jeudi 13 mars 2025

Sinistres comiques

Le tsar et sa clique de mafieux ont enfin une bonne idée : démilitariser l'Ukraine. C'est une des conditions que pose le dictateur russe. En contre-partie, il faudra alors, dans le même temps, ce n'est que logique, que la Russie en fasse autant. Sinon, le grand méchant loup avalera cette Ukraine sans défense. L'agressé se désarmerait tandis que l'agresseur conserverait sa force de destruction ? Ce ne serait que naïveté autodestructrice de l'accepter. Dans la foulée, il faudra que tous les autres pays suivent. Démilitarisons la planète. Et consacrons les énormes économies ainsi réalisées à la lutte contre le dérèglement climatique et donc à la sauvegarde de la biodiversité à laquelle appartient l'humanité. Sortons de la logique suicidaire dans laquelle nous entraînent les nuisibles.
Ce n'est - évidemment - pas ce qu'envisage le tueur en série Poutine : les petits ne peuvent attaquer, ni même se défendre. Ils doivent laisser les grands les agresser librement. Et il prévient : déployer des soldats de la paix en Ukraine serait une déclaration de guerre à la Russie. Qui peut croire une seule seconde que le régime russe aspire à la paix ? Poutine a décidément un humour particulier.

De l'autre côté, Ubu Trump, l'autre grand humoriste actuel, continue à vouloir englober le Canada dans les Etats-Unis. Tout comme le Groenland. Il semble réellement convaincu qu'une part importante du monde se rêve américaine. Il vomit le terme inclusion, mais veut l'appliquer aux autres Etats. Tous les Etats du monde devrait aujourd'hui annoncer qu'ils veulent annexer les Etats-Unis. Pas sûr que Trump soit capable de goûter l'ironie. 

Depuis la (non) rencontre entre le président Zelensky et son homologue américain flanqué de son roquet, qui ont tous deux reçu le premier de la plus ignominieuse des façons, la relation a évolué plus favorablement grâce à des représentants américains moins rustres (1). Et la balle est à présent dans la camp du tsar de toutes les Russies.
Avant cela, Claude Malhuret, sénateur français, avait tenu un discours vif et carré à la tribune du Sénat (2).
"L’Europe est à un tournant critique de son histoire. Le bouclier américain se dérobe, l’Ukraine risque d’être abandonnée, la Russie renforcée. Washington est devenu la cour de Néron. Un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l’épuration de la fonction publique. C’est un drame pour le monde libre, mais c’est d’abord un drame pour les États-Unis." Son message tourne en boucle notamment aux Etats-Unis où il a été vu par des millions de personnes qui étaient visiblement en attente d'un discours aussi clair et percutant.
"Jamais dans l’histoire un président des États-Unis n’a capitulé devant l’ennemi. Jamais aucun n’a soutenu un agresseur contre un allié. Jamais aucun n’a piétiné la Constitution américaine, pris autant de décrets illégaux, révoqué les juges qui pourraient l’en empêcher, limogé d’un coup l’état-major militaire, affaibli tous les contre-pouvoirs et pris le contrôle des réseaux sociaux. Ce n’est pas une dérive illibérale, c’est un début de confiscation de la démocratie. Rappelons-nous qu’il n’a fallu qu’un mois, trois semaines et deux jours pour mettre à bas la République de Weimar et sa constitution."
En un mois, constate-t-il, Trump a fait plus de dégâts qu’en quatre ans de sa présidence précédente. "Nous étions en guerre contre un dictateur, nous nous battons désormais contre un dictateur soutenu par un traître." Nous devons faire face, clame Claude Malhuret. Parce que la défaite de l'Ukraine serait aussi celle de l'Europe. Il faut réarmer militairement et moralement celle-ci. "Le sort de l’Ukraine se joue dans les tranchées, mais il dépend aussi de ceux qui aux États-Unis, veulent défendre la démocratie, et ici de notre capacité à unir les Européens, à trouver les moyens de leur défense commune et à refaire de l’Europe la puissance qu’elle fut un jour dans l’Histoire et qu’elle hésite à redevenir. Nos parents ont vaincu le fascisme et le communisme au prix de tous les sacrifices. La tâche de notre génération est de vaincre les totalitarismes du 21e siècle."
On aimerait que tous les chefs d'Etat européens, des membres du Parti Républicains (s'ils ne sont pas tous transformés en valets agenouillés), que les Démocrates, les soi disants influenceurs qui défendraient la démocratie et le droit, aient une voix aussi forte. Que tous leurs discours couvrent le bruit et la fureur qui dominent. Et nous redonnent espoir.

mardi 11 mars 2025

Libérez Boualem Sansal

Depuis quasiment quatre mois, Boualem Sansal est emprisonné par le régime algérien. Régime dictatorial et aussi antisémite. "Selon des sources judiciaires algériennes, rapportait en février Le Courrier international (1), des hommes sont venus dans la chambre du romancier pour lui conseiller vivement de changer de conseil et de prendre « un autre avocat français non juif. » Pour essayer de l’en convaincre, ces émissaires particuliers ont expliqué que le remplaçant non juif de Me François Zimeray aurait une chance d’obtenir un visa afin de pouvoir le visiter." Dans la foulée, l'écrivain a entamé une grève de la faim. On cherche en vain de ses nouvelles depuis lors. Son avocat, qui n'a toujours pas pu le voir, vient d'affirmer qu'il n'en a plus aucune depuis deux semaines.
En février, de nombreux écrivains, francophones et étrangers, se sont rassemblés à Paris pour réclamer la libération de l'écrivain franco-algérien.
Le Monde (2) rapporte que pour Pascal Bruckner, l’embastillement de Sansal est le symptôme de la « peur profonde » qui anime ce régime. "Tout pouvoir qui emprisonne un écrivain est un pouvoir faible et, en général, il ne dure pas, a prévenu Sylvain Tesson, avant de cingler : « Le président Tebboune possède les clés d’une geôle, mais c’est tout le pouvoir qu’il possède. Dans l’histoire de l’humanité, personne ne citera jamais plus une seule phrase de lui, alors que l’œuvre de Boualem demeurera vivante. » S’adressant à son tour au dirigeant algérien afin de lui confier une « parole amicale », Daniel Pennac a lancé : « Pour l’amour de l’intelligence et de la douceur humaine, rendez sa liberté à Boualem… et, tant que vous y êtes, rendez-lui aussi l’Algérie »".
"Des écrivains ont stigmatisé les « idiots utiles, bien installés dans leur sofa parisien, qui pinaillent » (selon les mots de Sorj Chalandon), jusqu’à insinuer que, au fond, Sansal l’a bien cherché… « Aurait-il dû dire patati, et pas dire patata ? La vie intellectuelle est pleine de Purgon et de Diafoirus qui tâtent le pouls et la conscience de l’écrivain emprisonné », a déploré Philippe Lançon. « Nous sommes là pour toi, Boualem, a promis Paule Constant, nous sommes là pour toi sans l’ombre d’un “mais”. »"
Le 13 mars, c'est à Bruxelles qu'aura lieu un rassemblement de soutien à l'initiative des Universalistes. "Libérez Boualem Sansal, là, immédiatement, sans condition !!! Emprisonné depuis le 16 novembre 2024, l'immense romancier franco-algérien, est arbitrairement détenu, en Algérie, accusé de « complot contre la sûreté de l’État ». Condamné au silence et à l'isolement, il n'a pas pu s'exprimer depuis, tout comme ses avocats. Alors on spécule sur sa condition. D'autant plus que sa santé décline et qu'il est atteint d'un cancer. A nos yeux, cette situation est scandaleuse et il s'agit d'y mettre fin le plus rapidement possible.Venez faire entendre votre voix, le 13 mars prochain à 20h, au théâtre La Tricoterie, aux côtés de nombreux intellectuels, artistes et politiques qui prendront la parole pour exiger sa libération immédiate et inconditionnelle. Soutenons Boualem Sansal !"

(1) https://www.courrierinternational.com/article/justice-algerie-boualem-sansal-a-decide-d-entamer-une-greve-de-la-faim_228048
(2) https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/02/19/des-ecrivains-reunis-en-soutien-a-boualem-sansal-a-l-institut-du-monde-arabe-nous-sommes-la-pour-toi-sans-l-ombre-d-un-mais_6553357_3212.html

dimanche 9 mars 2025

L'Europe, plus que jamais

A qui reconnaît-on un imbécile ? Notamment à son incapacité à imaginer que les effets de son action puissent être exactement opposés à ce qu’il en attendait. La prétention et la bêtise vont souvent de pair.
Poutine allait avaler l'Ukraine en deux temps, trois mouvements, transformer les Ukrainiens en Russes et les couper à jamais de l'Europe. Et que ça saute ! Ça a sauté, mais pas comme il l'imaginait. Trois ans après, l'Ukraine résiste toujours vaillamment et cette tentative de colonisation n'a fait que renforcer la volonté des Ukrainiens d’appartenir à l’Union européenne et à l'OTAN.
De son côté, Trump, en s'alignant derrière son camarade Poutine, en trahissant l'Ukraine et en affirmant que l'Union européenne a été créée pour "foutre en l'air" les Etats-Unis a amené les Européens à resserrer les rangs et à tenter de construire une défense commune. "Donald Trump, en voulant détruire l’Europe, force sa recomposition, écrit Sylvie Kauffmann, éditorialiste au Monde (1). L’Europe qui se réveille n’a plus le même visage que l’Europe assoupie. L’UE est une formidable structure de paix, pas de guerre." A l'UE d'adapter maintenant son fonctionnement pour éviter de se laisser piéger par les complices des dictateurs, tel Orban le poutinolâtre.

L'Union européenne repose sur la démocratie, la solidarité, l'égalité hommes-femmes, le respect des droits humains, de l'Etat de droit et de la souveraineté des états. Voilà pourquoi les dictateurs rêvent de la mettre en miettes.
A l'est et à l'ouest de l'Europe, les discours déments dominent. Les théories complotistes, les contre-vérités, les arguments les plus irrationnels, les mensonges, la religion sont utilisés pour justifier l'injustifiable. "Désormais, écrit Riss (2), faire de la politique consiste d'abord à lutter contre l'irrationnel. C'est peut-être sur ce terrain que l'Europe peut marquer sa différence. Elle doit rester le continent de la raison. (...) Les droites et les extrêmes droites d'Europe et d'Amérique affirment que l'enjeu du XXIe siècle est de défendre leur identité chrétienne. Non, ce n'est pas l'identité chrétienne qui doit être défendue, mais la raison, qui est constitutive de notre identité européenne. La seule qui a émancipé les peuples et qui permet de combattre les arbitraires délirants, à la fois des idéologies religieuses et politiques."

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/05/donald-trump-en-voulant-detruire-l-europe-force-sa-recomposition_6576423_3232.html
(2) Riss, "L'Europe, centre du monde libre", Charlie Hebdo, 26.2.2025.

mercredi 5 mars 2025

Insoumis à la solidarité

Les moments de grande crise sont des révélateurs. La gauche française, nous explique Le Monde (1), se déchire sur l'Ukraine. Elle est divisée depuis longtemps sur de nombreux points. Cette fois, c'est - est-ce une surprise ? - sur le soutien à l'Ukraine.
Les écologistes appellent à « un engagement militaire et financier renforcé », qui passerait notamment par « la fourniture des équipements de défense avancés » ou « le renforcement de la présence de troupes européennes dans les pays frontaliers de l’Ukraine ». Tandis que les socialistes affirment leur volonté de  « financer ce soutien militaire à l’Ukraine », de saisir « les 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés dans nos banques » et d’arrêter de laisser « transiter par nos ports, avec la complicité de nos entreprises, son gaz naturel liquéfié ». Enfin, ils appellent à un « grand emprunt commun de 500 milliards », seule façon de « sauver la paix et la sécurité en Europe ». Pas question cependant de financer le réarmement de l'Ukraine pour les communistes et les insoumis (à la solidarité ?). Un élu communiste veut que Macron aille négocier avec Poutine (ce qu'il a déjà tenté et on sait le tsar sourd) et un élu LFI estime que « notre sécurité n’est pas en cause dans l’immédiat ». La sécurité des Ukrainiens et de leurs voisins n'a donc pas d'importance, seule compte la nôtre, pour ces élus de partis qui se sont longtemps présentés comme internationalistes et ne sont finalement que des partis souverainistes comme ceux de l'extrême droite qui prennent comme ils peuvent de timides distances avec leurs idoles Trump et Poutine.

Pour financer le réarmement de l'Ukraine, certains proposent d'utiliser les liquidités que la Banque centrale de Russie avait placées dans des établissements financiers étrangers : 300 milliards d'euros dans le monde, 209 rien qu'en Europe. Jusqu'à présent, les intérêts - un peu moins de 3 milliards par an - profitent aux Ukrainiens, mais le capital reste gelé. L'Union européenne a toujours refusé d'y toucher, par respect du droit international. Un droit dont le régime russe se moque chaque jour. Mais l'envie de puiser là de quoi financer l'aide à l'Ukraine fait son chemin. Une proposition dans ce sens sera soumise au vote du Parlement européen la semaine prochaine. Et en France, Gabriel Attal réclame maintenant la saisie de ces avoirs. De même que les socialistes et les écologistes. Le gouvernement, lui, y reste opposé, toujours au nom du droit international. "C’est aussi ce que disent les Insoumis, qu’on a connu plus offensifs contre la finance…", constatait ce matin l'éditorialiste de France Inter Patrick Cohen. "Alors, formellement, ils ont raison : le principe d’immunité souveraine protège les Etats et leurs biens. Mais dans le chaos actuel, l’argument fait doucement rigoler l’avocat spécialisé que j’ai interrogé hier. Parce que le droit international, il dit en premier qu’on ne doit pas envahir son voisin. Et que les agressions donnent lieu à des réparations. L’Irak a payé pendant plus de 30 ans pour l’invasion du Koweït, quelque 52 milliards. L’Europe pourrait donc bien faire payer la Russie tout de suite. Ou utiliser ses avoirs comme garantie. Et puis le droit, Poutine s’assied dessus, il ne respecte rien, ni le droit de la guerre, ni aucun autre. La quasi-totalité des actifs européens et américains en Russie ont déjà été confisqués. Qui imagine Poutine saisir la Cour internationale de justice, l’organe judiciaire de l’ONU, pour récupérer son argent ?"
Autre argument pour s'opposer à cette prise de guerre : l’idée du « précédent économique » qui pourrait effrayer les investisseurs. "Argument partagé là encore par le gouvernement et par les Insoumis." Ici encore,  les Insoumis se montrent tout à coup très soumis aux marchés et aux investisseurs. A moins qu'ils ne le soient au régime russe ? Conclusion de Patrick Cohen : "Contrairement à ce que l’exécutif voudrait faire croire, le sujet des avoirs russes est bien plus politique que juridique. Question d’astuce et de volonté. Pour aider l’Ukraine et gratter des roubles, il n’est pas interdit d’être un peu roublard".

Pétition à signer sur Avaaz :

Post-scriptum : 
Me revient cette chanson qu'on chantait dans les manifs fin des années '70 - début des 80.
Prenez l'argent où il est / Dans les banques, dans les banques / Prenez l'argent où il est / Dans les coffres des banquiers.
Mélenchon a dû la chanter. Il a bien changé.

(1) https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/03/04/la-gauche-se-fracture-sur-l-aide-a-l-ukraine_6576306_823448.html
(2) https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique/l-edito-politique-du-mercredi-05-mars-2025-8009881

lundi 3 mars 2025

Boycott USA

Serait-ce l'amorce d'un mouvement important ? Les appels au boycott des produits américains se multiplient dans le nord de l'Europe. Ailleurs aussi, on l'espère.
La compagnie pétrolière norvégienne Haltbakk Bunkers, opérateur numéro un dans les ports norvégiens, a annoncé qu'elle ne ravitaillera plus les navires de la marine américaine. Et ce suite à l'épisode scandaleux de vendredi, le « plus grand merdier jamais présenté en direct à la télévision par l’actuel président américain et son vice-président ».
"Dans son communiqué, explique Le Monde (1), conclu par le slogan « Slava Ukraini ! » (« Gloire à l’Ukraine ! »), Haltbakk Bunkers, dont le compte Facebook n’était plus accessible dimanche 2 mars, rend hommage à la retenue du président ukrainien, face au « spectacle télévisé de plantage de couteau dans le dos », organisé par l’administration américaine. « Cela nous a rendus malades », affirme l’entreprise, qui « encourage tous les Norvégiens et les Européens à suivre [son] exemple »."
Gunnar Gran, le président de Haltbakk Bunkers affirme que cette décision est « morale » :  sa compagnie a cessé de fournir les navires russes, dès le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Il est donc logique pour lui d'en faire autant vu l'attitude  des Etats-Unis vis-à-vis des Ukrainiens. Pour lui, plus un seul litre de fuel ne sera livré aux navires militaires américains "tant que Trump n’aura pas quitté le pouvoir".
Dans les pays nordiques, les appels au boycott des produits américains se succèdent. "Si l’impact de cette action est encore difficile à évaluer, les participants espèrent inspirer une mobilisation plus large, au niveau européen, capable de faire trembler les entreprises américaines." Certains annoncent avoir vendu leurs actions dans des compagnies américaines. L'un d'eux "espère faire plonger « la Bourse américaine dans le rouge pendant quelques jours", seul moyen visiblement de toucher Trump et son équipe de mafieux. Un peu partout en Europe, les ventes de Tesla s'effondrent. Tous ces milliardaires ne connaîtront jamais le sort que leur camarade Poutine réserve aux Ukrainiens, mais si l'économie américaine est ne serait-ce qu'un peu plus small que great again, les entreprises américaines pourraient demander des comptes aux Infâmes qui dominent aujourd'hui les Etats-Unis. Les consommateurs ont un pouvoir qu'ils n'exercent pas assez (2). 

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/03/les-appels-au-boycott-contre-les-produits-americains-s-etendent-en-europe-du-nord_6574506_3210.html
(2) (Re)lire sur ce blog : https://moeursethumeurs.blogspot.com/2025/02/lukraine-cest-nous.html

samedi 1 mars 2025

Les perroquets de Poutine

Toute la presse parle de l'humiliation subie hier par Zelensky. Mais franchement qui est humilié dans cet épisode ignoble, sinon les Etats-Unis ? Un pays qui doit maintenant se regarder dans le miroir et admettre qu'il est présidé par deux petites frappes qui, dans la cour de récré, ont coincé un petit : "si tu ne donnes pas ton goûter au caïd, on te casse la gueule. Ferme-la, dis merci et fais-toi plus petit que tu ne l'es. T'es pas en position de discuter". On en est à ce niveau-là. Les Etats-Unis sont dirigés par un duo de gros bras grossiers, incultes et agressifs, The Poutine's Parrots. Ce ne fut pas un échange hier, mais une menace de passage à tabac d'un petit qui, après tous les coups qu'il a reçus du caïd, croyait trouver un soutien et n'a reçu que brimades, menaces et engueulades.
Lire le verbatim de cette (non) rencontre, c'est plonger dans l'irrationnel le plus effrayant.

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/28/verbatim-l-escalade-verbale-entre-trump-vance-et-zelensky_6570416_3210.html

A lire aussi :
https://nepassubir.fr/2025/03/02/le-clash-zelensky-chasse-de-la-maison-blanche-par-trump-ou-par-poutine/

vendredi 28 février 2025

Répugnant

Ça fait un bon moment qu'on a compris que l'Ubu américain est un vrai sale type. Chaque jour, il dépasse les bornes, un peu plus odieux à chaque fois. Aujourd'hui, Trump a pulvérisé ces bornes. Le président américain n'est qu'un valet de Poutine, il en est devenu le porte-parole et il joue son rôle avec une arrogance plus insupportable que jamais. Quelle honte de traiter de la sorte un résistant, un président qui, avec son armée, son équipe et sa population, fait ce qu'il peut pour tenter de préserver l'indépendance de son pays face à un régime brutal qui tue, viole, massacre, détruit sans vergogne ! Quel mépris pour les Ukrainiens ! L'attitude et les mots de Trump et Vance alors qu'ils recevaient Volodymyr Zelensky sont d'une indécence totale. Les deux racketteurs ont voulu imposer leur loi, continuant à vouloir faire de l'agressé l'agresseur.

"D’un côté, rappelait ce matin Alain Frachon dans Le Monde (1), un homme qui a échappé à la conscription durant la guerre du Vietnam pour cause de malformation à un pied (aujourd’hui, ça a l’air d’aller mieux). Né richissime, Trump affiche le teint hâlé des bien portants. Il est toujours entre deux parties de golf en Floride, où il passe le quart de son temps, ses soirées bercées par le doux clapot atlantique. De l’autre côté, pâle, traits tirés, infatigable, héroïque, Zelensky préside au destin d’un pays en guerre depuis trois ans, bombardé toutes les nuits par les Russes. Il n’a pas le temps de jouer au golf, lui." 
Et l'agent orange, ce pâle type, a le culot de faire la leçon au président ukrainien. Pour qui travaille-t-il ?
"Le discours trumpiste se coule dans la rhétorique poutinienne. En moins de deux semaines, les concessions à Moscou se sont accumulées – même si elles se dessinaient déjà depuis l’administration de Joe Biden : pas d’Ukraine dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ; pas de force de l’OTAN en tant que telle pour surveiller un éventuel cessez-le-feu ; nécessaires concessions territoriales de la part de Kiev. Il y a plus. Avant même la paix en Ukraine, Trump prépare la normalisation des relations avec Poutine. Il colle à la désinformation du Kremlin : aux Nations unies et au G7, les Etats-Unis se refusent à dire que la Russie a « agressé » l’Ukraine !"
Voilà les Etats-Unis qui votent maintenant à l'ONU avec la Russie et les pires régimes de la planète.
La rencontre entre Zelensky le résistant et Trump le collabo était sans espoir. On ne peut discuter avec un tel individu bouffi de suffisance. On attend de l'Union européenne qu'elle soutienne fermement Zelensky et l'Ukraine et qu'elle rappelle au grossier personnage qu'est Trump les règles minimales de la décence. Le former à l'intelligence et au respect est mission impossible.

Post-scriptum : il y a trois jours, le Gorafi, journal satirique, annonçait que Trump exigeait que l'Ukraine s'excuse d'avoir été envahie par la Russie. On en est quasiment là.
https://www.legorafi.fr/2025/02/25/donald-trump-ordonne-a-lukraine-de-sexcuser-davoir-ete-envahie-par-la-russie/

(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/27/comment-en-est-on-arrive-la-a-la-guerre-a-l-exact-contraire-des-illusions-du-debut-du-siecle-a-ce-pivotement-americain-vers-la-russie_6567228_3232.html

jeudi 27 février 2025

Les beaux jours

A quoi s'attendre ? Trump révulse, indigne, scandalise, sidère, fâche, mais un peu partout on l'applaudit. L'extrême droite en fait un modèle. Jordan Bardella salue "ce vent de liberté qui souffle aujourd'hui sur toutes les démocraties occidentales que Trump incarne aux Etats-Unis".
Nous voilà prévenus : l'arrivée du FN-RN au pouvoir signifierait que le gouvernement français se sentirait libre de licencier ses fonctionnaires par milliers, de démolir le sytème de santé, de mettre à sac la culture, de soumettre la justice à ses caprices et à ses intérêts, de mettre fin à l'Union européenne, de supprimer de la devise nationale les valeurs d'égalité et de fraternité, d'abandonner les notions de solidarité et de compassion, de poursuivre le saccage de l'environnement, de chasser les étrangers, de sanctifier le mensonge. Le plaisir de détruire ne peut s'exercer pleinement que grâce à une liberté sans limite.
Quand on connaît la fascination qu'exercent aussi Poutine et son régime de mafieux sur la fille à papa Le Pen, on peut préjuger de ce que deviendrait la France commandée par ce parti du peuple. Un pays invivable, à l'odeur irrespirable, où la liberté de certains ne s'exerceraient qu'au détriment de celle de tous les autres.
Les programmes scolaires et de télévision devraient donner priorité à l'Histoire. Trump n'en a visiblement aucune notion, lui qui affirme que "l'Europe a été créée pour emmerder les Etats-Unis" et que c'est l'Ukraine qui a déclenché la guerre. Poutine, lui, réécrit chaque jour l'Histoire, comme le faisait Staline.
De l'intelligence, de l'intelligence ! Si ce n'est pas trop demander.

lundi 24 février 2025

L'Ukraine, c'est nous

Voilà trois ans aujourd'hui que le tsar de toutes les Russies a lancé sa nouvelle offensive impérialiste et assassine contre l'Ukraine. Elle devait durer trois jours, mais elle perdure. A un prix humain désastreux. Selon les Nations Unies, cette guerre a fait plus de 28 000 victimes civiles et plus de 10 000 morts, mais le bilan réel est très probablement plus élevé. Côté militaire, difficile de connaître les chiffres, ils se comptent en dizaines  de milliers de morts. Et en centaines de milliers de blessés et de morts du côté russe où la vie de la piétaille ne compte pas. 10,6 millions d'Ukrainiens ont été déplacés, 12,7 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire, 2 millions de logements ont été détruits ou endommagés, 200 000 personnes ont fui leurs foyers de l'est rien que ces six derniers mois. Un tiers du territoire ukrainien serait contaminé par des mines ou des munitions. (1)
Et Dingo Ier, roi des Amériques et du reste du monde, veut mettre fin à cette guerre en donnant raison à l'agresseur et en niant les droits de l'agressé qu'il insulte (c'est la seule chose qu'il sait faire). Le père Ubu américain se contente de répéter la propagande russe et ses éléments de langage pour forcer l'Ukraine à se mettre à genoux. Livrer l'Ukraine, même partiellement, au serpent Poutine, c'est ouvrir le droit à la guerre pour quiconque joue les machos et méprise l'Etat de droit et la démocratie. Qui empêchera demain Poutine d'avaler l'ensemble de l'Ukraine, puis la Géorgie, la Moldavie, les pays baltes ? Comment peut-on encore entendre de pseudos experts tenter de nous rassurer en prétendant que la Crimée et les territoire de l'est lui suffiront ? N'ont-ils rien retenu des Accords de Munich de 1938 ? Une partie de la Tchécoslovaquie - qui n'avait pas été invitée à négocier ces accords - a été livrée à Hitler, ce qui devait mettre fin, chez lui, à toute velléité de nouvelles conquêtes. On sait ce qu'il en fut. 

Et nous, nous restons là, atones. Comme si tout cela était loin et ne pouvait nous atteindre. Comme si nous ne pouvions rien y faire. Le monde brûle dans notre indifférence. Mais elle peut durer parce que rapidement d'autres pays européens seront touchés.
Derrière l'avenir de l'Ukraine, c'est le nôtre qui se joue. Poutine et Trump veulent mettre fin à la démocratie qui les empêche d'exercer un pouvoir absolu. Poutine, Musk et Vance, constate Raphaël Glucksmann (2), "voient nos démocraties comme des ennemies à abattre et mettent la puissance américaine au service des extrêmes droites européennes les plus poutinistes ; les services de sécurité allemands comme danois prévoient une guerre russe sur le sol de l’Union européenne avant 2029 ; les Baltes et les Finlandais creusent des tranchées : que nous faut-il de plus pour éprouver enfin l’ébranlement commun qui seul permet les grands sursauts ?" 
L'écrivain ukrainien Andreï Kourkov pense aussi que "ce n'est plus seulement le sort de l'Ukraine qui est en jeu, c'est un rapport d'influence sur le monde entier. L'Ukraine n'est qu'un instrument de la domination." (3) Si l'Ukraine tombe, Trump aura toute latitude pour mettre, lui aussi, la main sur les pays qu'il convoite. Son allié Poutine trouvera cela simplement normal. Les néo-colonialistes se partagent le monde.

Comment soutenir le peuple ukrainien ? En réclamant de l'Union européenne un soutien sans faille à l'indépendance de l'Ukraine et en renforçant les moyens militaires européens. "L’UE sera écrasée et démembrée si elle ne devient pas en quelques mois la puissance politique, militaire, économique, souveraine et intégrée qu’elle n’arrive pas à être depuis des décennies, écrit encore Raphaël Glucksmann  . Les petits pas qu’affectionnent ses dirigeants – que rien ne prédestinait à faire face à une situation aussi grave – ne suffiront plus, il faut un saut de géant."
Des partenariats doivent se nier d'urgence entre démocraties. "Il s’agit donc de trouver en nous, en chacun de nous, les ressources morales et la force mentale de changer notre rapport au monde. Et il s’agit pour les dirigeants européens, en étroite coordination avec nos alliés britanniques et canadiens, d’annoncer rapidement un plan à court et moyen terme de protection de nos nations et de sauvegarde de nos démocraties. Ce plan doit partir d’un constat réaliste – déléguer notre sécurité aux Etats-Unis de Donald Trump est suicidaire – et proposer des mesures immédiates ainsi qu’un cap intangible pour les années à venir."

La défense de l'Ukraine et de la démocratie implique aussi de faire barrage - partout - à l'extrême droite, soutien et de Poutine et de Trump. Laisser prospérer ces partis de la haine, ennemis de la démocratie, est suicidaire. L'ensemble du champ politique doit se remettre en question et sortir - mais c'est sûrement un vœu pieux - de positionnements électoralistes.

Enfin, si l'on veut s'opposer à Trump et sa mafia, c'est sur leur terrain qu'il faut le faire : le commerce et l'économie. La seule valeur que connaît Trump est le dollar. On peut rêver d'un boycott mondial des produits américains (Facebook et ses dérivés, X, Google (4), Mc Donald, KFC, Coca-Cola, Fanta, Red Bul, Pepsi, Kellogg's, General Motor, Tesla, Apple,  M&M's, Heinz, Nesquik, Snickers, Marlboro, la liste est longue. On peut rire d'une telle idée, mais on ne peut rire du pire qui s'avance. On ne peut rire du bruit des bottes et des bombes.

(1) chiffres de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés dans un message publié ce jour.
(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/02/22/raphael-glucksmann-eurodepute-jamais-la-menace-d-une-guerre-a-l-interieur-des-frontieres-de-l-union-europeenne-et-de-l-otan-n-a-ete-aussi-elevee_6558261_3232.html
(3) "Les Ukrainiens continuent à refuser la défaite", interview d'Andreï Kourkov, Télérama, 12.2.2025.
(4) Il existe des moteurs de recherche solidaires : Lilo et Ecosia, par exemple.
A lire : https://nepassubir.fr/2025/02/23/leurope-et-lukraine-vont-elles-se-faire-trumper/


mercredi 19 février 2025

Sauver l'Ukraine

La conjuration des crapules aura la peau de l'Ukraine. Cette infection contagieuse qu'on appelle Trump se prépare à livrer le pays à son ami Poutine en prélevant au passage sa part de gâteau.
Tout ça pour ça. Tant d'héroïsme de la part du peuple ukrainien, tant de courage et de détermination chez son président, tant de morts, de blessés, de destructions, de terreur, pour, au bout du compte, voir l'infect président américain injurier tout le monde et affirmer, avec sa bêtise et sa suffisance habituelles et en multipliant les mensonges, qu'avec lui tout se serait bien passé.
Cet homme inculte et grossier n'a jamais rien eu et n'aura jamais rien d'un héros. Le pire est son royaume. S'il arrive, si l'Ukraine est vraiment livrée à la mafia russe, il faudra que l'Union européenne et tous les pays qui croient encore en la justice et la démocratie coupent les ponts avec les Etats-Unis. La Russie est boycottée depuis le début de son agression de l'Ukraine. Il faudra faire de même avec les Ponce Pilate qui livrent l'agressé à son agresseur. 
D'ici là, on attend des positions fortes et fermes vis-à-vis de Trump de la part des représentants de l'UE et de ses chefs d'Etat. On en attend autant de la part de l'ONU, des élus américains, de l'opinion publique américaine et un peu partout dans le monde. Abandonner l'Ukraine, c'est dérouler le tapis rouge à Poutine, c'est mettre en danger l'indépendance de quantité de pays, c'est se coucher devant les dictateurs. Il n'est plus temps de se dire sidéré.  

https://www.lemonde.fr/international/live/2025/02/19/en-direct-guerre-en-ukraine-le-pays-n-est-pas-a-vendre-dit-volodymyr-zelensky-aux-etats-unis_6549023_3210.html