jeudi 9 septembre 2010

On n'échappe pas à sa culture

Le lecteur attentif de ce blog aura appris que le dossier du projet dit "centre de glisse" a connu, en avril dernier, une évolution importante: le Gouvernement wallon a accordé son feu vert à la modification du plan de secteur, ouvrant ainsi la voie à ce projet requalifié de "centre de loisirs Nature et Sports". Le Ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire, Philippe Henry, se réjouissant du franchissement de cette étape et constatant que tous les acteurs étaient satisfaits de l'accord, avait appelé à la paix des braves et incitait tous les protagonistes à poursuivre la concertation dans un esprit de dialogue et de collaboration.
La phase administrative suivante consiste en l'établissement d'un R.U.E. Entendez par là Rapport urbanistique et environnemental. C'est la Ville d'Antoing qui en a la responsabilité. Il doit, une fois établi, être approuvé par le Gouvernement wallon.
Un comité d'accompagnement travaille à ce R.U.E. Et voilà qu'on apprend que la composition de ce comité d'accompagnement est réservée par la Ville d'Antoing à ses propres représentants, à ceux des promoteurs, du fonctionnaire délégué, du cabinet du ministre-président de la Région wallonne et de l’intercommunale IDETA à qui la Ville a confié l'établissement du dit R.U.E. Bref, la commune se fait accompagner de camarades. Les compagnons qui ont des expertises en matière environnementale sont laissés sur le carreau.
Antoing est pourtant l'une des six communes membres du Parc naturel des Plaines de l'Escaut. Le Parc a plusieurs fois remis des avis très fouillés sur le projet. Fouillés et critiques. Voilà qui suffit à l'éviter. La Ville cotise pour être membre du Parc et bénéficier de son action, de ses études et conseils, mais ne souhaite pas mettre d'obstacles sur la route de promoteurs qu'elle vénère autant que son cher prince. La Ville d'Antoing est schizophrène. Voilà longtemps que le mal a été identifié. Mais elle ne se soigne pas.
Elle n'a pas songé non plus à inviter, au sein du Comité, des représentants de l'administration wallonne (la DGATLP et à tout le moins la Division Nature et Forêt). Pas plus qu'à inviter des spécialistes en matière d'eau, d'énergie, de mobilité ou des représentants de l'ADEPS. Et elle a oublié les communes voisines de Péruwelz et de Brunehaut, pourtant jusqu’ici toujours étroitement associées aux réflexions sur le projet.
Elle a oublié d'inviter un représentant du Ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, lui préférant un représentant du Ministre-président, Rudy W.P. Demotte. En l'occurrence, ce sera une représentante, selon toute vraisemblance. Celle qui a toujours suivi le dossier pour le cabinet pour mieux le maîtriser ensuite à la CRAT. Même si la double casquette qu'elle porte ainsi est contraire aux règles.
Voilà ce qu'on appelle un dossier sous contrôle. On ferme portes et fenêtres. Ainsi le veut la culture du Ps. On ne se refait pas. Mais pourquoi se refaire quand le parti triomphe aux élections et plus encore dans les sondages?

lundi 6 septembre 2010

Faut-il enfiler une burqa pour parler de l'islamisme?

Ce billet-ci est écrit à voix basse. Discrètement. Car les gens dont il est question ont de grandes oreilles. De grands yeux. De grands bras, ma mère grand! Et ils sont très susceptibles. Voire menaçants. La discrétion est donc de mise. La tribune publiée par Claude Demelenne dans LLB de ce samedi 3 septembre ne manque pas d'inquiéter. Même s'il faut convenir que ses propos sont, hélas, peu surprenants pour qui suit un peu ces questions. Son texte s'intitule: "Mon crime: je dénonce l'islamisme en Belgique". Demelenne a co-écrit l'an dernier avec Alain Destexhe un petit livre qui a pour titre: " Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac". Ils ont eu grand tort. Claude Demelenne explique que "après chaque article mettant en garde contre une poussée d'un islam peu tolérant", il a "eu droit à des attaques courageusement anonymes sur Internet. (Ma) photo a commencé à circuler sur Facebook, affublée de qualificatifs de plus en plus orduriers: "raciste", "facho", "renégat", petit blanc haineux", "dégueuli humain" (sic), etc.". On voit par là que la passion haineuse est peu favorable à l'orthographe. Ce qui est à la fois un tort et un signe qui ne trompe pas. Demelenne explique que "certains amis de gauche ont pris leurs distances", que "certains sympathisants de la gauche de la gauche ont coupé les ponts avec (lui), changeant de trottoir quand ils (le) croisaient." Qu'un de ses anciens collègues lui a même reproché ses prises de position "nauséabondes". Les insultes ont redoublé à la sortie de son opuscule avec Destexhe. Philippe Moureaux, jamais avare d'une saillie excessive, l'a traité de "collaborateur de l'extrême-droite". Il s'est vu déguisé en Degrelle dans un montage vidéo posté sur Internet. "La machine à fasciser, nazifier, lepéniser, a tourné à plein régime", dit-il. "Je suis abasourdi par le deux poids, deux mesures pratiqué par certains petits cercles de gauche: impitoyables - et c'est indispensable - pour contrer l'extrême droite classique. Mais très complaisants vis-à-vis de l'extrême islamiste", ajoute-t-il. Il y a là effectivement matière à abasourdissement. Cette vieille gauche anti-colonialiste prend systématiquement le parti des barbus. Oubliant que la religion, surtout dans ses versions intégristes, est un redoutable outil de colonisation des esprits. Face aux attaques incendiaires et inquiétantes dont Demelenne est l'objet, on imagine des ayatollahs rire dans leur barbe.
Il rappelle qu'il n'a jamais critiqué l'islam, mais "ses fractions extrémistes". Cette utilisation politique de l'islam. "L'islam est une religion, l'islamisme une idéologie. Par conséquent, l'islamisme n'est pas l'islam mais plutôt un travestissement malsain de cette religion monothéiste. Ainsi toute lutte doit-elle cibler, non pas la religion musulmane, mais l'idéologie islamiste. Une idéologie qu'il nous faut combattre en lui opposant des valeurs de justice, de droit, de liberté et de démocratie." Ce n'est plus Claude Demelenne qui s'exprime, mais le journaliste algérien Mohamed Sifaoui (1). Est-il "raciste"? Est-il un "petit blanc haineux"? Il ajoute que "qualifier l'islamisme de fascisme n'est ni un abus de langage ni un dérapage. Des travaux extrêmement sérieux ont démontré l'existence de profondes similitudes entre le nazisme et l'islamisme contemporain.(2)"
Mais la gauche de la gauche a choisi le camp des islamistes: ils s'opposent aux grands méchants américains. La gauche de la gauche aime faire simple. Et ne craint pas les incohérences. Les autres ne craignent pas de mettre la tête dans le sable.
A suivre...

(1) Mohamed Sifaoui: Combattre le terrorisme islamiste, Grasset 2007
(2)Entretien de l'auteur avec Mehdi Mozaffari, (Est-il "raciste"? Est-il un "petit blanc haineux"?) universitaire danois et professeur de sciences politiques, qui a réalisé une étude comparative entre le fascisme et l'islamisme.

Pire que pire, triste que triste

Dans la crise que traverse la Belgique et qui tourne un peu en rond, la presse s'est trouvé un os à ronger. Quelques associations de défense de l'environnement, inconnues au bataillon, crient haro sur le baudet Henry. C'est le pire ministre de l'environnement et de l'aménagement du territoire qu'on n'ait jamais eu, disent-elles. Elles lui reprochent d'avoir remis un avis tantôt trop tard, tantôt trop tôt, par rapport à l'un ou l'autre dossier. J'ai été collègue de Philippe Henry quand nous étions parlementaires. Nous n'étions pas amis. Mais prenons le dossier de ce qui s'appela longtemps le projet de centre de glisse de Maubray. Critiqué de toutes parts pour son incohérence, voire sa bêtise, ce projet avait le soutien implicite tant du Ministre-Président Demotte (l'homme qui ne dit ni oui ni non) que du Ministre de l'Aménagement du territoire de l'époque, André Antoine, qui refusa tout contact avec les opposants. Le Ministre de l'Environnement d'alors, Benoît Lutgen, ne cachait pas son malaise, mais avait appris à se taire. Prudemment. Puis Philippe Henry prit en charge ces deux matières et son cabinet et lui-même rencontrèrent tous les acteurs, y compris les opposants, et amenèrent tous les protagonistes du dossier de Maubray à une ferme et claire solution de compromis que n'avaient pas osé envisager les autruches qui avant lui géraient les mêmes matières. Malgré tout, Philippe Henry est décidément donné comme le maillon faible (1). Il serait le pire de tous, à entendre ces environnementalistes sortis d'on ne sait où qui ont visiblement oublié le sinistre Happart qui avait réussi à se faire honnir même des chasseurs. Lui qui est l'incarnation du Nemrod wallon. Régulièrement, Henry est l'objet de critiques dont on ne connaît jamais clairement l'origine. N'est-ce pas lui qui eut l'audace de refuser ce beau projet socialibéral de Citta Verde à Farciennes? Qui est aujourd'hui derrière ces petites associations qui l'attaquent à la tronçonneuse? Le MR? Le PS? C'est que, s'il s'agit d'éliminer Ecolo du grand raout fédéral et, partant, des majorités régionale wallonne et communautaire francophone, il faut bien trouver une raison. Ou un responsable. Et la presse de tendre son micro derrière la meute.

(1) lire le billet du 13 février 2010 intitulé "Wallonie, le pays qui dit oui à tout"

dimanche 5 septembre 2010

Et la tendresse, gordel?

"Chaque lapin dans son clapier", déclarait ce soir au JT de France2 un participant au Gordel, voulant signifier ainsi que Flamands et Francophones doivent vivre séparés. Ce qui - on doit bien l'admettre - ne sera pas une mince affaire à Bruxelles et dans les communes de la périphérie où le mélange s'est plus ou moins bien opéré. Mais soit, imaginons. Et observons deux lapins, chacun dans son clapier. Que constatons-nous? Ils ne communiquent pas entre eux. Ils ne se reproduisent pas. Ils finissent à la casserole.
Un autre participant estimait que nous sommes décidément deux peuples aux cultures trop différentes que pour pouvoir vivre ensemble. Mes voisins et moi aussi avons des cultures différentes. Je suis sûr que nous n'avons pas les mêmes lectures, que nous n'écoutons pas les mêmes musiques, que nous n'apprécions pas les mêmes films. Que faire? Dois-je leur demander de s'installer sur le trottoir d'en face?
La volonté de certains Flamands de scinder l'Etat belge est lamentable, mesquine, égoïste, individualiste et stupide. Les mots manquent. En un mot, elle est insensée. En ce sens qu'elle n'en a pas. De sens. On attend que se manifestent les intellectuels, les artistes, les associations de Flandre. Que la Flandre sorte de l'hystérie collective qui semble la gagner. A l'heure de l'Union européenne, la désunion de la Belgique serait rétrograde. On ne sait si on pourrait compter les pas en arrière sur les doigts d'une seule main. Qu'attend l'Union européenne pour signifier aux chantres de la Vlaamse republiek qu'elle ne la reconnaîtra jamais ? Si les Flamands ne veulent plus faire preuve de solidarité avec les francophones, pourquoi en témoigneraient-ils avec les régions les plus pauvres d'Europe? Demain, la Vlaamse kust? S'ils la veulent pour eux seuls, qu'ils la gardent pour eux seuls. Nous les prendrons au mot.
En attendant, le promeneur des rivages observe les péniches qu'il voit passer sur les voies navigables. Elles viennent de France, des Pays-Bas, de Wallonie, de Flandre. Que constate le promeneur? Que parmi les flamandes, identifiables au nom de leur port d'attache écrit à côté de leur nom, elles sont extrêmement rares celles qui arborent le drapeau flamand. Qu'en conclut-il? Que les bateliers sont peu sensibles au droit du sol et ont peu le sens des frontières. Et le promeneur de souhaiter quarante jours de déluge. Au moins.

samedi 4 septembre 2010

LA politique et LA télé

A un moment, elles étaient quatre sur le plateau du JT de la RTBF ce 3 septembre - et rien que quatre - pour commenter la crise. Deux journalistes, Nathalie Maleux et Johanne Montay, accueillaient deux politiques, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet. On voit par là que la politique et son traitement à la télé ont bien changé. Il y a vingt ans encore, on n'y aurait vu exclusivement que des hommes en cravate.

vendredi 3 septembre 2010

Mijnheer neen

Chaque matin, le Belge se réveille angoissé. Est-il toujours Belge? C'est la question qui l'assaille. Est-il désormais uniquement Flamand ou Wallon ou Bruxellois ou Germanophone? Ou veuf? Ou orphelin de la mer du Nord ou de l'Ardenne? Il allume sa radio, va chercher son journal. Barak Obama tente-t-il d'amener Elio Di Rupo et Bart De Wever à se reparler? Hillary Clinton a-t-elle su trouver les mots qui apaisent? Yves Leterme fait-il toujours fonction? Refuse-t-il toujours tout commentaire? Le Belge devient insomniaque. Le francophone fait des cauchemars. Il voit Bart De Wever en Gilles de Rais. L'homme est boulimique, insatiable. Il veut tout, n'en a jamais assez. Il engloutit toujours plus. De frites, de gaufres, de transferts. Les transferts passent mieux avec de la mayonnaise. Le soir des élections du 13 juin, il relevait que septante pour cent des Flamands n'avaient pas voté pour la NVA. Il déclarait qu'il ne réclamerait pas de révision de la loi de financement et qu'il était d'accord pour un refinancement de Bruxelles. Aujourd'hui, il estime que les propositions qui étaient sur la table ne conviennent pas aux Flamands. Il parle au nom de tous les Flamands. Il avale même sa parole. C'est le comble de la boulimie. Mais il n'est pas responsable de la crise, assure-t-il. Il appelle à ne pas dramatiser. Le Belge ne dramatise pas. Il reprend des frites. Même s'il sent que son pays dégage une odeur de pourriture. Qu'il va mal. "Le pays va mal / Mon pays va mal / Mon pays va mal / De mal en mal / Mon pays va mal / Avant on ne parlait pas de nordiste ni de sudiste / Mais aujourd'hui tout est gâté / L'armée est divisée / La société est divisée / Même nos mères au marché sont divisées " (*). Le Belge se sent ivoirien. Il ne sait pas pourquoi. Il ouvre une boîte d'ananas.

(*) (Tiken Jah Fakoly).

Francorstop!

Maintenant, ça suffit! Que les pilotes de Formule 1 aillent tourner en rond ailleurs qu'à Spa-Francorchamps! Qu'on mette fin à ce grand prix inutile, polluant et dispendieux! On s'en doutait, le nombre de spectateurs cette année n'a - une fois de plus - pas été suffisant pour permettre aux organisateurs de boucler leur budget. Il leur fallait 65.000 spectateurs, comme l'an dernier il en est venu 52.000. Mais qu'importe, la Région wallonne - qui rivalise avec Monaco et ne sait que faire de son argent - comblera à la fois la différence et ce gentil mécène de Bernie Ecclestone. Elle avait d'ailleurs déjà allongé tout récemment cinq millions d'euros aux organisateurs.
52.000 spectateurs, c'est risible à côté des 300.000 de Werchter ou des 120.000 de Dour. C'est les deux tiers du nombre de spectateurs de Couleur Café (76.000), 8.000 de moins qu'aux Ardentes de Liège. Où sont tous ces hystériques qui en 2003 appelaient à pendre les écologistes, parce qu'Ecolo avait le culot de refuser de faire une exception dans la loi-anti-pub-tabac pour les grands prix automobiles? Le grand prix de Francorchamps était le fer de lance de l'économie wallonne, nous hurlaient-ils. Aujourd'hui, il est enfin clair que ce grand prix et les infrastructures du "plus beau circuit du monde" coûtent une fortune à la collectivité. Mais quel politique osera aujourd'hui mettre fin à ce scandale?

Je me rends compte que l'an dernier, à pareille époque, j'avais déjà écrit un billet de même teneur. Mais le Gouvernement wallon a décidément ses vaches sacrées...

mercredi 1 septembre 2010

Mes recettes pour lutter contre le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est-il toujours d'actualité ? C'est la grande question. On n'en parle plus. Ou si peu. Les vacanciers avaient la tête ailleurs. Les pieds aussi. Les avions ont été toujours plus nombreux à sillonner la planète pour transporter, à moindre comme à cher coût, de joyeux touristes. Le touriste est joyeux et insouciant. Il est ainsi fait. Pourtant, il semble que le réchauffement climatique ait été prendre des vacances du côté de la Russie, de la Chine, du Pakistan.
"Cet été est l'un des plus extrêmes en termes de climat en Russie, au Pakistan, en Chine, en Europe, en Arctique - un peu partout, en fait", écrivait dans LLB du 19 août Stefan Rahmstorf, professeur de physique des océans à l'université de Postdam. "Les températures globales des derniers mois ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis les premiers enregistrements remontant à 130 ans", ajoutait-il. "Cette décennie a été marquée par un nombre étonnant d'extrêmes." Et de rappeler la canicule de 2003 (70.000 morts en Europe), les ouragans de la Nouvelle-Orléans, les feux de forêt en Grèce, de brousse en Australie, de tourbe en Russie, les inondations en Chine et au Pakistan.
"Nous devons admettre les faits, concluait Stefan Rahmstorf, nos émissions de gaz à effet de serre sont probablement en partie responsables des extrêmes vécus cet été. S'accrocher à l'espoir que tout cela est arrivé par hasard et que tout cela est naturel semble naïf. Espérons que les extrêmes de cet été constitueront un dernier signal d'alerte pour les hommes politiques, les hommes d'affaire et les citoyens de notre planète."
Je l'ai pris au mot et me permets quelques modestes propositions qui devraient participer à la lutte contre le réchauffement climatique:
- se passer le plus possible de l'avion et taxer lourdement le kérosène, même si ça fait pleurnicher - une fois de plus - José Happart. Tout en diminuant les tarifs beaucoup trop élevés du chemin de fer. "Les gens ne pensent plus qu'en termes de destination. C'est tout juste s'ils accordent de l'intérêt au voyage", déclarait dans le Vif (14.05.2010) le journaliste américain Seth Stevenson, qui a fait le tour du monde sans prendre un seul avion. Mettre fin au just in time et aux transports imbéciles: "on transporte aujourd'hui tout et n'importe quoi, déclarait au Vif le pilote belge Xavier Bruyndonckx qui expliquait avoir opéré cinq vols par semaine en Boeing 747-400 entre le Kenya et les Pays-Bas pour transporter uniquement des roses. Avec une consommation proche des 80 tonnes de carburant.
- supprimer le Grand Prix de Francorchamps. Les journalistes nous a bassiné les oreilles tout le week-end dernier avec "le plus beau circuit du monde". C'est sûr: à la vitesse à laquelle ils roulent les pilotes ont largement l'occasion d'admirer les paysages. Remplaçons la F1 par des courses de cuistax. Les pilotes auront l'occasion de respirer l'odeur de résine. Ce sera tout bénéfice pour leurs poumons. Et pour la Région wallonne qui vient encore de verser plus de cinq millions d'euros dans ce panier percé qu'est ce magnifique grand prix sans lequel la Wallonie n'existerait pas mais dont visiblement tout le monde se fout puisque la foule attendue n'est jamais au rendez-vous. Et tant pis si ce petit changement fait pleurer Jean-Marie Happart, président de l'ISF qui gère les coûteuses infrastructures de Francorchamps aux malfaçons persistantes.
- devenir végétariens, même si ce changement de régime doit rendre malades les deux chasseurs invétérés que sont les Happart Bros. "L'industrie de la viande est aujourd'hui la deuxième émettrice de gaz à effet de serre au monde, juste derrière l'industrie de l'énergie", écrivait Weronika Zarachowicz dans Télérama (14.10.2009). "Elle en produit 18%, soit plus que tous les transports planétaires réunis (14%)! 18% émis tout au long de la chaîne de fabrication de nos steaks: depuis les engrais chimiques pour les fourrages jusqu'à l'azote de fumier, via les pets et surtout les "rots" de vaches chargés en méthane, un gaz à effet de serre vingt-cinq fois plus puissant le gaz carbonique."
- interdire de chauffer les pelouses des terrains de foot. C'est une obligation en division 1, paraît-il. En hiver du moins. C'est que les footballeurs sont des douillets.
- aboutir le plus vite possible à un accord gouvernemental en Belgique pour éviter cette ronde des voitures des présidents de parti dans le parc du château de Laeken.
- interdire à l'Eurovision l'usage des ventilateurs qui donnent une image si romantique aux blondinets dont les cheveux flottent au vent. (*)
Quelques propositions parmi d'autres. On voit par là qu'il suffit parfois de quelques idées.

(*) Cette proposition est l'expression d'une certaine jalousie, j'en conviens. Mais quand même!

Post-scriptum: la température de l'été 2010 en Belgique aura été très anormalement élevée: 18,4°, plutôt qu'une normale de 16,5°, selon Luc Debontridder de l'IRM (LLB, 01.09.2010)

vendredi 27 août 2010

Cumulet par monts et par vaux

Egaré durant quelques semaines en pleine nature au coeur de la France, je récupère mon retard en matière d'information belge. Je découvre des nouvelles un peu vieillies. Mais d'un intérêt indéniable. Et notamment celle-ci qui indique que la fédération du PS de Wallonie picarde a modifié ses statuts. Ceux du PS du Hainaut occidental interdisaient à un élu de cumuler un poste de parlementaire avec celui de bourgmestre ou d'échevin (même "empêché) d'une commune de plus de 50.00 habitants. De telles communes, Tournai et Mouscron en l'occurrence, requéraient un bourgmestre à plein temps. Requéraient. Car l'interdiction vient d'être levée au sein du PS de Wallonie picarde. Et les journalistes aussitôt de se gausser. "Le PS retourne sa veste", titre la Libre du 10 juillet. Et le Vif du 16 juillet parle d' "éthique en toc au PS picard". On sait comment sont les journalistes, critiques, voire sarcastiques. En l'espèce, ils n'ont pas compris. On sait que la règle a été modifiée pour permettre à Rudy Demotte de devenir bourgmestre de Tournai en 2013. C'est une évidence. Mais il ne s'agit pas pour lui de cumuler. Le mot est horrible. Non, le double ministre-président s'ennuie. Il a du temps à revendre. Récemment, il a été obligé de quitter Flobecq et ses collines. Il n'est pas homme d'altitude. Il est descendu dans la vallée de l'Escaut et s'est installé à Tournai. Et s'est dit qu'il pourrait utilement mettre son temps libre à la disposition des habitants de la capitale de sa chère Wallonie picarde. Tournai ne représente après tout qu'un petit crochet entre Namur où il ministre-préside la Région wallonne et Bruxelles où il ministre-préside la Communauté française. L'homme sait donner de son temps. C'est un dévoué. Et les journalistes, persifleurs, ne le comprennent pas. On voit par là que l'homme a de la ressource. Il peut s'inscrire dans l'avenir. Même à reculons.

mercredi 25 août 2010

L'insécurité expliquée à ma fille

Nos pays deviennent de plus en plus insécurisés. C'est du moins ce qu'affirme le comptoir du Café du commerce. Et il arrive, il faut le reconnaître, que certains faits donnent raison au comptoir. La solution à l'insécurité est simple. Le président français Nicolas Sarkozy la connaît, il en a identifié les responsables: en France, ce sont les Roms, les citoyens français d'origine étrangère et les parents des jeunes délinquants. L'insécurité est le fait des étrangers. Les autres font d'excellents français. L'homme qui agit avant de réfléchir a pris et va prendre des mesures.

Réagissant, en juillet dernier, aux émeutes qui ont éclaté dans un quartier de Grenoble suite à la mort d'un délinquant, il a annoncé son intention de déchoir de la nationalité française les citoyens d'origine étrangère qui attenteraient à la vie d'un policier. On voit par là bien des choses: qu'il est plus grave de s'attaquer à un policier qu'à un enfant ou à une personne âgée, que les citoyens français d'origine française ne risquent pas de perdre leur nationalité, qu'il y a, au moins, deux catégories de citoyens, même si ce n'est pas ce que dit la constitution. On voit aussi que, depuis cette mâle déclaration, les truands français d'origine étrangère se tiennent à carreau: ils ont peur. Peut-être même tremblent-ils. "Retirer sa nationalité française à un tueur de flic ou un exciseur a peu de chance d'avoir un quelconque effet sur les statistiques criminelles. Sauf à imaginer que la perspective de ne plus être français soit plus dissuasive encore que celle de passer trente ans en prison... On peut risquer l'hypothèse que le gangster moyen s'en tape", écrit le Canard enchaîné du 4 août.
Mais, au fond, qu'est-ce qu'une origine étrangère pour nous êtres humains qui descendons tous de Lucy, depuis le rift est-africain? Pour être d'origine autochtone, faut-il avoir quatre grands-parents français? Huit arrière-grands-parents? Avoir un nom à consonance française? Avoir toujours habité en France? Boire du vin à chaque repas? Lire le Figaro Madame chez le coiffeur? Rouler en Renault ou en Citroën? Porter une Rollex?
Clovis, fondateur de la monarchie franque, était Belge. Mais le savait-il? La Belgique n'était alors pas un Etat. Clovis qui fut aux origines de la France était-il d'origine étrangère? Aurait-il pu perdre sa nationalité franque pour avoir fracassé le crâne d'un de ses soldats suite à l'épisode du vase de Soissons? Et si demain la Belgique éclate et que la Wallonie est rattachée à la France, serons-nous, nous Wallons, des Français d'origine étrangère? On voit par là que le président français devrait moins écouter le comptoir du Café du commerce et beaucoup plus celui du Café de la paix.

Les Roms sont les autres responsables de l'insécurité. Il faut dire qu'il l'ont bien cherché: le 17 juillet, un jeune conducteur a été abattu par la police après un vol, alors qu'il fuyait en voiture. De colère, ses proches ont saccagé le centre de la commune de Saint-Aignan-sur-Cher. Depuis lors, l'épileptique de l'Elysée (comme on l'appelle, paraît-il, au PS français) renvoie "chez eux", en Roumanie ou en Bulgarie, des Roms par centaines. Ces derniers ne comprennent pas bien ce qui leur tombe dessus, n'étant en rien concernés par les événements du Cher: "à Saint-Aignan, ce sont des gens du voyage qui ne voyagent plus, français à cent pour cent et sédentarisés qui ont déboulé dans la ville", écrit le Canard enchaîné du 4 août. "Et à qui Sarko a-t-il déclaré la guerre le 26 juillet? A des étrangers nomades, venus de Roumanie, de Bulgarie ou de Hongrie."
En fait, Sarko et les Roms c'est un peu Bush et Saddam Hussein. Une erreur de cible. Bush était convaincu que Saddam protégeait Al Quaida. Il faut dire à sa décharge qu'ils ont tous l'air arabe là-bas. Et Sarko a, lui aussi, bien du mal à suivre: si les gens du voyage sont sédentarisés, ne restent que les Roms nomades, non? D'autant qu'ils sont nombreux à occuper des camps illicites et donc à générer de l'insécurité. Les communes françaises de plus de 5000 habitants sont tenues d'offrir des terrains aux gens du voyage. Mais seules un tiers d'entre elles se seraient conformées à cette obligation. Qui est donc dans l'illégalité?
Rudolf Sarközi s'inquiète des expulsions dont sont victime les Roms en France: "on ne peut laisser se développer des campements sans contrôle. Il ne s'agit pas non plus de défendre la délinquance et l'oisiveté. Mais si on offrait à ces gens des terrains où ils puissent vivre dignement, ce serait un pas vers l'intégration", estime ce porte-parole des Roms d'Autriche, très éloigné des positions de son lointain cousin français (dans le Soir du 21 août).
(Sur les Roms, lire l'éclairage de Marcel Courthiade, professeur de langue et de civilisation romani, sous le titre Les boucs émissaires, dans Télérama de ce 25 août.)

Enfin, autres responsables de l'insécurité: les parents qui ne réussissent pas à se faire obéir de leurs enfants. C'est ce qu'on appelle une ciottise. Le député UMP Eric Ciotti proposent que si de jeunes délinquants ne respectent pas les injonctions de justice, leurs parents soient envoyés deux ans en prison. C'est sûr: on imagine bien que les jeunes, en l'absence de leurs parents, seront tout de suite plus obéissants. Il suffisait d'y penser.

L'insécurité, c'est donc très simple à juguler. Il suffit de trouver vite des coupables. En embrassant en même temps voluptueusement sur la bouche les électeurs d'extrême-droite. "Quand on va chercher l'électorat du Front national, voilà sur quels scandales on débouche, déclarait Michel Rocard dans Marianne du 7 août. La loi sur les mineurs délinquants passe de la responsabilité pénale individuelle à la responsabilité collective. On n'avait pas vu ça depuis Vichy, on n'avait pas vu ça depuis les nazis. Mettre la priorité sur la répression, c'est une politique de guerre civile", estime l'ancien premier ministre. Qui ajoute: "je dis qu'il (le président) le paiera et qu'il l'aura mérité".

post-scriptum: de quoi parlait début juillet l'indispensable député UMP Frédéric Lefevre quand il disait que "assister à de l'injustice en direct et voir que cette injustice n'est jamais réparée, c'est simplement insupportable"? De l'expulsion des Roms? Non, de l'absence d' enregistrement vidéo lors des matches internationaux de foot. Lefevre sait où sont les priorités et ses électeurs.