jeudi 31 décembre 2009

2010

Je vous/nous souhaite une année
2010tinguée,
2010trayante,
2010ponible,
2010count,
2010tributrice de plein de bonnes choses.
Que Maubray ne devienne pas le Dubaï(ke) du nord.
Que toutes les auto- et théocraties se tranforment en démocraties.
Qu'on s'attaque enfin aux vrais problèmes de la planète: la faim, l'exclusion, le réchauffement.
Et puis, de la tendresse, bordel!

note: si j'étais politiquement correct, j'écrirais "et la tendresse, bon sang!". C'est ainsi que, en 1980, le film de Patrick Schulman avait été rebaptisé dans les feuillets de promotion annonçant sa diffusion sur l'écran du vieux cinéma catholique Patria à Péruwelz.

dimanche 27 décembre 2009

Petites réflexions de fin d'année

Comme chaque fin d'année, la presse jette un coup d'oeil dans le rétro de l'année écoulée.
J'en profite pour partager quelques réflexions.

La presse souligne la bonne tenue (sur le plan électoral) du Ps aux élections de juin dernier. Je me dis que le vrai talent d'un Di Rupo, d'un Demotte, d'un Magnette, c'est d'arriver à faire croire à la fois à certains que le Ps n'est plus vraiment socialiste et à d'autres qu'il l'est toujours. Bref, de balancer au centre.
Dans le Vif (18.12.09), Chantal Mouffe, professeure de théorie politique à l'université de Westminster, estime que "dans beaucoup de pays européens, les gens ont le choix entre le centre-droit et le centre-gauche, ce qui équivaut plus ou moins au choix entre Coca-Cola et Pepsi-Cola: le produit est le même, seul le nom diffère." Je suppose que le soutien sans faille du Ps à l'économie de marché et le credo de Demotte dans l'entreprise rassurent. Mais ne font pas avancer d'un iota vers un autre type de société.

La presse rappelle les débats en cours sur l'interdiction du port du voile et de la burqa. Je m'interroge sur les arguments qui pourraient soutenir le port de la burqa. J'en imagine deux.
1/ Quand naît un enfant, la grande question à trancher pour les proches est celle de savoir s'il ressemble plus à son papa ou à sa maman. Le bébé d'une femme en burqa ressemble forcément à son papa. Puisque sa maman ne resemble à rien.
2/ Le conjoint d'une femme en burqa peut la tabasser allègrement. Personne ne soupçonnera ses yeux au beurre noir ni ses lèvres tuméfiées.
Voilà donc deux grands avantages de la burqa, vus d'un angle masculin. Et d'un angle féminin?
Dans "adresse à celles qui portent volontairement la burqa", Elisbeth Badinter écrit: "Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez."
Il y a bien quelques islamo-gauchistes qui s'offusquent qu'on puisse interdire cette bache qui ressemble si peu à un vêtement. Au nom de l'acceptation des différences. Devrait-on, au nom des différences, accepter des manifestations de fascisme, de racisme? *

Un conseil qui n'a rien à voir.
Ne dites plus: fours à chaux,
Dites: fours wapi.

* sur ce thème, lire "Vin, voile et burqa", publié sur ce blog le 22.06.09

lundi 14 décembre 2009

La Wallonie, à mille lieues de Copenhague

Cocorico! Le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, ne se sent plus de joie: la Wallonie est classée première de 61 zones d'Europe. Première région logistique d'Europe. Un des grands avantages, et de celui-là on peut effectivement se réjouir, c'est que la main d'oeuvre y est productive, qualifiée et multilingue. Pour le reste, qui dit logistique, dit entrepôt et infrastructures de transport. Le prix des terrains et des halls d'entreposage est faible chez nous. Traduisez: le sol (valeur première selon le Code wallon de l'aménagement du territoire) est bradé. Pour y construire d'immenses halls de stockage. C'est-à-dire des lieux qui ne sont pas des centres de production, mais de transit, à peu de valeur ajoutée. Et les autoroutes sont nombreuses et gratuites. Et génèrent des trafics de camions qui deviennent insupportables. A tous points de vue. Pour les riverains comme pour l'environnement. Ajoutons au tableau, pour qu'il soit complet, les aéroports de Gosselies et de Liège à la croissance constante, et nous comprenons de quoi nous pouvons être fiers: d'être une région qui résiste, envers et contre tout, à une évolution devenue indispensable. Voilà pourqwé, nos s'tons firs d'iesse wallons! Un mot encore, il paraît que Liège sera saturé à l'horizon 2020. Et ça, ça en jette vraiment, non?

Ici, au coeur de cette merveilleuse "Wallonie picarde" (dont j'ai malheureusement oublié le slogan *), ce sont les bourgmestres concernés par le projet d'un centre de glisse qui n'ose plus dire son nom qui font de la résistance. Quoi, s'étranglent-ils, le Ministre de l'Aménagement du Territoire demande aux promoteurs d'aménager leur projet pour l'adapter aux nécessités d'aujourd'hui? Mais c'est insensé, s'exclament-ils en choeur dans le Soir du 12 décembre!
Daniel Westrade, bourgmestre de Péruwelz, estime que «un projet comme celui-là sera mieux chez nous qu’ailleurs. Il est sans doute à revoir mais il est vraiment porteur pour notre territoire». On notera qu'il concède que le projet doit sans doute être revu.
Pierre Wacquier, son collègue de Brunehaut, se dit " un peu déçu par le ministre de tutelle. (...) On ne peut plus se permettre d’attendre, dit-il, car il ne faut pas oublier la création énorme d’emplois». C'est le même Pierre Wacquier qui, à propos du projet d'éoliennes à Saint-Maur, déclarait que « la Commune de Brunehaut attache une énorme importance à l’avis du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut » (sur No Télé, le 26 avril 2008). Or le PNPE a remis un avis extrêmement défavorable au projet de Maubray. Un avis que le Parc a adopté à l'unanimité, les représentants de Brunehaut ont donc exprimé leur refus du projet. Rappelons d'ailleurs que la commune de Brunehaut a remis un avis critique sur le projet, refusant, notamment, sa partie sud. Ce qui est pris en compte par le cabinet Henry. Mais le bourgmestre de Brunehaut semble brouillé à jamais avec tout sens de la cohérence.
Quant à Bernard Bauwens, bourgmestre d’Antoing, lui au moins reste cohérent avec lui-même et demeure, contre vents et marées, le porte-parole des promoteurs: «une fois encore, on recule dans ce dossier. Les promoteurs en ont ras-le-bol, plus de dix millions ont déjà été dépensés depuis 5 ans ».
Pour Bobo et Wawa, l'enquête publique qui a suscité des milliers d'avis négatifs, très argumentés, de toutes origines, semble nulle et non avenue. Etrange conception de la démocratie.
Et Copenhague est bien loin. On se souvient que le bourgmestre d'Antoing, à l'issue de la projection du film "Une vérité qui dérange", s'était dit extrêmement préoccupé par l'évolution de la planète, avant de défendre ardemment un projet de centre de loisirs gaspilleur en eau, en nature, en énergie, producteur de CO2 et de trafic automobile.
Finalement, c'est vrai qu'une des forces de la Wallonie, c'est le multilinguisme. Ici, on pratique couramment le double langage.

* assez amusant: cherchant le slogan, j'ai tapé www.walloniepicarde.be et je suis tombé sur un site qui me souhaite la "bienvenue en Tournaisis". On dirait que le Hainaut Occidental bouge encore! (je n'ai pas trouvé le slogan)

dimanche 6 décembre 2009

Une semaine rose pâle

Michel Daerden s'exhibe. Une fois de plus. En empereur romain cette fois, avec sa fille en vestale (?). La DH s'étrangle. C'est l'hôpital qui se moque de la charité. En attendant, le champion socialiste liégeois poursuit sa campagne de peoplisation (assez vulgaire, comme le veut le terme) de la politique. Grandeur et décadence de l'empire romain!

Comme on le pressentait, la chambre et le gouvernement fédéraux ont révisé la décision du sénat d'interdire dès janvier 2012 le tabac dans tous les bistrots. Les sénateurs, notamment socialistes, sont désavoués. L'empereur du Ps avait dit que, s'il reconnaissait les méfaits du tabac sur la santé, il ne fallait cependant pas oublier combien une bonne petite cigarette peut déstresser le brave travailleur en cette période de crise. Il avait exprimé aussi son souci de sauver des emplois dans l'Horeca. C'est vrai qu'un serveur qui meurt d'un cancer du poumon génère un nouvel emploi. Le Ps s'est donc aligné sur la position des Libéraux. L'interdiction du tabac prendra donc cours entre juillet 2012 et juillet 2014. La bonne nouvelle, c'est qu'on comprend par là que la crise sera alors derrière nous et que les travailleurs ne seront plus stressés.

Des députés fédéraux socialistes proposent, via une proposition de résolution transmise au gouvernement, que les passagers aériens puissent compenser leurs émissions de CO2. Volontairement, bien sûr. Car il ne pourrait être question pour eux de remettre en question cette grande évolution qu'est la démocratisation des voyages aériens. C'est de décisions fermes et pas de belles et gentilles intentions qu'a besoin la planète aujourd'hui. Il est grand temps d'imposer d'autres tarifs aux transports aériens, de favoriser le transport par train, d'interdire les sauts de puce en avion. Les prix de nombreux voyages aériens sont ajourd'hui ridicules. Il y a peu, sur un tout autre sujet, le JT de la RTBF suivait un petit homme d'affaires qui partait passer le week-end - en avion, cela va sans dire - à Carcassonne. Pour se déstresser. Alors qu'il suffit d'une bonne petite cigarette...

On le voit, le souci du Ps pour l'avenir de la planète est évident. Il invitait d'ailleurs à participer à la Vague pour le climat organisée hier à Bruxelles. Et... y brillait par son absence. J'ai eu beau chercher ne serait-ce qu'un représentant socialiste, je ne l'ai pas trouvé. Aucun n'apparaissait d'ailleurs dans les JT tant de la RTBF que de RTL.

Mais peut-être les élus socialistes étaient-ils mobilisés par le déménagement du premier des Wallons. La presse nous apprend que Rudy Demotte s'installe à Tournai. La rumeur l'affirmait depuis longtemps. Mais celui qui a trop joué quand il était enfant au jeu du ni oui ni non ne démentait ni ne confirmait. Aujourd'hui, c'est officiel, paraît-il. Il quitte sa commune de Flobecq devenue trop petite pour lui. On s'interroge sur les raisons de ce déménagement. Une régle interne au Ps interdit (interdisait?) à ses élus d'être à la fois parlementaire et bourgmestre ou échevin d'une commune de plus de 50.000 habitants. Et les nouvelles règles en Région wallonne visent le décumul des mandats. Demotte va-t-il sacrifier sa carrière ministérielle? Quel suspense!

jeudi 3 décembre 2009

La pensée du jour

"Il faut investir dans les secteurs qui répondent à ces vagues agressives qui nous atteignent."
Rudy Demotte au JT de la RTBF ce soir, à propos du Plan Marshall.Vert (ou quelque chose dans ce goût-là)
C'est le 150e message sur ce blog. Il fallait bien qu'hommage soit rendu à celui qui a tant dit pour l'alimenter.

Carnaval au moins une fois par semaine *

McCa était au Parlement européen aujourd'hui. A la veille du sommet de Copenhague, il plaidait pour que chacun d'entre nous évite de manger de la viande ne serait-ce qu'une fois par semaine. Pour lutter contre le réchauffement climatique (1).
Les agriculteurs ne sont pas d'accord, paraît-il. Ils ont tort. Même si la planète entière devenait végétarienne, tout le monde continuera à se nourrir. Et qui produit le lait, les céréales et les légumes, sinon les agriculteurs ? Quant aux bouchers, ils se recycleront en marchands de primeurs ou en fromagers.
La ville de Gent a instauré le jeudi jour sans viande. Sur base volontaire bien sûr. Et ça marche: 80 restaurants de la ville proposent au moins un plat végétarien. Et depuis la rentrée, la viande est proscrite du menu du jeudi dans les écoles communales. De très nombreuses autres villes à travers la planète s'intéressent à l'expérience. Mais les organisateurs de l'action veulent avant tout convaincre d'abord les hôpitaux de la ville, l'université, les autres écoles, etc. Ils espèrent aussi que les écoles hôtelières intègreront le végétarisme dans leurs formations.
La viande ne sera pas éternellement une question de préférence ou non, estiment-ils: "si rien ne change d'ici là, on prévoit un doublement de la consommation de viande d'ici 2050, ce qui serait insoutenable en termes de ressources" (2).

(*) carnaval: de carnelevare: ôter la viande (le Petit Robert)
(1) lire sur ce blog "L'esturgeon est aussi antisémite que le végétarien est stupide", publié le 05.10.2009
(2) LLB, 17.07.09

mardi 1 décembre 2009

Le tabac, c'est la santé (de l'économie)

Quelle mouche populiste a donc piqué Elio Di Rupo? S'il fallait une preuve de plus du socialibéralisme du Ps (avec un P de plus en plus gros et un s de plus en plus petit), son président vient de la donner. Elio Di Rupo s'oppose à l'interdiction du tabac dans les bistrots à partir de 2012. Les sénateurs - dont les représentants socialistes - venaient de décider cette interdiction. Mais Di Rupo craint pour la vie des cafés. "Avançons progressivement", dit-il. Alors que c'est précisément ce qui se passe, puisque l'usage du tabac est proscrit depuis plusieurs années dans les restaurants. Les discussions à la chambre ont donc été reportées. J'ai longtemps cru que le Ps défendait avant tout le "social", et donc, notamment, la santé "des gens". Faut-il rappeler au président Di Rupo que le tabac cause 20.000 morts chaque année en Belgique, dont 4.000 non fumeurs (1)? Et combien de morts sont causées par l'alcool? Mais le président du Ps semble avoir choisi son camp: plutôt sauver quinze ou vingt bistrots! Peut-on lui suggérer d'aller voir dans les autres pays européens qui ont déjà adopté depuis plusieurs années cette interdiction?
L'effet de cette sortie du président le plus influent du côté francophone sera, par ailleurs, intéressante à observer si on étudie la marge d'initiative et le pouvoir réel du parlement. La particratie et les calculs électoralistes auront-ils le dernier mot?

(1) selon l’Académie royale de médecine de Belgique, voir www.thinkabout.be/statistiques.htm

lundi 30 novembre 2009

Minarets et patinoires

A question idiote, réponse idiote. Hélas. L'extrême droite suisse a réussi à imposer dans le débat national une question que règlent d'habitude les responsables locaux. A 57%, les Suisses ont dit non aux minarets. Des limites de la démocratie directe... Si la question avait été posée à la population en Indonésie ou en Arabie saoudite de l'autorisation de construction de clochers d'églises, je présume que la réponse aurait été identique. En ce début de siècle où priment les identités, difficile d'espérer de grandes et nobles attitudes d'ouverture. Chacun se replie sur son lopin de terroir et son nombril et l'église doit rester au milieu du village. Les minarets n'auront donc pas pignon sur rue en Suisse.
Le roi du culot en profite. Une fois de plus. Tariq Ramadan déplore la confusion entre islam et islamisme. Je suis parfaitement d'accord avec lui. Mais alors qu'il cesse précisément d'entretenir cette confusion, lui qui pratique en permanence le double langage. L'image des musulmans est ternie par les islamistes qui entendent imposer leurs règles rétrogrades. L'islamisme est clairement une utilisation politique (obscurantiste et sexiste, pour ne pas dire fascisante) de la religion. Pour les islamistes, religion et Etat se confondent et ils entendent créer des états théocratiques où la charia serait d'application. "L'islamisme est un intégrisme musulman, un fanatisme qui englobe plusieurs courants, mais c'est également l'utilisation , voire la manipulation de la religion musulmane à des fins politiques et idéologiques. L'islam est une religion, l'islamisme est une idéologie." (...) "Qualifier l'islamisme de fascisme n'est ni un abus de langage ni un dérapage."(Mohamed Sifaoui - Combattre le terrorisme islamiste) Les islamistes, on le sait, vont donc jusqu'à tuer - ou, plus courageusement, à faire tuer - souvent aveuglément - au nom de dieu.
Pour lutter à la fois contre toutes les extrêmes droites, les "locales" comme les islamistes, les musulmans démocrates - ils sont nombreux - devraient beaucoup plus se faire entendre, protester contre les fous de dieu, condamner l'idéologie salafiste. Donner une autre image de leur religion qu'ils présentent comme tolérante et tranquille. Ce que je suis prêt à croire. Sortons donc de la confusion entre islam et islamisme. Et coupons ainsi l'herbe sous le pied des extrêmistes intolérants. Quelles que soient leurs origines. Les minarets tutoieront alors les clochers.

Ceci dit, en France, la question des minarets n'en plus une, selon rue89 qui a rencontré Sadek Sellam, historien de l'Islam Contemporain et auteur de « La France et les musulmans » :
« Depuis la fin des années 90, ce n'est plus un problème. Les maires, qui gèrent la question au quotidien le savent bien, les anciens refus ont disparu. Les musulmans tiennent compte du droit de l'urbanisme et ne réclament plus de grands minarets.
Ils sont conscients de la primauté de la laïcité et font comme pour les églises qui depuis la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 ne dépassent pas le plus grand monument de la ville. La Suisse est en retard. » (voir sur www.rue89.com: "En France, le débat sur les minarets s'est désormais apaisé" par Sophie Verney-Caillat 30/11/2009)

Personnellement, je propose que les Belges se prononcent sur la question suivante: "Faut-il interdire les patinoires à ciel ouvert?". Chaque fin d'année, elles reviennent. Toujours aussi gaspilleuses en énergie. Toujours aussi absurdes. A Bruxelles, il y a même une piste de luge, "avec de la vraie neige", nous dit le JT de la RTBF, de moins en moins avare d'une analyse intelligente.
Mon souhait? Qu'il pleuve jusqu'après les fêtes. Et qu'il fasse 20 degrés. Transformons les patinoires en piscines!

jeudi 26 novembre 2009

Les amitiés puantes des anti-américains

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. C'est - hélas - trop souvent une manière de nouer des alliances, même contre-nature, en politique. Où l'on voit ainsi se rapprocher des hommes ou des régimes que tout oppose, sauf précisément cette opposition à un ennemi commun. Etre anti-américains rapproche ainsi les bolivariens du Vénézuela ou de Bolivie et le dangereux fondamentaliste antisémite Ahmadinejad.
Now on tour, le président iranien se cherche - et visiblement trouve - au Brésil, au Sénégal, en Gambie et dans les deux pays pré-cités, des alliés pour le soutenir dans son "programme nucléaire". Chavez, Morales et Lula avaient déjà passé un marché avec les Russes, mêlant armes, pétrole, nucléaire civil et manoeuvres navales (1).

Ces trois présidents latino-américains sont clairement ancrés à gauche, menant une politique sociale dans des pays durement touchés par les conséquences sociales des régimes ultra-libéraux précédents, alors soutenus, voire mis en place, par les Etats-Unis.
Le sentiment anti-américain y est donc compréhensible. Mais qu'il amène ces gouvernements à se faire un allié d'un régime qui se situe à l'exact opposé sur l'échiquier politique est beaucoup moins entendable.

La répression se poursuit en Iran. Et elle est particulièrement dure. Notamment à l'égard des manifestants qui ont protesté contre les manipulations lors des dernières élections. Récemment, on a appris la mort de Ramin Pourandarjani, un jeune médecin de 26 ans. Un suicide, affirme le régime. On a retrouvé son corps dans un dortoir du QG de la police de Téhéran. C'est fou le nombre de gens qui choisissent des locaux de la police pour s'y suicider!
Ce jeune médecin avait témoigné des conditions de détention épouvantables que connaissent tant d'opposants dans la prison de Kahrizak. Il avait dénoncé les assassinats perpétrés par le régime, notamment celui de Mohsen Ruholamini, fils d'un haut dignitaire du régime. Suite à la révélation des circonstances de sa mort, de nombreux conservateurs étaient passés dans le camp des opposants (2).

Mais pour Hugo Chavez, le président vénézuélien, son collègue iranien est un frère, nous dit-on. Un frère, ce "fondamentaliste servile" à "la rhétorique populiste" (3)? Il prêche une "mystique apocalyptique sur l'imminence du retour du Mahdi, l'imam caché, dont l'apparition est censée précipiter la destruction du monde et marquer la fin des temps", explique Mansoor Moaddel (3). "Ahmadinejad a pour habitude de faire précéder ses discours publics de prières réclamant instamment le retour du Mahdi." Et Moaddel d'affirmer que "plusieurs ayatollahs ont fait remarquer que de tels propos sur le Mahdi sont inconvenants dans la bouche d'un Président ou pire, symptomatiques d'un leader déséquilibré". Mais les positions millénaristes du président iranien ne sont finalement qu'illuminations de peu de gravité face aux lois qui régissent aujourd'hui ce pays et à la terreur qui y règne.
Un pays où la critique des élections présidentielles est considérée comme un crime. (4)
Un pays dont le chef de la police plaide pour une application plus stricte des châtiments islamiques, notamment l'amputation des mains des voleurs (5).
Un pays où les femmes sont obligées de se voiler, où les défenseurs des droits des femmes sont envoyés en prison (6), où les professeurs d'université, jugés trop progressistes, sont menacés.
Un pays - c'est une première - qui confisque à l'avocate Shirin Ebadi le Prix Nobel de la Paix qu'elle a reçu en 2003 (7).

C'est donc ce président-là, antisémite affirmé (qui organisait en 2006 une conférence sur l’holocauste pour nier celui-ci), qui mène cette politique-là, qu'accueillent les Lula, Chavez et Morales. Quand la gauche et l'extrême-droite s'embrassent, l'histoire bégaie. Comment ne pas penser à tous ces intellectuels de gauche en Occident qui ont longtemps soutenu la Révolution culturelle de Mao ou les Khmers rouges? "Notre" extrême-droite aussi est viscéralement anti-américaine. Ce qui ne suffit pas à la classer à gauche.

Choisissez bien vos amis, camarades! Choisissez bien vos camarades, amis!

(1) voir LLB, 23.11.09
(2) voir Marianne, 21.11.09
(3) enseigne la sociologie à l'Eastern Michigan University - voir LLB 25.07.09
(4) Amnesty International www.amnesty.be - 29.10.09
(5) www.amnesty.be - 11.11.09
(6) www.amnesty.be - 05.11.09
(7) JT RTBF, 26.11.09

mercredi 25 novembre 2009

D'affables voisins

Hier soir en gare de Lille. Une annonce au micro nous signale que "en raison de problèmes rencontrés sur un réseau étranger, le train de Liège aura un retard indéterminé". La même annonce est ensuite répétée en néerlandais. Les informations se succèdent, toujours en français et aussitôt en néerlandais : 5 minutes, puis 10 minutes d'attente. Elles sont exprimées oralement, mais aussi indiquées sur le panneau d'affichage des départs. Finalement, les voyageurs apprennent que le train attendu n'arrivera jamais. La SNCF leur présente ses excuses.
Il y a entre la SNCF et la SNCB deux différences:
1. l'information circule côté français, les voyageurs sont considérés comme des clients et informés des problèmes. En Belgique, trop souvent, ils ont l'impression d'être des otages qui ne savent rien de ce qui les attend.
2. les voyageurs néerlandophones sont des clients comme les autres. Ils ont droit à des informations dans leur langue. En Belgique, la langue parlée est fonction de la commune où on se trouve, pas des clients. A Bruxelles, les annonces se font dans les deux langues. A Namur, Mons ou Tournai, en français uniquement. A Kortrijk ou Gent, en néerlandais uniquement. Prochainement sera ouverte une ligne directe Tournai - Kortrijk. Les annonces se feront-elles dans les deux langues?

La pratique de la monolangue n'est pas une spécificité de la SNCB. Les indications routières sont du même tonneau : à Tournai, on vous indique la direction de Courtrai, de Gand ou de Renaix. Du côté flamand, les villes wallonnes n'existent que dans leur traduction néerlandaise. Même le nom de Lille est traduit, devenant Rijsel. Et tant pis pour les Lillois ou les automobilistes en transit qui ignorent qu'un nom signifie l'autre et qu'ils roulent en Absurdistan. Seules les communes bilingues affichent le nom des villes dans les deux langues.
Par contre, le long des autoroutes du nord de la France, Gand est également indiqué Gent.
On peut reprocher bien des choses aux Français, leur nombrilisme, leur chauvinisme. Mais on saluera leur ouverture sur les régions voisines. Une attitude de courtoisie à cent lieues de l'attitude mesquine qui prévaut en Belgique. Petit pays...