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mardi 10 décembre 2024

Les tortionnaires et leurs amis

Depuis longtemps, on savait. On savait que le régime des Assad était celui de l'horreur. Mais aujourd'hui l'ouverture des prisons nous fait découvrir à quel point le sadisme et la violence qu'ils pratiquaient étaient  d'une barbarie rarement atteinte, d'une inhumanité totale. 
Même des adolescents en étaient victimes. Dans la Syrie d'Assad, on se retrouvait en prison pour avoir dessiné un graffiti ou pour avoir déploré la situation des militaires. Et cette prison était le pire des enfers. Tabassages, tortures, mort, c'est ce qui attendait les détenus. "A coups de barre de fer et de câble électrique, les bourreaux du régime s’attardaient à briser corps et âme jusqu’à ce que mort s’ensuive", écrivent les envoyés spéciaux du Monde (1). Des prisonniers voués à disparaître étaient jetés dans des cellules d'un mètre sur un mètre. Des dizaines de milliers de prisonniers ont ainsi été tués par le régime. "Dans un rapport publié en 2022, l’Association des détenus et disparus de (la prison) Saydnaya estimait à 30 000 le nombre de prisonniers torturés à mort ou exécutés entre 2011 et 2018, au plus fort de la répression et de l’anéantissement des régions qui échappaient au contrôle du régime. Les corps n’ont jamais été restitués aux familles." Et pour cause : le régime les faisait disparaitre. "Dans l’aile ouest de Saydnaya, les corps des détenus, tués sous la torture, étaient placés dans du sel avant d’être envoyés vers un hôpital militaire. Hamed se souvient, lui, de corps dissous par des produits chimiques. La privation de nourriture, d’eau et de soins médicaux était généralisée."
La répression de la population depuis le soulèvement de 2011 aurait fait au moins 500.000 morts. Certains pensent que le chiffre d'un million ne serait pas exagéré.

Depuis longtemps, on savait. Mais certains ne voulaient pas savoir. A l'extrême droite comme à l'extrême gauche, on apprécie les extrémistes violents.
"Depuis son arrivée à la tête du parti cofondé par son père, écrit Le Monde (2), Marine Le Pen a toujours regardé les révolutions arabes avec scepticisme, disant préférer « une dictature laïque à une dictature islamiste ». Elle a toujours été entourée de conseillers qui, comme son père, faisaient les yeux doux au régime Assad. Tels le député européen Thierry Mariani, le conseiller régional Andréa Kotarac, actuel membre du cabinet Le Pen, l'ancien député européen Aymeric Chauprade ou encore son ami Frédéric Chatillon, "prestataire du RN, largement enrichi par l’argent du régime syrien dont il assura la propagande politique durant la révolution, et la communication touristique avant cela. Proche de dignitaires baasistes, Frédéric Chatillon voyageait fréquemment en Syrie cependant qu’il jouait un rôle-clé dans les campagnes de Marine Le Pen".
"Jordan Bardella, président du RN, a considéré la chute de Bachar Al-Assad comme « une catastrophe géopolitique », en raison du « risque migratoire » qu’elle ferait courir à l’Europe, écrit encore Le Monde. Aucun des deux leaders d’extrême droite ne s’est jamais attardé ni sur les souffrances infligées par Bachar Al-Assad à son peuple, ni sur le rôle que son régime a joué dans l’exil de millions de Syriens."

Mélenchon, lui, a, selon Le Monde, "toujours sous-entendu que le soulèvement syrien était téléguidé par les Etats-Unis et le Qatar, et que cette guerre était d’abord une affaire de « pipelines » et de « gazoducs ». (...) Le 29 novembre, il moquait, lors d’une conférence devant un public conquis, des « rebelles habillés de pied en cap dans des camions tout neufs », « des bazookas, des fusils et des Toyota flambant neufs » achetés « à la boutique du coin ». Insinuant l’intervention d’un agent étranger. Lequel ? Selon M. Mélenchon, « un sénateur américain » aurait « vendu la mèche », disant : « Al-Qaida a toujours été notre agent d’intervention. »"
Comme Marine Le Pen, Mélenchon avait "mis en doute les attaques chimiques menées par l’armée syrienne en avril 2018 dans la Ghouta orientale, une banlieue de Damas, selon des révélations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme. « Si [le gouvernement français] a ces preuves, qu’il les montre ! », avait-il asséné. " Aujourd'hui, le gourou de LFI hurle qu'il a toujours  "défendu la révolution citoyenne de 2011 contre la dictature de Bachar Al-Assad" et dit s'inquiéter de l'arrivée au pouvoir d'islamistes. Comme le fait remarquer un opposant syrien, il est moins inquiet "quand il s’agit du Hamas ou du Hezbollah, qui a mené des crimes d’ampleur en Syrie". 
L'antiaméricanisme primaire de Mélenchon tourne au mépris de la population syrienne, voire au racisme. Il préfère soutenir des dictateurs parce que, selon lui, ils font partie du camp des ennemis des Etats-Unis plutôt que de dénoncer la barbarie avec laquelle ils traitent leur population. 
Le FN-RN et LFI sont aussi écœurants et inaudibles l'un que l'autre. Qu'ils se taisent.

(1) https://www.lemonde.fr/international/article/2024/12/10/syrie-a-la-prison-de-saydnaya-l-espoir-brise-des-familles-de-disparus_6439197_3210.html
(2) https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/12/09/marine-le-pen-et-jean-luc-melenchon-rattrapes-par-leur-soutien-passe-a-bachar-al-assad_6438963_823448.html
A lire aussi sur le régime Assad et ses soutiens internationaux :
https://www.courrierinternational.com/article/recit-la-syrie-d-assad-ou-le-royaume-de-la-peur-et-du-silence_225445?at_medium=email&at_campaign=alerte_courrier&at_creation=article_lire_la_suite


lundi 9 décembre 2024

A qui le tour ?

Chaque matin, en ouvrant son ordinateur pour découvrir les nouvelles de la nuit, on espère apprendre la mort d'un tyran ou la chute d'un dictateur. Hier, la journée de dimanche a bien commencé : on apprenait que le Boucher de Damas a été forcé de fuir son pays, un pays qu'il mis à feu et à sang, dont il a tué 500.000 à un million de ses habitants et fait fuir des millions d'autres. Il s'est réfugié à Moscou. Il a démissionné, a déclaré le Kremlin dans cette novlangue (de pute) dont il est coutumier.
On pense aux amis syriens, à leur joie d'apprendre que s'en est fini de cette famille de dictateurs qui a fait régner la terreur sur son peuple pendant plus de cinquante ans. Reste à espérer que les libérateurs - présentés comme des islamistes assagis en radicaux - joueront ce rôle jusqu'au bout et que la Syrie connaîtra enfin la démocratie.
La fin d'Assad, estiment de nombreux commentateurs, est aussi celle de "l'axe de résistance iranien" et un échec pour Poutine, l'homme qui n'a jamais d'état d'âme, qui avait mis son armée au service du Boucher. Comme d'autres, on se met à rêver dans ce monde désespérant. Et si les mollahs iraniens subissaient le même sort ? Si, en quelques jours, le peuple se soulevait et l'armée, fatiguée d'être un instrument de répression, rendait les armes ou les retournait contre ses maîtres ? Si les mollahs et les ayatollahs couraient se réfugier à Moscou ? Et s'il arrivait la même chose en Russie, si les militaires épuisés et sacrifiés dans une guerre insensée signifiaient au tueur en série du Kremlin qu'il a perdu le pouvoir ? On les imagine alors tous se marcher les uns sur les autres pour entrer dans un avion. On les voit déjà réfugiés sur une petite île de l'Océan Arctique où monte chaque jour un peu plus le niveau de la mer à cause du dérèglement climatique.
Même si on sait que demain les nouvelles ne seront pas aussi réjouissantes, on sourit, on espère.

lundi 14 octobre 2019

La religion de paix aime la guerre

Que les religions soient vectrices de paix est la plus grande blague que l'humanité (une large partie d'entre elle en tout cas) se soit jamais racontée. Qui peut aujourd'hui affirmer sans rire - ou sans pleurer - que l'islam est une religion de paix?
Au Yemen, les deux grandes puissances islamiques, l'Arabie saoudite côté sunnite et l'Iran côté chiite, se font la guerre. Et c'est la population civile yéménite qui en paie le prix. Lourdement.
Les pays où l'Islam est religion d'Etat peuvent très rarement être considérés comme des démocraties. Au contraire. L'opposition y est inexistante ou en prison. Les femmes sont voilées et à la maison.
Et voilà qu'Erdogan, ce grand croyant qui s'est un jour présenté comme "l'imam d'Istanbul", vient de lancer une guerre contre les Kurdes syriens. Même si ceux-ci furent en première ligne dans le combat contre le monstre fascisto-islamiste en Syrie. Même si nous leur devons une reconnaissance éternelle pour le rôle qu'ils ont joué face à Daech. L'armée turque et les milices qu'elles a lâchées ont entamé les massacres, même contre des convois de civils (1).
Et nous, nous restons là, mutiques ou presque, abandonnant les Kurdes à la terreur (2). Par lâcheté et parce que nos irresponsables dirigeants européens ont passé un pacte avec ce terroriste d'Erdogan pour qu'il retienne trois millions de réfugiés à l'intérieur de ses frontières. Frontières qu'il menace maintenant d'ouvrir côté U.E. si celle-ci avait l'outrecuidance de prendre des sanctions contre lui pour son agression de la population kurde.
Les pays de l'Union européenne, à l'exception du Royaume-Uni (vivement le Brexit!), ont heureusement décidé de ne plus vendre d'armes à la Turquie (3). Mais c'est un peu tard.
C'est toute relation qu'il faut cesser, tout de suite, avec la Turquie. Absolument toute. Politique, économique, sociale, culturelle, touristique, sportive. Il faut exclure la Turquie de l'OTAN. Dire enfin clairement que la Turquie, cette Turquie-là, ne fera jamais partie de l'Union européenne. Annuler le match de foot, prévu ce soir, entre la France et la Turquie. Il faut mettre la Turquie au ban de la société civilisée. Elle s'y est mise elle-même.

Trump le dingue l'y a bien aidée. Je retire mes troupes de Syrie. Puis, non, je les y laisse. Puis, je les retire quand même parce qu'elles risquent d'être prises entre les deux feux, turc et kurde, que j'ai moi-même allumés (4).
Voilà les Kurdes forcés d'appeler à l'aide Assad, l'odieux boucher de Damas, et ses troupes.
Grâce au chaos provoqué par ce duo monstrueux que jouent Erdogan et Trump, des proches de djihadistes se sont enfuis par centaines (5). La guerre en Syrie est relancée, tout autant que la lutte du bien (forcément du côté de la religion) contre le mal (forcément du côté des laïcs). Les religions aiment le sang. Et la terreur.

(1) https://www.lalibre.be/international/asie/neuf-civils-kurdes-dont-une-femme-politique-executes-par-une-milice-turque-5da23b66f20d5a2781766617 et France Inter, Journal de 9h, 14.10.2019.
(5) https://www.lalibre.be/international/asie/syrie-des-familles-de-membres-de-l-ei-se-sont-echappees-d-un-camp-5da2e296d8ad5841fc7a9261

samedi 24 février 2018

Une communauté peu commune

Combien de fois dans une vie se sera-t-on senti impuissant, honteux, rageant de voir des innocents se faire massacrer sans qu'on n'arrive à lever le petit doigt?
Il y a eu, qu'on y assiste quasiment en direct ou qu'on le découvre peu après, le Cambodge tout entier, Sabra et Chatila, Sarajevo et Srebrenica, Kigali et l'ensemble du Rwanda, Alep et tant d'autres villes et régions où des crimes de masse ont été perpétrés sans que ce qu'on appelle la communauté internationale ne réagisse. 
Il y a aujourd'hui la Ghouta en Syrie où Bachar el-Assad fait tranquillement massacrer ses compatriotes par centaines. Cinq cents en sept jours. Bientôt des milliers sans doute, vu l'incapacité du reste du monde à empêcher cette tuerie programmée.
Honte à Assad qui tue son propre peuple juste pour pouvoir prolonger (de combien de temps?) son pouvoir. Honte à Poutine qui le soutient activement. Honte à l'Iran et à ses barbus qui servent un dieu aux mains pleines de sang. Honte aussi à ceux qui détournent pudiquement les yeux en renvoyant dos à dos armée syrienne, rebelles et jihadistes de Daech. 90 % des victimes syriennes sont le fait de l'armée d'Assad. Cet homme est un boucher.
Et nous, nous sommes là, navrés, scandalisés de voir des enfants, des femmes, des hommes  mourir sous les bombes de celui qui n'a jamais mérité d'être leur président.
Il y a quelques années, Barak Obama et le reste des pays démocratiques ont laissé passer les occasions, qui ne manquaient pas, d'intervenir fermement en Syrie en rappelant le pouvoir en place au respect des règles minimales. Assad et Poutine ont bien compris qu'ils pouvaient tout se permettre, que nous nous contenterions de dire que ça ne se fait pas.
L'ONU se trouve prisonnier de ses propres règles de fonctionnement. Poutine le cynique n'est pas prêt à lâcher son allié sanguinaire et utilisera jusqu'au bout son droit de veto pour éviter toute décision du Conseil de Sécurité qui permettrait une intervention forte en Syrie.
Combien de fois dans une vie est-on assourdi par son propre silence?

Post-scriptum: le Conseil de Sécurité de l'ONU réclame - enfin - un cessez-le-feu en Syrie.
http://www.lalibre.be/actu/international/le-conseil-de-securite-de-l-onu-reclame-a-l-unanimite-un-cessez-le-feu-en-syrie-5a91a1c6cd70b558ed7ca572

http://www.lalibre.be/actu/international/syrie-plus-de-500-civils-tues-en-sept-jours-de-raids-sur-la-ghouta-5a915b99cd70f0681dd6bdb6
http://www.lemonde.fr/syrie/article/2018/02/24/plus-de-500-morts-civils-au-septieme-jour-de-bombardement-sur-la-ghouta-orientale_5262081_1618247.html
(Re)lire sur ce blog "Alep, notre honte", 2.10.2016.

mardi 13 décembre 2016

Où sont les hommes?

Pourra-t-on encore naïvement s'étonner du terrorisme qui nous frappe, quand on voit que nous (ou si peu d'entre nous - et ce "nous" est extrêment large) n'avons pas bougé pour sauver les habitants d'Alep du terrorisme qui les frappe? Comment pourrions-nous croire que ces massacres libres et notre passivité ne vont pas créer de la haine?
Nous - le reste du monde - avons laissé agir les terroristes al-Assad et Poutine, le Hezbollah, l'Iran. Les habitants d'Alep sont victimes d'un massacre organisé, auquel nous assistons en avouant notre impuissance. Des habitants sont bombardés, brulés dans leurs maisons, des enfants tués et nous sommes juste capables de dire que nous sommes désolés (1). Ces terroristes syriens, russes, iraniens qui agissent à visage découvert le font dans une quasi indifférence, sûrs d'eux-mêmes. Et de notre silence. Donald Trump et François Fillon, parmi d'autres, voudraient avoir des relations apaisées avec ce Rambo de Poutine qui agit à Alep comme il a agi à Grozny. En usant et abusant de la terreur. Le monde fait machine arrière, il est à nouveau aux mains des fous furieux.
Des spécialistes l'affirment (2): ce n'est pas Daech qui est combattu à Alep, c'est la population syrienne. Ce ne sont pas des Syriens qui y combattent des Syriens, mais des forces étrangères qui massacrent des Syriens. Et Daech, avec le ressentiment, légitime, des proches de ces populations exécutées de sang froid, ne fera que se renforcer.
Le boucher de Damas restera président, président d'un pays transformé en cimetière et en champ de ruines. C'est Cyniqueland qui se crée. Et s'étend.

Post-scriptum: merci à Nicole Ferroni pour son billet de ce mercredi matin sur France Inter.

(1) http://www.lalibre.be/actu/international/alep-ils-ont-brule-des-familles-dans-leurs-maisons-execute-des-enfants-et-tuent-tout-ce-qui-bouge-584fba62cd70bb41f08e420e
(2) Jean-Pierre Filliu notamment, dans le Journal de France Inter, 12.12.2016.

mardi 22 novembre 2016

Alep et nous

Alep est en train de mourir et ses habitants piégés se font massacrer par les frappes du gouvernement syrien et de la Russie. Les écoles, les hôpitaux, les centres de distribution de nourriture sont particulièrement visés. Les enfants meurent sous les obus, les armes à sous-munitions et les armes chimiques. Les crimes de guerre se succèdent.
Qu'en pensent les catholiques français qui soutiennent François Fillon? Lui est proche de Vladimir Poutine et favorable à un rapprochement avec la Russie. L'Europe et les Etats-Unis ont laissé passer des occasions d'intervenir pour tenter d'aider les rebelles syriens démocrates et peut-être inverser le rapport de force. Mais la situation est ce qu'elle est aujourd'hui. L'horreur. Certains la comparent à Guernica. Comment Fillon peut-il encore honnêtement croire que c'est de Poutine que viendra la solution? Les soutiens chrétiens (et autres) à Fillon sont-ils uniquement préoccupés par l'interdiction de la GPA et de l'adoption par les homosexuels, par la suppression de l'ISF et de cinq cent mille postes de fonctionnaires? Ils ont l'occasion de mettre leur champion face à ses responsabilités pour qu'il fasse pression sur son ami Poutine. A moins que la notion de prochain leur soit étrangère.

dimanche 2 octobre 2016

Alep, notre honte

Où sont-ils tous ces candidats aux élections qui appellent au respect des valeurs de la République? A la liberté, à l'égalité, à la fraternité? Où sont les partis politiques démocratiques, les syndicats? Où sont les organisations de défense des droits de l'homme? Où est l'ONU? Où sont les militants de Nuit debout? Où sommes-nous? Où suis-je? Nous devrions être jour et nuit devant l'ambassade de Russie, devant le siège de nos gouvernements qui font aveu d'impuissance, nous devrions hurler pour dire notre colère, pour appeler au respect de la vie, à l'humanité. Alep ne sera demain plus que ruines et visiblement Assad et son complice Poutine ont décidé de la rayer de la carte syrienne, elle et tous ses habitants. Allant jusqu'à bombarder les hôpitaux, massacrer les sauveteurs, tuer indisctinctement enfants, hommes, femmes, vieillards. Nos gouvernement condamnent "avec la plus grande fermeté" ces agressions barbares et nous, nous sommes désolés.
Tout comme il faudra bien qu'un jour George W. Lying Bush soit traduit devant un tribunal international pour la guerre qu'il a menée conre l'Irak (avec les conséquences que l'on sait), il faudra aussi que Bachar el Assad et Vladimir Poutine répondent de crimes contre l'humanité. Et nous de notre silence gêné.

Post-scriptum: une manifestation ce mardi à Bxl:
http://www.lalibre.be/debats/opinions/alep-pourquoi-je-manifeste-ce-mardi-a-bruxelles-57f377b6cd70e9985fe99aac

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/10/01/syrie-le-plus-grand-hopital-d-alep-a-nouveau-touche-par-des-bombardements_5006660_1618247.html
http://www.liberation.fr/planete/2016/10/02/a-alep-mourir-de-soif-vaut-il-mieux-qu-etre-tue-par-les-bombardements_1518234

jeudi 21 mai 2015

De tout un peu

Le temps a passé. Celui d'un déplacement et celui de l'achat et de la configuration d'un nouvel ordinateur. L'actualité a suivi son cours, elle ne respecte rien. Quelques réflexions à son propos, en bref et vrac.

Les immigrants sont de plus en plus nombreux à tenter de traverser la Méditerranée et à y laisser leur vie, une mer qu'on n'ose plus appeler "mare nostrum" tant certains se la sont appropriée, l'interdisant à ceux qui ne veulent - et surtout ne peuvent - plus vivre sur l'autre rive. Les plus radicaux ont trouvé la solution pour empêcher tous ces gens de fuir le danger: ils entendent les empêcher de quitter la Libye ou la Syrie. Bref, les enfermer dans la guerre. Se souviennent-ils, ces cadenasseurs, que leurs parents ou leurs grands-parents ont été accueillis à l'étranger quand ils ont été forcés de fuir les bombardements de l'armée allemande? L'Europe, une fois encore, ne parvient pas à se mettre d'accord. Manuel Valls ne veut pas de quotas de répartition des immigrants, mais estime qu'il faut que les pays européens se les partagent équitablement. Les autruches sans doute peuvent comprendre ce type de langage. "Jusqu'à quand, demande l'avocate Selma Benkhelifa (1), allons-nous attendre avant d'organiser des voies légales d'accès afin d'éviter de nouvelles catastrophes humaines? Jusqu'à quand l'Union européenne tentera de nous faire croire que renforcer les frontières va sauver des vies? Jusqu'à quand allons-nous participer à des guerres qui créent des millions de réfugiés? Jusqu'à quand allons-nous vendre des armes sans jamais ses soucier de savoir par qui et surtout contre qui elles seront utilisées? Jusqu'à quand allons-nous piller les richesses de l'Afrique?" L'avocate de Progress Lawyers Network dénonce la pollution de la planète, la subordination de la coopération au développement aux contrats économiques, la spéculation des banques sur les denrées alimentaires. "On ne peut pas impunément accaparer toute la richesse du monde et se plaindre de ma misère du monde", dit-elle.

A Leuze-en-Hainaut (B), la majorité communale vient d'être renversée. Les libéraux ont lâché le premier parti, le CDH, en attirant à lui le Ps. Un parti socialiste qui ne cesse de hurler sur ce parti anti-social qu'est le MR, mais qui n'hésite pas à s'allier à lui pour occuper le pouvoir. On est peu de choses, surtout l'électeur.

A Saint-Maur, dans l'Indre, les commissaires-enquêteurs ont remis un avis défavorable sur le projet de Pôle de sports mécaniques du Centre. Le maire de Châteauroux est "déçu": "je suis convaincu que c'est un bon projet de développement de la région", dit-il (2). Il encourage le promoteur à revoir sa copie. La bagnole comme support à l'avenir, on a vu plus visionnaire et novateur. Mais le maire a une excuse:il est UMP.

Dans le Vif (3), propos intéressants de l'humoriste Alex Vizorek qui travaille tant en Belgique qu'en France. Cette réflexion notamment: "leur fierté (aux Français) réside plus dans la rhétorique qu'ils auront utilisée pour se contredire les uns les autres que dans le fond de leurs propos". Les débats - ou les empoignades - des chaînes de télé lui donnent trop souvent raison. Qu'importe le sujet, pourvu que la joute soit jolie. "Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode qu'affectent la plupart de vos gens à la mode...", disait Molière.

(1) La Libre Belgique, 23 avril 2015.
(2) La Nouvelle République, 30 avril 2015.
(3) 8 mai 2015.

mercredi 12 mars 2014

Loup, m'entends-tu?

C'est parce qu'on l'y a appelé que Vladimir Poutine a décidé d'intervenir en Ukraine. C'est ce qu'il affirme. Le nouveau Petit Père des Peuples n'entend-il aucun appel en provenance de Syrie? N'entend-il  pas les cris des femmes qui y ont été violées par dizaines de milliers (1), des enfants qui y sont torturés, des hommes de tous âges qui s'y font massacrer chaque jour? Lui seul peut contraindre son protégé, le Boucher de Damas, à changer d'attitude. Mais Poutine semble avoir l'ouïe sélective. Hélas.

(1) 50.00 au moins, voir le terrifiant témoignage de la journaliste du Monde Annick Cojean
dans " 28' ", Arte, 10 mars 2014.

mardi 5 avril 2011

Où vais-je? Dans quel Etat j'erre?

Il est un problème dont on ne prend pas assez la mesure: celui qui se pose aujourd'hui à nombre de dictateurs qui ne savent où aller passer leurs vieux jours. Laurent Gbagbo, Mouammar Kadhafi, Ali Abdallah Saleh, Bachar al-Assad et d'autres encore à qui l'on demande (d'une manière assez ferme, ils semblent enfin en convenir) de quitter le pouvoir, voire de dégager, avaient un choix large, voilà quatre mois encore. En gros, il suffisait de passer chez le voisin. Mais voici qu'en quelques semaines, le choix s'est considérablement rétréci. Où se réfugier sans être à nouveau menacé ? C'est une vraie question. L'Asie semble être le continent le plus sûr. Le Kazakhstan par exemple doit constituer un modèle pour tous ces Ubu déconfits. Pensez donc: faire 95,5% des voix ce dimanche et voir même un des candidats et donc adversaires (l'écologiste, ou déclaré comme tel) voter pour vous, Noursoultan Nazarbaïev fait rêver. La Corée du Nord semble assez stable, mais on n'est pas très sûr d'y manger à sa faim. Et quand on est dictateur, on a pris des habitudes. Reste la valeur sûre qu'est la Chine. Alors que l'application de la peine de mort diminue un peu partout à travers la planète, elle est stable en Chine. Voilà qui rassure dans ce monde en plein bouleversement. Les appels au changement générés par le Printemps arabe semblent y avoir fait long feu.
Et pourquoi pas la Belgique après tout? Ici, rien ne change. Voilà un pays immuable dans une pseudo volonté de changement, où Yves Leterme n'a jamais été aussi premier ministre que depuis qu'il est intérimaire. Et cet intérim durera tant que les deux parties (qu'on appelle ici communautés) s'accuseront l'une l'autre de provocations. La Belgique ou la stabilité malgré elle.