La résistance au changement altère-t-elle la mémoire ? Si on compte bien, voilà cinquante-trois ans qu'a eu lieu la première crise pétrolière. Depuis, on ne cesse de se dire qu'il faut se libérer des énergies fossiles, sortir de la dépendance au pétrole et aux pays qui en produisent, vivre de manière plus sobre. Le dérèglement climatique en augmente un peu plus chaque jour la nécessité. Mais l'Homme est un animal paresseux et sans mémoire.
Ces dernières années est apparue l'expression sortir de sa zone de confort. Elle est souvent injonction : il faut sortir de sa zone de confort. Changer de travail, modifier ses habitudes, multiplier les expériences. Mais la dépendance au pétrole y échappe. Chacun veut continuer à pouvoir prendre sa voiture quand il le veut et rouler vite, voyager en avion pour pouvoir se déconnecter (de la nécessité de ne plus le faire), acheter de mauvais produits chinois dont il n'a pas vraiment besoin.
La guerre du tandem Trump - Netanyahou fait grimper le prix du pétrole et donc de l'essence. Et voilà les automobilistes qui se précipitent aux pompes. Verra-t-on les gilets jaunes s'afficher à nouveau ?
A chaque crise pétrolière, on redécouvre l'eau chaude. Le covoiturage se réorganise. Les appels se répètent, à modifier son comportement d'automobiliste, en utilisant sa voiture de manière moins fréquente et plus rationnelle, en roulant moins vite et plus souplement, en ressortant son vélo.
Mais si on veut rester dans sa zone de confort, on peut faire comme cette automobiliste, entendue dans un micro-trottoir lors d'une crise pétrolière précédente : "moi, l'augmentation, je m'en fiche, je ne mets toujours que pour 20 € d'essence dans mon réservoir. Donc, ça ne change rien pour moi".
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire