vendredi 9 janvier 2026

Gérontocraties

Le Secrétaire d'Etat américain Marco Rubio dénonçait récemment un gouvernement composé de personnes "incompétentes et séniles".  On l'a trouvé très lucide par rapport au gouvernement auquel il appartient, mais il évoquait en fait celui de Cuba. On cherche en vain des personnes compétentes dans le gouvernement Trump où règnent l'incohérence et l'irrationalité. Et si on y trouve des jeunes il est néanmoins dirigé par le plus veux président qu'aient jamais connu les Etat-Unis.
Donald Trump a 79 ans.
Poutine en a 73 ; Khamenei (Iran) 86 ; Bya (Cameroun) 92 ; Netanyahou 76 ;  Xi Jiping 72 ; Modi 75 Ouattara (Côte d'Ivoire) 84 ; Tebboune (Algérie) 80 ; Museveni (Ouganda) 81.
Comment imaginer que tous ces gens se soucient de l'avenir ? Ils l'ont derrière eux. Pourquoi se préoccuperaient-ils du réchauffement climatique ? Pourquoi œuvreraient-ils à un climat apaisé entre les nations ?
Moralité : vive la retraite à 60 ans.

mardi 6 janvier 2026

Servez-vous

Avec ses deux kilomètres carrés de superficie et ses 38.423 habitants, la principauté de Monaco a une densité de population parmi les plus élevées du monde : 18.473 habitants/km2. Comment y vivre confortablement ? Pour que sa population dispose de plus d'espace, elle devrait prendre possession de l'Alaska (0,43 hab/km2), du Wyoming (2,3 hab/km2) ou encore du Nevada (11 hab/km2). Ces Etats à peine habités ne servent à rien. Les Monégasques en ont besoin. Qu'ils les prennent. C'est la loi Trump, dite aussi du gros bébé capricieux : tout besoin doit être satisfait immédiatement. Au passage, que le Prince Albert II en profite pour arrêter Trump : il y a cinq ans aujourd'hui, il incitait à une tentative de coup d'Etat en refusant de reconnaître sa défaite électorale et en faisant prendre d'assaut le Capitole par ses partisans déchaînés. Un tel criminel ne peut rester en liberté. Cinq minutes de courage politique et c'est fait.

(Source des chiffres : Wikipedia)

lundi 5 janvier 2026

Pétroleur

L'homme qui se vante d'attraper les femmes par la chatte prend les pays par la force. C'est la seule méthode qu'il connaisse. Si quelque chose ou quelqu'un l'intéresse, il prend. Pourquoi se gênerait-il ? J'en ai besoin, se justifie-t-il. Qui apprendra les bonnes manières à cet enfant gâté, brutal et grossier ? Le Père Ubu prétend s'en prendre aux narcotraficants mais est en fait drogué au pétrole. Il en a un besoin débordant. Demain, il le confirme, il compte bien se saisir du Groenland. Pourquoi s'en tenir au Venezuela ? De toute façon, qui l'empêcherait de faire quoi que ce soit ? Les instances internationales sont totalement incapables de faire appliquer le droit par les grandes puissances, l'Union européenne a réagi mollement et le président Macron s'est presque écrasé devant lui. 
Trump ne cherche même pas à se justifier. Il n'évoque ni la démocratie, ni le droit national comme international, ni le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ces notions n'existent pas pour lui. Seules comptent ses envies. Celle d'être l'empereur mondial du pétrole est irrésistible. 

Note : le terme pétroleur n'existe pas dans les dictionnaires français. Celui de pétroleuse bien. Il désigne une "femme qui, pendant la Commune, allumait des incendies avec du pétrole". Et, par extension, une "femme qui agit , manifeste plus ou moins violemment ses opinions" (Le Petit Robert).

samedi 3 janvier 2026

Vulgaire cowboy

Ainsi donc le Père Ubu américain qui avait fait de America First son slogan a à nouveau berné ses soutiens. Il allait ne s'occuper que des Etats-Unis. Avec lui, ceux-ci ne seraient plus les gendarmes du monde. Et lui, le plus grand président qu'ait jamais connu ce pays, allait être un faiseur de paix. 
Et voilà qu'il n'est qu'un vulgaire cowboy qui régit le monde selon sa propre loi. Voilà qu'il attaque le Venezuela et en capture le président et son épouse (1). 
On peut ne pas avoir de sympathie pour l'autoritaire Maduro et sa manière de garder et d'exercer le pouvoir (2), reste que le Venezuela est un Etat souverain et que bombarder un pays et en enlever le président sont des manières de voyou inacceptables. 
Depuis quelques mois, l'armée étatsunienne a attaqué plusieurs bateaux vénézuéliens les considérant comme des narcotraficants mais sans en apporter la moindre preuve. Le cowboy a tous les droits. Y compris celui de mépriser les appels au dialogue qu'avait exprimé ces derniers jours Nicolas Maduro. Le cowboy ne discute pas, il cogne.

Tout espoir de paix partout dans le monde s'envole dans le même temps. Comment encore croire que les règles du droit international puissent être respectées où que ce soit ? Demain, les Etats-Unis interviendront en Iran. Et après-demain, ils mettront la main sur le Groenland. Comment espérer la paix où que ce soit et notamment en Ukraine ? Comment encore voir dans le faucon brutal qu'est Trump une colombe ? Qui pourrait empêcher Netanyahou d'annexer la Cisjordanie ? Si les Etats-Unis ont le droit d'attaquer un autre Etat, pourquoi la Russie ne pourrait-elle faire de même ? Et pourquoi la Chine ne pourrait-elle mettre la main sur Taïwan ? 2026, l'année des brutes épaisses ?

(1) https://www.lemonde.fr/international/live/2026/01/03/en-direct-venezuela-donald-trump-annonce-que-nicolas-maduro-a-ete-capture-et-confirme-les-frappes-americaines_6660411_3210.html
(2) https://www.courrierinternational.com/article/opinion-au-venezuela-la-longue-liste-des-mefaits-de-nicolas-maduro_238525_1

Post-scriptum : à lire, cette analyse du New York Times :
https://www.courrierinternational.com/article/opinion-l-attaque-de-trump-au-venezuela-est-aussi-illegale-que-dangereuse_238927

vendredi 2 janvier 2026

De la lumière

Poutine, Trump, Xi Jinping, Netanyahou, Khamenei, Milei, Modi et vous tous qui vous croyez si grands, ôtez-vous de notre soleil !

mercredi 31 décembre 2025

Les petits hommes

Poutine est au moins aussi aussi fort que son camarade Trump en matière de post-vérité. Plus c'est gros, plus ça passe. Seul Trump veut croire que le Vieux (comme l'appelle les jeunes opposants russes) souhaite mettre fin à la guerre qu'il mène contre les Ukrainiens. Alors qu'un accord de cessez-le-feu semblait possible, acculé, le tueur en série se fâche prétextant une attaque ukrainienne contre une de ses résidences. "Un acte terroriste", affirme-t-il sans rire (lui qui est spécialiste en la matière - de terrorisme, pas de rire). Le premier ministre indien Modi, s’est dit « profondément préoccupé », tandis que son collègue pakistanais Sharif a dénoncé une « menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité ». Comme si la guerre que mène depuis plus de dix ans la Russie contre l'Ukraine n'était pas en elle-même une « menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité ». Poutine aurait pu se scandaliser d'une agression contre un hôpital, contre une école, contre une centrale nucléaire. Mais il préfère inventer le pire des crimes : celui de lèse-majesté. C'est au tsar lui-même que les Ukrainiens auraient voulu s'en prendre, prétend-il. S'en prendre à cet homme, innocent comme l'enfant qui vient de naître, c'est gifler le peuple russe tout entier, risquer de le rendre orphelin, lui qui souffre déjà de cette guerre qu'il n'a jamais voulue mais qui lui a été imposée par cet Occident dégénéré !
Le pouvoir russe se reconnaît incapable d'apporter la moindre preuve de cette attaque. Mais que lui importe ? « Moscou a désormais les mains libres », titrait le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.
On voit par là que Poutine l'assassin n'a de considération pour personne sinon sa petite (si petite) personne et que jamais la diplomatie ne viendra à bout de cette guerre. Avec les jusqu'au-boutistes, seule la force est payante. Mais Trump est faible face à Poutine.

https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/31/guerre-en-ukraine-apres-la-supposee-attaque-de-drones-contre-la-residence-de-poutine-les-preuves-introuvables_6660131_3210.html

lundi 29 décembre 2025

Dis-moi, sénile

Même les sales gosses finissent un jour par se mettre à réfléchir. Au moins un peu.
Volodymyr Zelensky a rencontré hier le Père Ubu américain. « Nous nous rapprochons beaucoup, peut-être même de très près » d’un accord, a affirmé Donald Trump, avant de reconnaître : « Il ne s’agit pas d’un processus qui se règle en une seule journée, c’est une affaire très compliquée. » (1) Jusqu'à sa prise de fonction il y a quasiment un an, Trump le Rodomont affirmait qu'il ne lui faudrait pas vingt-quatre heures pour régler ce conflit. 
On voit par là que même sénile on peut encore grandir.

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/29/apres-la-rencontre-entre-donald-trump-et-volodymyr-zelensky-le-chemin-de-la-paix-entre-la-russie-et-l-ukraine-reste-incertain_6659697_3210.html


jeudi 25 décembre 2025

Le retour du Christ

En ce jour de Noël, rendons hommage à la famille et penchons-nous sur l'amour filial, celui d'un fils pour son père. Louis Sarkozy en est l'expression parfaite. Il est béat d'admiration pour celui qui l'a engendré. "Témoignez-en, chers lecteurs : les foules qui s'amassent à la venue de mon père, Nicolas Sarkozy. (...) Ils mettent de côté leur travail, leur week-end, leurs obligations diverses et descendent dans la rue à sa rencontre. Ils sont des centaines de milliers - que dis-je ? - des millions à le lire, à venir lui serrer la main, le remercier, le toucher." (1)
C'est si beau l'amour filial qu'il vous amène parfois à confondre vos rêves avec la réalité, à voir en votre père le Christ en personne. On peut comprendre qu'un enfant de huit ans pose un regard aussi enthousiaste sur son père. Mais Louis Sarkozy en a vingt de plus. Il n'a pas quitté l'enfance. Comment va-t-il réagir quand, enfin adolescent, il découvrira que son père n'est pas le héros qu'il s'est fabriqué, qu'il a été condamné pour corruption, trafic d'influences, financement illégal de sa campagne et association de malfaiteurs ? On craint le pire pour cette âme sensible et aimante.

(1) Valeurs actuelles, 17.12.2025 (cité par Charlie Hebdo, 24.12.2025)

lundi 15 décembre 2025

Le RN, vassal de Trump et de Poutine

Que ça se sache, que ça se dise : voter pour le Rassemblement national, c'est voter Trump et Poutine. C'est faire leur jeu, se ranger du côté de la guerre, militaire comme économique et sociale, s'opposer à la démocratie, viser la fin de l'Union européenne. Voter pour tout parti d'extrême droite, c'est participer aux mêmes objectifs.
Tant Trump que Poutine prétend vouloir se replier sur son territoire. En réalité, tous deux rêvent - de moins en moins secrètement - de se partager le monde et d'en finir avec la démocratie. D'exercer un pouvoir le plus absolu et le plus large possible. Et ils savent qu'ils peuvent y parvenir en flattant et en utilisant les partis qui se disent patriotiques et qui sont surtout partisans du repli nationaliste et du totalitarisme.
"Dans leur stratégie de sécurité nationale, Donald Trump et ses idéologues exposent leur intention d'intervenir sur le continent européen, écrit Béatrice Delvaux (1), pour lutter en fait contre les gouvernement élus, en soutenant les partis patriotiques européens. L'objectif ? Aider l'Europe à corriger sa trajectoire actuelle par la promotion du renouveau spirituel, de l'essor des partis patriotiques, de la démocratie authentique, la liberté d'expression et la célébration sans complexe du caractère et de l'histoire propres à chaque nation européenne."
Récemment, Elon Musk a écrit que "l'Union européenne devrait être abolie et la souveraineté retourner aux pays individuels de façon que les gouvernements représentent mieux leurs peuples". Le vice-président russe Dmitri Medvedev s'est dépêché de l'applaudir : "Exactement" a-t-il réagi.
Leurs peuples devraient les prendre au mot et en faire de même, en finir avec la Fédération de Russie. Les 170 ethnies ou les 89 entités qui la composent devraient prendre leur souveraineté. Les 50 Etats fédérés des Etats-Unis devraient eux aussi prendre leur indépendance.

"Les prochains objectifs, écrit Béatrice Delvaux, devraient être la France en 2027 et la conclusion de la paix de Poutine en Ukraine. Un axe Washington-Paris-Moscou, passant par Budapest, qui ne ferait plus qu'une bouchée de l'Union européenne ? Cela ne relève plus de l'utopie, et pourrait même se vérifier à une échéance proche."
Des partis comme le RN n'ont rien de patriotique, ils savent que pour arriver au pouvoir ils ont besoin de Trump ou de Poutine, ils sont fascinés par ces brutes qui plus elles seront puissantes, plus elles domineront le monde et leur permettront à eux, partis nationalistes, de jouer les vassaux dans leur arrière-cour.

(1) Béatrice Delvaux, "Il est J-1 pour l'Europe démocratique", Le Soir, 8.12.2025.