Pour le reste, rien. Ou plutôt une politique à la Trump : casser les outils. "Aussi limité et nébuleux soit-il, écrit Le Monde, le « plan climatisation » – et le prêt à taux zéro dont il ferait partie – constitue l’unique effort consenti par le RN dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien plus précises sont les saignées promises en la matière, énumérées et chiffrées lors du contre-budget établi à l’automne 2025. Au menu, notamment : 10 milliards d’économies dans la rénovation énergétique avec la fin de MaPrimeRénov’ et l’affectation au budget général des certificats d’économie d’énergie ; marges de manœuvre des collectivités ratiboisée par la suppression du fonds vert (« hors dépenses pour inondations et feux de forêts ») et la baisse radicale de leurs dotations par l’Etat ; coupe d’un tiers des subventions des associations environnementales ; disparition d’opérateurs et d’agences de l’Etat comme les agences de l’eau, l’Ademe ou l’Office français de la biodiversité."
De plus en plus de départements manquent d'eau. Et nous ne sommes qu'en juin. Où trouvera-t-on de l'eau ? La climatisation, même si elle est désormais indispensable pour survivre dans de trop nombreux logements, va augmenter un peu plus encore les consommations d'eau. Le génie français sera-t-il capable de dessaler l'eau de mer à moindre coût ? De transformer en eau l'air chaud ou la terre ou le sable ?
Il ne se passera rien pour lutter fermement contre le réchauffement climatique. Dès la fin de cette période-ci de canicule, on passera à autre chose. On attend d'un candidat de gauche qu'il prenne des positions courageuses, qu'il propose un programme radical et audacieux capable de bouleverser du tout au tout notre mode vie et pas avec des mesurettes qui se contentent de rendre la situation à peine moins insupportable. Mais la majorité des électeurs n'acceptera jamais que soient remis en question leur confort et leurs habitudes. Ont-ils des enfants, des petits-enfants, ces électeurs ?
"Je suis dans le constat d'un suicide, déclarait récemment (2) le jardinier et paysagiste Gilles Deleuze (c'était peu avant la période caniculaire actuelle), bizarrement non partagé par l'humanité, mais fabriqué, organisé par elle, sous la pression des lobbies. Du fric ou rien. Il faut faire de l'argent, donc on fait. Tant pis si on meurt à cause de ça. Et on le fait. Tout le monde le fait." Les dirigeants ne sont pas là, dit-il encore pour améliorer la vie, mais le pouvoir d'achat.
(2) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/gilles-clement-jardinier-pour-le-livre-un-jardin-pour-l-eternite-9952684