jeudi 16 septembre 2010

Train-train quotidien

Hier soir, en gare d'Arlon, un accident entre deux trains qui se sont heurtés latéralement. A faible allure. Bilan: plus de soixante blessés. On est loin, heureusement, de l'effroyable catastrophe de Buizingen survenue en février dernier. L'enquête est en cours. On parle du franchissement d'un feu rouge. Il y a quelques jours, le JT faisait état d'un rapport européen pointant le manque d'investissement de la SNCB dans le domaine de la sécurité.
Pendant ce temps-là, on nous annonce pour 2015 une nouvelle gare prestigieuse à Mons. Dont coût: 120 millions d'euros. Près de cinq milliards de francs belges, quoi. Mais sécurité et gare ne ressortissent pas des mêmes budgets, nous dit-on. La gare de Mons relève du budget "caprice d'une petite ville qui veut être capitale européenne." Ainsi va la Belgique.

mercredi 15 septembre 2010

Sarko le mutant

Il mute à tout va, le président français. Des "gens de voyage" se mettent en colère dans le Cher et provoquent des dégradations? Le président fait muter tous les Roms qu'il croise et les renvoie - en dépit du droit européen - en Roumanie, en Bulgarie, en Hongrie et ailleurs encore.
Un membre de la magistrature aurait filé au journal le Monde une info compromettante pour Eric Woerth? Le président le fait muter à Cayenne. Pour y casser des cailloux?
Il annonce à présent de grandes mutations au sein de son gouvernement tout prochainement.
Le candidat Sarkozy avait annoncé du changement. Il n'avait donc pas menti. C'est la grande mutation. A quoi les Français vont-ils le muter en 2012?

La Première nous prend pour des cons

Que reste-t-il de la Première (chaîne radio de la RTBF) depuis que le billet de Paul Hermant en a disparu? Disparu de l'émission du matin du moins. Selon certaines sources, on pourrait l'entendre dans une autre émission, à une autre heure. Lesquelles? C'est un secret. Apparemment bien gardé. Revenons à la question: que reste-t-il de la Première? De la pub. J'allume la radio un matin, vers 8h25, 8h30. J'y entends une publicité, puis, deux, puis trois. Finalement quatre. J'ai enfin droit au "Café serré" de Thomas Gunzig. Le présentateur a ensuite juste le temps d'annoncer une nouvelle page de publicité. Je coupe ma radio. Je la rallume en fin d'après-midi de retour du travail. Je préfère la Première à Classic 21 pour ne pas être importuné par le radioguidage qui ne me concerne pas. Mais on n'échappe pas au radioguidage. Il est partout. Sur la Première aussi. "Vous êtes ralentis par un accident à hauteur de Grand-Bigard", m'informe le radioguideur. J'apprends aussi que je ralentis fortement à hauteur du carrefour Léonard et que je suis quasiment à l'arrêt sur six kilomètres en direction de Mons. C'est bien mal me connaître, moi qui suis en train de pédaler allègrement (ou presque) et sans obstacle, le long de l'Escaut en direction de la France. Retour au présentateur. Il a juste le temps d'annoncer sa séquence suivante. Elle suivra la pub, nous dit-il. Je coupe ma radio. Finalement, je préfère de loin le ronronnement des péniches et le cri des canards. Les canards cancanent, nous précise Robert. Le Petit.

lundi 13 septembre 2010

Quand l'Eglise est à la fête

C'est peu de dire que l'Eglise catholique belge est assez secouée ces derniers temps par d'innombrables affaires de pédophilie. Le rapport de la Commission Andriaenssens fait état de 484 témoignages, recueillis en deux mois, de personnes abusées par des religieux. Abus sexuels, viols, n'entrons pas ici dans les détails. Ils se trouvent dans la presse. Treize personnes au moins se sont suicidées suite aux abus sexuels dont elles ont été victimes. Les journalistes ont tenté d'obtenir une réaction du primat de Belgique à ces révélations explosives. Ce dimanche, l'archevêque Léonard célébrait la messe en la cathédrale de Tournai à l'occasion de "la procession des quatre cortèges" (1). Comme un footballeur paniqué, il s'est contenté de botter en touche: il faut faire confiance en la miséricorde divine, a-t-il déclaré face aux caméras. Ajoutant que ce jour, c'était la fête à Tournai. Et qu'il réagirait lors d'une conférence de presse ce lundi. On voit par là qu'il y a un temps pour chaque chose et que la fête est une valeur sacrée.

(1) selon les termes de la journaliste qui présentait le journal parlé de 18h sur la Première ce dimanche

jeudi 9 septembre 2010

Faut-il enfiler une burqa pour parler de l'islamisme? (2)

Suite du billet "Faut-il enfiler une burqa pour parler de l'islamisme?", publié en date du 6 septembre

Ceux qui ont l'outrecuidance de critiquer l'islamisme se font traiter aussitôt d'islamophobes. Le mot est lâché, il s'apparente à xénophobe et hop, critiquer les dérives de l'islam, son utilisation politique, c'est être raciste. Le tour est joué. On ne peut donc plus critiquer des idées qui, ici, apparaissent des plus dangereuses. "Les islamistes n'ont de cesse de nourrir l'amalgame, cherchant à dénaturer le débat afin de tromper à la fois les musulmans et l'opinion publique internationale, écrit Mohamed Sifaoui (1). Et ils y parviennent, auprès de certains décideurs politiques totalement pétrifiés face au phénomène islamiste mais aussi auprès des courants d'extrême-gauche, voire de la gauche dite "classique", qui ne cessent de fausser le débat en accusant d' "islamophobie" ceux qui critiquent ou luttent contre le fanatisme musulman."
Le reproche de xénophobie, de néocolonialisme ou d'islamophobie vis-à-vis de ceux qui osent critiquer le dévoiement obscurantiste et violent de l'islam n'a aucun sens, il est simpliste, volontairement (?) ignorant et pervers et est devenu une arme facile. Sont-elles xénophobes, néocolonialistes, ces femmes iraniennes, irakiennes, algériennes qui, fuyant leur pays, ont voulu échapper à la folie furieuse des barbus fous de dieu et fémininophobes qui - et ce n'est pas le pire des reproches qu'on peut leur adresser - les obligent à se voiler? Ces femmes, "islamistophobes" (c'est le terme qu'il faudrait utiliser) par expérience et le plus souvent musulmanes, appellent leurs consoeurs d'Europe à refuser ce signe de soumission qu'est le voile. Sont-ils xénophobes et néo-colonialistes Mohamed Sifaoui, Samir Khalil Samir, Malalaï Joya, Ibn Warraq, Ayaan Hirsi Ali et bien d'autres encore ?
"Les premiers à se rendre compte de la supercherie sont bien souvent des esprits libres de culture musulmane. Surtout lorsqu'ils ont migré dans des démocraties laïques pour fuir l'islamisme, écrit Caroline Fourest (1). Ceux-là supportent moins que les autres ce discours tiers-mondiste dévoyé visant à torpiller l'universalisme. Un collectif de féministes algériennes et iraniennes à écrit une lettre ouverte enflammées à l'intention de ceux qu'elles appellent les "féministes de l'exotisme", entendez les féministes tiers-mondistes soutenant le port du voile: "
Ce message, certes chargé de colère, s'adresse à certaines de nos camarades féministes engagées dans les luttes antiracistes, altermondialistes, traversées par une certaine culpabilité coloniale et post-coloniale. Militantes et/ou chercheuses, porteuses des valeurs féministes, nous n'arrivons pas à concevoir, à comprendre ni à accepter votre engagement aux côtés de celles qui se nomment "féministes musulmanes et/ou voilées", aux dépens des féministes laïques. (...) Est-ce de l'exotisme? Nous ne pouvons croire cela, est-ce de la naïveté politique? Nous n'osons croire cela, est-ce une alliance conjoncturelle contre l'impérialisme et le capitalisme américains? (...) L'adage qui énonce que "l'ennemie de mon ennemie est mon amie" ne peut être l'apanage des féministes, souvenez-vous des conséquences de l'alliance: islamistes et communistes en Iran, et ce qui arriva à ces derniers une fois les islamistes au pouvoir. Au quotidien, les femmes sont menacées, emprisonnées, arrêtées, lapidées, meurtries. Entendez-vous leurs cris de liberté? Ou seulement leurs échos, écoutez...! (...) Que nous soyons originaires d'Iran, d'Algérie, d'Afghanistan ou du Pakistan, ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons quitté nos terres d'enfance. Aujourd'hui, nous nous retrouvons unies dans une terre laïque où la liberté de conscience est garantie par la loi, où la lutte pour l'égalité des droits est possible, quoique ardue." (3)

En fait, ils défendent qui et quoi ceux qui défendent l'islamisme? Ahmadinejad et son gouvernement qui lapident les femmes, qui pendent les homosexuels ? Défendent-ils ceux qui pensent qu'il faut un moratoire sur la lapidation? Pas une interdiction, non un moratoire, comme le propose Tariq Ramadan, le temps d'y réfléchir, de se poser la question: c'est bien ou pas bien? c'est une belle mort ou non? ça se fait ou ça ne se fait pas? La question mérite réflexion, vaut la peine qu'on se prenne la tête. Peut-être des états généraux ou quelques colloques pourraient-ils la trancher (la question) ? Bien sûr qu'il faut opposer un non radical, catégorique à des pratiques aussi barbares. Mais chez les anticolonialistes, certains s'interrogent... Ou se taisent.

En attendant, en Iran, "la Cour suprême a commencé le réexamen de la condamnation à mort de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Cette démarche semble uniquement destinée à atténuer les pressions exercées sur les autorités par la communauté internationale en différant la décision relative au choix de la méthode d’exécution.
Cette femme est toujours condamnée à être lapidée."
(extrait de www.isavelives.be - signez la pétition!)

(A suivre)

(1) dans "Combattre le terrorisme islamiste"
(2) C. Fourest: "La dernière utopie - menaces sur l'universalisme", Grasset 2009)
(3) texte complet sur www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2009/05/22/2179

On n'échappe pas à sa culture

Le lecteur attentif de ce blog aura appris que le dossier du projet dit "centre de glisse" a connu, en avril dernier, une évolution importante: le Gouvernement wallon a accordé son feu vert à la modification du plan de secteur, ouvrant ainsi la voie à ce projet requalifié de "centre de loisirs Nature et Sports". Le Ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire, Philippe Henry, se réjouissant du franchissement de cette étape et constatant que tous les acteurs étaient satisfaits de l'accord, avait appelé à la paix des braves et incitait tous les protagonistes à poursuivre la concertation dans un esprit de dialogue et de collaboration.
La phase administrative suivante consiste en l'établissement d'un R.U.E. Entendez par là Rapport urbanistique et environnemental. C'est la Ville d'Antoing qui en a la responsabilité. Il doit, une fois établi, être approuvé par le Gouvernement wallon.
Un comité d'accompagnement travaille à ce R.U.E. Et voilà qu'on apprend que la composition de ce comité d'accompagnement est réservée par la Ville d'Antoing à ses propres représentants, à ceux des promoteurs, du fonctionnaire délégué, du cabinet du ministre-président de la Région wallonne et de l’intercommunale IDETA à qui la Ville a confié l'établissement du dit R.U.E. Bref, la commune se fait accompagner de camarades. Les compagnons qui ont des expertises en matière environnementale sont laissés sur le carreau.
Antoing est pourtant l'une des six communes membres du Parc naturel des Plaines de l'Escaut. Le Parc a plusieurs fois remis des avis très fouillés sur le projet. Fouillés et critiques. Voilà qui suffit à l'éviter. La Ville cotise pour être membre du Parc et bénéficier de son action, de ses études et conseils, mais ne souhaite pas mettre d'obstacles sur la route de promoteurs qu'elle vénère autant que son cher prince. La Ville d'Antoing est schizophrène. Voilà longtemps que le mal a été identifié. Mais elle ne se soigne pas.
Elle n'a pas songé non plus à inviter, au sein du Comité, des représentants de l'administration wallonne (la DGATLP et à tout le moins la Division Nature et Forêt). Pas plus qu'à inviter des spécialistes en matière d'eau, d'énergie, de mobilité ou des représentants de l'ADEPS. Et elle a oublié les communes voisines de Péruwelz et de Brunehaut, pourtant jusqu’ici toujours étroitement associées aux réflexions sur le projet.
Elle a oublié d'inviter un représentant du Ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement, lui préférant un représentant du Ministre-président, Rudy W.P. Demotte. En l'occurrence, ce sera une représentante, selon toute vraisemblance. Celle qui a toujours suivi le dossier pour le cabinet pour mieux le maîtriser ensuite à la CRAT. Même si la double casquette qu'elle porte ainsi est contraire aux règles.
Voilà ce qu'on appelle un dossier sous contrôle. On ferme portes et fenêtres. Ainsi le veut la culture du Ps. On ne se refait pas. Mais pourquoi se refaire quand le parti triomphe aux élections et plus encore dans les sondages?

lundi 6 septembre 2010

Faut-il enfiler une burqa pour parler de l'islamisme?

Ce billet-ci est écrit à voix basse. Discrètement. Car les gens dont il est question ont de grandes oreilles. De grands yeux. De grands bras, ma mère grand! Et ils sont très susceptibles. Voire menaçants. La discrétion est donc de mise. La tribune publiée par Claude Demelenne dans LLB de ce samedi 3 septembre ne manque pas d'inquiéter. Même s'il faut convenir que ses propos sont, hélas, peu surprenants pour qui suit un peu ces questions. Son texte s'intitule: "Mon crime: je dénonce l'islamisme en Belgique". Demelenne a co-écrit l'an dernier avec Alain Destexhe un petit livre qui a pour titre: " Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac". Ils ont eu grand tort. Claude Demelenne explique que "après chaque article mettant en garde contre une poussée d'un islam peu tolérant", il a "eu droit à des attaques courageusement anonymes sur Internet. (Ma) photo a commencé à circuler sur Facebook, affublée de qualificatifs de plus en plus orduriers: "raciste", "facho", "renégat", petit blanc haineux", "dégueuli humain" (sic), etc.". On voit par là que la passion haineuse est peu favorable à l'orthographe. Ce qui est à la fois un tort et un signe qui ne trompe pas. Demelenne explique que "certains amis de gauche ont pris leurs distances", que "certains sympathisants de la gauche de la gauche ont coupé les ponts avec (lui), changeant de trottoir quand ils (le) croisaient." Qu'un de ses anciens collègues lui a même reproché ses prises de position "nauséabondes". Les insultes ont redoublé à la sortie de son opuscule avec Destexhe. Philippe Moureaux, jamais avare d'une saillie excessive, l'a traité de "collaborateur de l'extrême-droite". Il s'est vu déguisé en Degrelle dans un montage vidéo posté sur Internet. "La machine à fasciser, nazifier, lepéniser, a tourné à plein régime", dit-il. "Je suis abasourdi par le deux poids, deux mesures pratiqué par certains petits cercles de gauche: impitoyables - et c'est indispensable - pour contrer l'extrême droite classique. Mais très complaisants vis-à-vis de l'extrême islamiste", ajoute-t-il. Il y a là effectivement matière à abasourdissement. Cette vieille gauche anti-colonialiste prend systématiquement le parti des barbus. Oubliant que la religion, surtout dans ses versions intégristes, est un redoutable outil de colonisation des esprits. Face aux attaques incendiaires et inquiétantes dont Demelenne est l'objet, on imagine des ayatollahs rire dans leur barbe.
Il rappelle qu'il n'a jamais critiqué l'islam, mais "ses fractions extrémistes". Cette utilisation politique de l'islam. "L'islam est une religion, l'islamisme une idéologie. Par conséquent, l'islamisme n'est pas l'islam mais plutôt un travestissement malsain de cette religion monothéiste. Ainsi toute lutte doit-elle cibler, non pas la religion musulmane, mais l'idéologie islamiste. Une idéologie qu'il nous faut combattre en lui opposant des valeurs de justice, de droit, de liberté et de démocratie." Ce n'est plus Claude Demelenne qui s'exprime, mais le journaliste algérien Mohamed Sifaoui (1). Est-il "raciste"? Est-il un "petit blanc haineux"? Il ajoute que "qualifier l'islamisme de fascisme n'est ni un abus de langage ni un dérapage. Des travaux extrêmement sérieux ont démontré l'existence de profondes similitudes entre le nazisme et l'islamisme contemporain.(2)"
Mais la gauche de la gauche a choisi le camp des islamistes: ils s'opposent aux grands méchants américains. La gauche de la gauche aime faire simple. Et ne craint pas les incohérences. Les autres ne craignent pas de mettre la tête dans le sable.
A suivre...

(1) Mohamed Sifaoui: Combattre le terrorisme islamiste, Grasset 2007
(2)Entretien de l'auteur avec Mehdi Mozaffari, (Est-il "raciste"? Est-il un "petit blanc haineux"?) universitaire danois et professeur de sciences politiques, qui a réalisé une étude comparative entre le fascisme et l'islamisme.

Pire que pire, triste que triste

Dans la crise que traverse la Belgique et qui tourne un peu en rond, la presse s'est trouvé un os à ronger. Quelques associations de défense de l'environnement, inconnues au bataillon, crient haro sur le baudet Henry. C'est le pire ministre de l'environnement et de l'aménagement du territoire qu'on n'ait jamais eu, disent-elles. Elles lui reprochent d'avoir remis un avis tantôt trop tard, tantôt trop tôt, par rapport à l'un ou l'autre dossier. J'ai été collègue de Philippe Henry quand nous étions parlementaires. Nous n'étions pas amis. Mais prenons le dossier de ce qui s'appela longtemps le projet de centre de glisse de Maubray. Critiqué de toutes parts pour son incohérence, voire sa bêtise, ce projet avait le soutien implicite tant du Ministre-Président Demotte (l'homme qui ne dit ni oui ni non) que du Ministre de l'Aménagement du territoire de l'époque, André Antoine, qui refusa tout contact avec les opposants. Le Ministre de l'Environnement d'alors, Benoît Lutgen, ne cachait pas son malaise, mais avait appris à se taire. Prudemment. Puis Philippe Henry prit en charge ces deux matières et son cabinet et lui-même rencontrèrent tous les acteurs, y compris les opposants, et amenèrent tous les protagonistes du dossier de Maubray à une ferme et claire solution de compromis que n'avaient pas osé envisager les autruches qui avant lui géraient les mêmes matières. Malgré tout, Philippe Henry est décidément donné comme le maillon faible (1). Il serait le pire de tous, à entendre ces environnementalistes sortis d'on ne sait où qui ont visiblement oublié le sinistre Happart qui avait réussi à se faire honnir même des chasseurs. Lui qui est l'incarnation du Nemrod wallon. Régulièrement, Henry est l'objet de critiques dont on ne connaît jamais clairement l'origine. N'est-ce pas lui qui eut l'audace de refuser ce beau projet socialibéral de Citta Verde à Farciennes? Qui est aujourd'hui derrière ces petites associations qui l'attaquent à la tronçonneuse? Le MR? Le PS? C'est que, s'il s'agit d'éliminer Ecolo du grand raout fédéral et, partant, des majorités régionale wallonne et communautaire francophone, il faut bien trouver une raison. Ou un responsable. Et la presse de tendre son micro derrière la meute.

(1) lire le billet du 13 février 2010 intitulé "Wallonie, le pays qui dit oui à tout"

dimanche 5 septembre 2010

Et la tendresse, gordel?

"Chaque lapin dans son clapier", déclarait ce soir au JT de France2 un participant au Gordel, voulant signifier ainsi que Flamands et Francophones doivent vivre séparés. Ce qui - on doit bien l'admettre - ne sera pas une mince affaire à Bruxelles et dans les communes de la périphérie où le mélange s'est plus ou moins bien opéré. Mais soit, imaginons. Et observons deux lapins, chacun dans son clapier. Que constatons-nous? Ils ne communiquent pas entre eux. Ils ne se reproduisent pas. Ils finissent à la casserole.
Un autre participant estimait que nous sommes décidément deux peuples aux cultures trop différentes que pour pouvoir vivre ensemble. Mes voisins et moi aussi avons des cultures différentes. Je suis sûr que nous n'avons pas les mêmes lectures, que nous n'écoutons pas les mêmes musiques, que nous n'apprécions pas les mêmes films. Que faire? Dois-je leur demander de s'installer sur le trottoir d'en face?
La volonté de certains Flamands de scinder l'Etat belge est lamentable, mesquine, égoïste, individualiste et stupide. Les mots manquent. En un mot, elle est insensée. En ce sens qu'elle n'en a pas. De sens. On attend que se manifestent les intellectuels, les artistes, les associations de Flandre. Que la Flandre sorte de l'hystérie collective qui semble la gagner. A l'heure de l'Union européenne, la désunion de la Belgique serait rétrograde. On ne sait si on pourrait compter les pas en arrière sur les doigts d'une seule main. Qu'attend l'Union européenne pour signifier aux chantres de la Vlaamse republiek qu'elle ne la reconnaîtra jamais ? Si les Flamands ne veulent plus faire preuve de solidarité avec les francophones, pourquoi en témoigneraient-ils avec les régions les plus pauvres d'Europe? Demain, la Vlaamse kust? S'ils la veulent pour eux seuls, qu'ils la gardent pour eux seuls. Nous les prendrons au mot.
En attendant, le promeneur des rivages observe les péniches qu'il voit passer sur les voies navigables. Elles viennent de France, des Pays-Bas, de Wallonie, de Flandre. Que constate le promeneur? Que parmi les flamandes, identifiables au nom de leur port d'attache écrit à côté de leur nom, elles sont extrêmement rares celles qui arborent le drapeau flamand. Qu'en conclut-il? Que les bateliers sont peu sensibles au droit du sol et ont peu le sens des frontières. Et le promeneur de souhaiter quarante jours de déluge. Au moins.

samedi 4 septembre 2010

LA politique et LA télé

A un moment, elles étaient quatre sur le plateau du JT de la RTBF ce 3 septembre - et rien que quatre - pour commenter la crise. Deux journalistes, Nathalie Maleux et Johanne Montay, accueillaient deux politiques, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet. On voit par là que la politique et son traitement à la télé ont bien changé. Il y a vingt ans encore, on n'y aurait vu exclusivement que des hommes en cravate.