amendes mais n'aurait perdu aucun point. Tous les automobilistes savent cela. Mais pas Jeanmarine." (2)
Elle trouve "honorable de (sa) part de ne pas avoir dénoncé les coupables", mais elle n'hésite pas à balancer sa propre mère: c'est elle, prétend-elle, qui a grillé un feu rouge au volant de la voiture de sa fille.
Par ailleurs, elle a enfin fait payer son avocat suite à l'enquête du Canard. Le règlement de ces frais a été assumé non par elle, mais par le FN. Les militants du parti des imbéciles heureux qui sont nés quelque part savent-ils que leurs cotisations servent, notamment, à payer les frais d'avocat de leur présidente, frais engagés pour irrespect du code de la route?

Finalement, on se pose une question. Pas celle de savoir si la fille à papa Le Pen a hérité des couilles de celui-ci, mais ce que peut signifier d'en avoir.

C'est pas moi,
C'est les autres,
Les autres,
Les autres.
Abd Al-Malik

(1) lire sur ce blog "Roule, ma poule", 2 octobre 2014
(2) Le Canard Enchaîné, 8 octobre 2014.

vendredi 10 octobre 2014

Le coq qui ne fait pas son âge

Le député UMP Julien Aubert ne fait pas son âge. On lui donnerait 35 ou 40 ans, alors qu'il est visiblement du début du XXe siècle, d'une époque où les fonctions présidentielles étaient occupées par les seuls hommes. A l'Assemblée, il refuse obstinément de s'adresser à la présidente de séance en l'appelant "Madame la présidente". Il lui donne du "Madame le président", se réfugiant derrière les règles de l'Académie française et estimant que "Madame la présidente" désigne l'épouse du président (1). Le message caché derrière son refus de respecter les règles de l'Assemblée est le suivant: "Femmes, à la maison!".
Imaginons un instant que Julien Aubert ne soit président d'aucune instance, mais que son épouse le soit. On devrait, selon sa logique, l'appeler, lui, Monsieur la présidente. Allez, Julien à la maison!

(1) http://rue89.nouvelobs.com/rue69/zapnet/2014/10/07/madame-president-insiste-depute-ump-resultat-rappele-a-lordre-comme-ado-255328

A lire sur ce blog: "Il ou elle", 28 août 2014.
Lire aussi: http://rue89.nouvelobs.com/2014/09/26/sexisme-mariee-jai-bataille-a-banque-conserver-nom-254998