dimanche 28 juin 2026
Woman is the nigger of the world
vendredi 26 juin 2026
Idées peu fraîches
Pour le reste, rien. Ou plutôt une politique à la Trump : casser les outils. "Aussi limité et nébuleux soit-il, écrit Le Monde, le « plan climatisation » – et le prêt à taux zéro dont il ferait partie – constitue l’unique effort consenti par le RN dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien plus précises sont les saignées promises en la matière, énumérées et chiffrées lors du contre-budget établi à l’automne 2025. Au menu, notamment : 10 milliards d’économies dans la rénovation énergétique avec la fin de MaPrimeRénov’ et l’affectation au budget général des certificats d’économie d’énergie ; marges de manœuvre des collectivités ratiboisée par la suppression du fonds vert (« hors dépenses pour inondations et feux de forêts ») et la baisse radicale de leurs dotations par l’Etat ; coupe d’un tiers des subventions des associations environnementales ; disparition d’opérateurs et d’agences de l’Etat comme les agences de l’eau, l’Ademe ou l’Office français de la biodiversité."
De plus en plus de départements manquent d'eau. Et nous ne sommes qu'en juin. Où trouvera-t-on de l'eau ? La climatisation, même si elle est désormais indispensable pour survivre dans de trop nombreux logements, va augmenter un peu plus encore les consommations d'eau. Le génie français sera-t-il capable de dessaler l'eau de mer à moindre coût ? De transformer en eau l'air chaud ou la terre ou le sable ?
Il ne se passera rien pour lutter fermement contre le réchauffement climatique. Dès la fin de cette période-ci de canicule, on passera à autre chose. On attend d'un candidat de gauche qu'il prenne des positions courageuses, qu'il propose un programme radical et audacieux capable de bouleverser du tout au tout notre mode vie et pas avec des mesurettes qui se contentent de rendre la situation à peine moins insupportable. Mais la majorité des électeurs n'acceptera jamais que soient remis en question leur confort et leurs habitudes. Ont-ils des enfants, des petits-enfants, ces électeurs ?
"Je suis dans le constat d'un suicide, déclarait récemment (2) le jardinier et paysagiste Gilles Deleuze (c'était peu avant la période caniculaire actuelle), bizarrement non partagé par l'humanité, mais fabriqué, organisé par elle, sous la pression des lobbies. Du fric ou rien. Il faut faire de l'argent, donc on fait. Tant pis si on meurt à cause de ça. Et on le fait. Tout le monde le fait." Les dirigeants ne sont pas là, dit-il encore pour améliorer la vie, mais le pouvoir d'achat.
Post-scriptum : l'analyse lucide et glaçante de Jean-Marc Jancovici :
https://www.youtube.com/watch?v=MoCpLYi2v60
mardi 23 juin 2026
Peuple de sourds
John Henry Tempest, entrepreneur en travaux publics, in "Refuge", Terry Tempest Williams (éd. Gallmeister, 2022)
jeudi 18 juin 2026
Ces canicules qui nous laissent froids
mardi 16 juin 2026
Fiascoman
Donald le Sourd déteste les Européens. Plus encore depuis qu'ils avaient refusé de le suivre dans sa guerre insensée contre l'Iran. Il aurait voulu que l'OTAN l'accompagne dans cette folie (une de plus) dans laquelle il s'était lancé inconsidérément. S'ils les avaient écoutés, il n'en serait pas où il en est aujourd'hui : face à une défaite. A quoi a servi cette guerre ? A fermer le détroit d'Ormuz, à faire grimper partout dans le monde le coût du pétrole, à fragiliser l'économie mondiale, à causer des milliers de morts, essentiellement des civils, et à renforcer le régime totalitaire des mollahs (1). Don le Prétentieux, tout comme son ami Poutine en Ukraine, a totalement sous-estimé son adversaire : il allait n'en faire qu'une bouchée et il s'est cassé les dents.
Comment dit-on fiasco en américain ? Le Père Ubu devrait faire profil bas au G7. Mais on peut parier qu'il va, comme d'habitude, jouer les fiers-à-bras. Il réussit tout ce qu'il entreprend. A l'exception de tout ce qu'il rate.
(1) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/15/guerre-en-iran-le-prix-de-l-aveuglement-de-donald-trump_6703186_3232.html
(2) https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/16/accord-etats-unis-iran-au-moyen-orient-les-parametres-bougent-de-facon-spectaculaire_6703533_3232.html
P.S. : A lire :
https://www.courrierinternational.com/article/opinion-le-president-trump-a-perdu-la-guerre-en-iran-l-editorial-du-new-york-times_245261
dimanche 14 juin 2026
La fête à Neu-Neu
Le prix des billets les moins chers dans les stades est de 200 $. Le plus cher, pour la finale, se monte à quasiment 11.000 $, sept fois plus qu'au Qatar. Les transports publics devaient être gratuits pour les détenteurs de billets. A New York, leur prix avait d'abord augmenté de 1.000 % avant d'être ramené à 660 % face aux réactions indignées. La fête n'a pas de prix et le FIFA le sait : un vrai fan est prêt à hypothéquer sa vie pour supporter son équipe. "Quand on est mordu, on ne regarde pas à la dépense. On ne réfléchit plus de manière rationnelle", reconnaît un supporteur argentin. Des pauses dites "de rafraîchissement" sont prévues au milieu de chaque mi-temps de tous les matchs, peu importe la météo, histoire de diffuser un peu plus de publicité encore. La FIFA devrait empocher 10 milliards de dollars de revenus. C'est la fête.
Vu le nombre d'équipes en compétition et dès lors le nombre de matchs, vu les énormes distances entre les stades (4.500 km entre Vancouver et Miami, par exemple), vu la climatisation installée dans les stades pour lutter contre une chaleur dangereuse pour la santé des joueurs et des supporteurs, cette coupe s'annonce comme la plus polluante jamais organisée : 9 millions de tonnes de CO2, le double de la moyenne des quatre précédentes éditions. L'équivalent de ce qu'émettent plus de 6 millions de voitures en une année en Grande-Bretagne. C'est la fête.
Les ressortissants de 39 pays étaient encore soumis, début juin, à des interdictions totales ou partielles de voyager aux Etats-Unis, imposées par l'équipe du Père Ubu américain. Pour 19 de ces pays la délivrance de tous les visas est suspendue. L'arbitre somalien Abdulkadir Artan, considéré comme le meilleur d'Afrique, a été refoulé à son arrivée aux Etats-Unis. Les supporteurs qui ont eu droit à un visa mais ne sont pas blancs - il y en a tant ! - craignent d'être arrêtés et tabassés par une ICE qui a pris l'habitude d'arrêter et de tabasser des gens au faciès. C'est la fête. Celle du capitalisme et du cynisme.
(D'après le dossier de Courrier international, "La Coupe du monde de tous les excès", 11.6.2026)
mercredi 10 juin 2026
La vie des saints
(1) Pierre Lepape et Juliette Cerf, "Penseur sans frontières", Télérama, 10.6.2026.
(2) Caroline Fourest, "Sacré Edgar", Franc-Tireur, 3.6.2026.
mardi 2 juin 2026
Petit homme
Il y a quelques jours, Poutine a quand même bravé le danger : il était en visite à Astana, capitale du Kazakhstan. Mais, rapporte Le Monde (2), "un véhicule doté d’une tourelle de mitrailleuse ainsi que d’un système mobile de brouillage antidrone figurait dans l’impressionnant cortège présidentiel : 20 voitures, 14 motards, un hélicoptère de surveillance sillonnant la ville, préalablement vidée de ses passants". C'est qu'il craint les drones ukrainiens, lui qui dirige une des plus puissantes armées du monde. Cet héritier de Staline a envoyé sans état d'âme à la mort des dizaines de milliers de ses compatriotes, le voilà plus paranoïaque que jamais, vivant en permanence dans la peur de se faire tuer. La mort des autres l'indiffère, voire le réjouit, et il tremble pour sa vie.
On voit par là que les grands hommes sont parfois très petits.
(1) Christian Caryl, "Guerre en Ukraine - A quoi joue Vladimir Poutine ?", Foreign Policy, 7.5.2026, in Courrier international, 21.5.2026.
(2) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/02/vladimir-poutine-essuie-une-serie-de-revers-qui-alimentent-le-mecontentement-en-russie-et-interrogent-sa-strategie_6696294_3210.html
samedi 30 mai 2026
Pas très catholiques
Pourquoi des gens croient-ils en un dieu ? Que représente pour eux cette foi ? Que gardent-ils du message de l'Evangile, du Coran, de la Torah ? Pourquoi leur croyance les referme-t-elle ?
On se pose ces questions en pensant notamment à ces milliardaires d'extrême droite que sont Vincent Bolloré et Pierre-Edouard Stérin. Tous deux se présentent comme catholiques. Tous deux dépensent une part importante de leur immense fortune à soutenir des médias, des candidats politiques et des organisations qui prônent le rejet de l'autre, le nationalisme et le repli sur soi et considèrent tout étranger comme dangereux. Vincent Bolloré se rend régulièrement en pèlerinage à Lourdes, nous dit-on (1). On suppose qu'il va à la messe. Mais visiblement le message de l'Evangile, "Aimez-vous les uns les autres", lui a échappé. Lui, il aime les uns mais pas les autres. L'hebdomadaire allemand Die Zeit rappelle (1) que Bolloré, "né avec une cuillère en argent dans la bouche", a hérité des papeteries familiales avant d'investir dans des chemins de fer, des plantations de palmiers et des ports en Afrique. "Ses partenaires en Afrique jugent ses méthodes en affaires agressives et pas très catholiques".
Hagai Levi, réalisateur de la série Etty, constate (2) que "90% des Juifs religieux sont pour Netanyahou. Les ultra-orthodoxes n'ont pas levé le petit doigt pour nous aider avec les otages, parce qu'ils n'étaient pas des leurs. Quant aux sionistes religieux, ils étaient délibérément prêts à les sacrifier."
Côté musulman, ils sont nombreux à assassiner qui ne pense pas comme eux, à asservir les femmes, à pendre des homosexuels, à couper les mains de voleurs au nom d'Allah dont on peine à comprendre en quoi il serait grand ainsi célébré.
Résumons-nous : il est grand le mystère de la foi.
(1) Matthias Krupa, "Les grenouilles de bénitier à l'assaut de l'Hexagone", Die Zeit, 4.5.2026, in Courrier international, 28.5.2026.
(2) Télérama, 6.5.2026.
jeudi 28 mai 2026
Vantards et méprisants
Poutine et Trump sont à la fois très différents et très semblables. Le froid serpent russe et l'imprévisible bouffon américain ont bien des points communs. Dont celui de prendre leurs compatriotes pour des cons. Tous deux n'entendent que ce qu'ils exigent qu'on leur dise. Ils veulent entendre et faire entendre que les guerres qu'ils ont entreprises sont des victoires malgré leurs échecs.