A écouter :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-dimanche-15-mars-2026-9392502
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-vendredi-20-mars-2026-7360255
Quelques réflexions humeuristiques de Michel GUILBERT sur la vie politique, sociale et culturelle de Belgique, de France et d'ailleurs. De modestes contributions à une tentative de rupture des pensées uniques. Une expression personnelle pour éviter l'ulcère... Mon autre blog: https://michelguilbert.blogspot.fr
Triste destin pour Roubaix qui, selon toute vraisemblance, sera dirigé par le LFI et islamisto-compatible David Guiraud. Parachuté de sa Seine-Saint-Denis, il a mené, selon Franc-Tireur, "une campagne Gazaislamophobie qui parle de tout sauf des problèmes du coin". Sa stratégie communautariste l'a mené à 46, 64% des voix. Le roublard gagne (2). Il en est un autre qui, lui ,remplie : David Rachline, exclu du RN mais toujours d'extrême droite garde la mairie de Fréjus malgré toutes ses casseroles.
Le deuxième tour se prépare aussi via des débats entre les deux ou trois candidats qui restent en lice. Mais nombre d'entre eux se défilent. Je ne parle qu'à mes concitoyens, affirme un maire sortant qui refuse de débattre avec son adversaire (4). La politique exige pourtant du courage. Au moins un peu. Mais il n'est pas toujours payant. L'heure est aux populistes.
On nous dit que les religions prônent l'amour. Elles le condamnent violemment. Et il faudrait respecter les religions ? Mais qui respectent-elles ?
C'est un parfait échanson
qui nous sert la boisson
un dépravé, un roué perspicace,
habile dans sa grâce
à remplir la coupe.
O Echanson,
dont les yeux ont une lueur
qui exhale la langueur
et dont les boucles naissantes
des temps l'ambre sentent !
O bel échanson !
Ta plantureuse croupe,
Ta brune délicatesse, ta finesse
de jeune garçon
surpassent à nos yeux
de la chamelle l'amble !
Abu Nuwas, Les voiles de la nuit (Poèmes bachiques et libertins, éd. Verticales, 2002, traduction : Omar Merzoug)
Abu Nuwas est né vers le milieu du VIIIe siècle dans le sud-ouest de l'Iran.
Au Blanc, trois listes s'affronteront et non quatre comme prévu. Celle de Jean-François Barnaba a été recalée à cause de problèmes administratifs concernant un de ses candidats. L'homme, qui s'était en son temps auto-proclamé porte-parole des Gilets jaunes, est amer : "franchement, aujourd’hui, je ne vois rien dans les programmes proposés qui soit susceptible de donner à la ville l’élan indispensable dont elle a besoin pour s’en sortir. Le Blanc, vous le verrez, va continuer à perdre des habitants et probablement, à la clé, son statut de sous-préfecture…" (3). L'administration a-t-elle bien conscience qu'elle prive Le Blanc d'un sauveur ?
Dans de nombreuses petites communes, une seule liste se présente. Dite "sans étiquette". Souvent, elle rassemble en réalité des candidats de diverses sensibilités politiques. Même si les conservateurs, voire les réactionnaires, y sont nombreux dans ces campagnes. Les électeurs n'ont donc pas de vrai choix. Auparavant, dans les communes de moins de mille habitants, ils pouvaient biffer des noms sur la liste de leur choix. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. On accepte l'ensemble de la liste ou non. Comment faire quand un seule liste est proposée et qu'on ne veut pas soutenir des candidats qu'on sait incompétents et agressifs et qui, en six ans, n'ont proposé aucune idée novatrice ou, pire, se sont farouchement opposés à tout projet, à toute réflexion et à la participation citoyenne ? Ne reste que la triste perspective du vote blanc ou de l'abstention. Triste, oui.
Voilà des nouvelles de la France profonde. Mais comment appelle-t-on l'autre France ? La France légère, la France de surface, la France superficielle ?
(1) https://www.lanouvellerepublique.fr/chateauroux/retard-a-l-affichage-querelles-autour-d-une-tombe-l-ia-en-porte-parole-les-echos-de-campagne-des-municipales-dans-l-indre-1772731251
(2) https://www.lanouvellerepublique.fr/issoudun/je-ne-saurais-me-derober-andre-laignel-brigue-un-9e-mandat-a-la-mairie-d-issoudun-1770312955
(3) https://www.lanouvellerepublique.fr/le-blanc/le-blanc-va-continuer-a-perdre-des-habitants-son-amer-constat-apres-l-invalidation-de-sa-liste-aux-municipales-1772806441
https://www.lanouvellerepublique.fr/chateauroux/jean-francois-barnaba-toujours-en-jaune
https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/direct-gilets-jaunes-jean-francois-barnaba-est-arrive-au-blanc
En vrai gourou, Mélenchon se voit comme le messie : il rêve de se retrouver au second tour de la présidentielle face au candidat du RN et il est convaincu qu'il sauvera la France du risque de la voir tomber aux mains de l'extrême droite. Démoniaque, il joue avec le feu. Il est aujourd'hui tellement clivant qu'il est plus rejeté que la fille à papa Le Pen.
"La ligne du parti doit rester infailliblement radicale et conflictuelle, sur la forme et le discours en particulier, faute de quoi LFI prendrait le risque de s’aliéner sa base électorale." C'est ce qu'affirme le politiste Rémi Lefebvre (3). "C’est la « stratégie du socle » : Jean-Luc Mélenchon repose sur un noyau dur d’électeurs de 8 % ou 9 %, attaché à la radicalité du parti. Le problème, c’est que cette stratégie constitue aussi un plafond de verre pour le mouvement : les postures radicales du leader « insoumis » nourrissent un rejet croissant, voire une détestation à son égard, que certains médias cultivent aussi. Or, dans l’optique d’une présidentielle, Jean-Luc Mélenchon doit aussi élargir sa base et capter le vote utile d’électeurs à gauche plus modérés."
Sous une allure très ouverte, LFI - que Mélenchon présente toujours comme un "mouvement gazeux" - est le parti d'un homme : Lui. Est-ce bien un parti d'ailleurs ? "Il n’a pas envie, constate encore Rémi Lefebvre, que l’organisation soit figée. Il y a un grand flou sur les règles du jeu internes, alors que les partis politiques français sont généralement structurés de manière bureaucratique – au Parti socialiste (PS), il y a des fédérations, des conseils nationaux, des bureaux nationaux, des secrétariats nationaux… A l’inverse, LFI est un parti où le cadre organisationnel est minimal. N’importe qui peut adhérer au mouvement en quelques clics, sans avoir à payer de cotisation ; n’importe qui peut créer un groupe d’action au niveau local. Certes, depuis fin 2022, il existe des structures départementales, mais elles ont peu de pouvoir. Par ailleurs, il n’y a pas de congrès pour trancher entre différentes lignes politiques. De même, les positions hiérarchiques sont mal définies : Jean-Luc Mélenchon dirige le parti, mais n’a aucun titre, si ce n’est celui de coprésident de l’Institut La Boétie ; Manuel Bompard, lui, est « coordinateur », un statut vague. Fin 2022, LFI a mis en place une forme de direction, la « coordination des espaces », mais le processus de nomination des membres de cette coordination reste opaque."
Voilà donc les Iraniens débarrassés de ce Guide suprême qui ne les avaient menés qu'à la dictature et à la répression suprêmes. Bien sûr, comme d'habitude, les Etats-Unis - malgré les grandes déclarations de Trump qui se voit en grand pacificateur, guide suprême de son Conseil de la paix - jouent les gendarmes du monde. Bien sûr, les règles du droit international sont bafouées. Comme elles le sont un peu partout ces derniers temps avec une ONU de plus en plus sans autorité et sans moyens. Le régime iranien, lui, n'a jamais eu que mépris pour les règles internationales. On ne pleurera pas la disparition du Boucher de Téhéran et de ses gros bras. Au contraire.
De nombreux pays appellent à la désescalade, mais deux seulement condamnent clairement les attaques américaines et israéliennes : le Pakistan et la Russie (1). Cette dernière avec cet humour à présent habituel qui nous désarçonne toujours : "La Russie, signale Le Monde (2), a dénoncé, samedi, une « agression armée préméditée et non provoquée » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le ministère des affaires étrangères russe affirme que « l’ampleur et la nature des préparatifs politico-militaires et de propagande » ayant précédé ces frappes, notamment le déploiement d’un important contingent militaire américain dans la région, « ne laissent aucun doute » sur le caractère planifié de l’opération. Moscou estime qu’il s’agit d’une violation des « principes fondamentaux et normes du droit international » à l’encontre d’un État souverain membre de l’ONU."
Remplacez "Etats-Unis et Israël" par "Russie" et "Iran" par "Ukraine" et la Russie se condamnerait elle-même. "La diplomatie russe, écrit encore Le Monde, condamne également le fait que ces attaques aient été menées alors qu’un processus de négociation venait de reprendre, censé favoriser une normalisation durable autour de la République islamique. Elle affirme que ces frappes contredisent les assurances transmises à la partie russe quant à l’absence d’intérêt d’Israël pour une confrontation militaire avec l’Iran."
En attendant, les risques provoqués par cette opération militaire sont aussi nombreux que les questions qu'elle suscite : mènera-t-elle à une guerre civile en Iran, à un embrasement de toute la région ? Conduira-t-elle à la démocratie et au respect des droits humains en Iran ? Quels sont les objectifs des Etats-Unis (pas sûr qu'ils soient clairs dans la tête de celui qui est censé les présider) ? Qui sera le prochain pays sur la liste de Trump ?
(1) https://legrandcontinent.eu/fr/2026/02/28/iran-carte-reactions-guerre/
(2) https://www.lemonde.fr/international/live/2026/02/28/en-direct-israel-annonce-avoir-lance-une-frappe-preventive-contre-l-iran-des-explosions-retentissent-a-teheran_6668663_3210.html
En attendant, même sans terme actuellement imaginable à cette guerre infâme, la détermination des Ukrainiens reste intacte. Plutôt morts que russes, disent nombre d'entre eux dans divers reportages entendus ces derniers jours. Les Ukrainiens sont "un peuple de marmottes tenaces", estime le traducteur ukrainien Iouriy Dourkot dans Die Welt (1) : chaque jour ils se remettent au travail comme le feraient des marmottes une fois leur terrier détruit. Ils reconstruisent, ils réparent, même s'ils savent qu'ils devront recommencer la semaine suivante. Même si "un régime criminel terrorise les civils" et que les prétendus "efforts de paix" de Donald Trump sont risibles, "les marmottes n'abandonnent jamais".
(1) Courrier international, 19.2.2026.
(2) https://desk-russie.eu/2026/02/15/errer-des-jours-sans-fin-avec-macron-ou-penser-la-guerre-en-ukraine-avec-aron.html
Comme l'écrit Caroline Fourest (4), la violence "peut changer de nom, s’appeler « révolutionnaire» ou «identitaire», fasciste ou antifasciste, elle n’est qu’un masque pour habiller d’un drapeau une passion bien plus primaire et très souvent masculine. Un besoin de se défouler, d’écraser l’autre sous ses pieds, qu’on revendique fièrement en usant de slogans périmés".
(2) https://www.lanouvellerepublique.fr/chateauroux/un-veritable-arsenal-qui-est-ce-retraite-de-78-ans-qui-a-tire-sur-la-police-avec-des-grenades-a-chateauroux-1771361045