Encore un peu d'islamofolie.
Hier, le magazine "Envoyé spécial" consacrait un sujet aux salafistes français. De grands comiques qui veulent s'en tenir à une lecture rigoriste du Coran, avec les mots de leur prophète tels qu'il les aurait prononcés au VIIe siècle. On ne comprend pas bien pourquoi ils ne vivent pas comme à cette époque. Pourquoi ils ne refusent pas le téléphone, l'ordinateur, la voiture, l'avion et tous les objets et les manières de vivre du XXIe siècle. D'autant qu'un prédicateur affirme que sont interdits "tous les livres des gens de l'innovation". Sur une péniche (qui ne semble pas dater du VIIe siècle), de très nombreuses femmes voilées font leurs emplettes, comme dans un supermarché. Elles achètent des vêtements, des objets de grande consommation, même des tablettes électroniques. Elles donnent un sentiment étrange: à la fois hyper-connectées et totalement déconnectées des autres et du reste de la société.
Un jeune salafiste déclare vouloir quitter la France où il n'est pas chez lui. "Mais tu es Français", lui dit le journaliste. "Oui, mais je n'ai pas choisi de l'être". N'est-ce pas Dieu alors qui a choisi de le faire naître en France? Peut-il aller contre la volonté divine? Décidément, on a du mal à les suivre.
Une jeune femme en burqa. Elle a dix-neuf ans, on ne voit que ses yeux. Elle avoue aimer associer des vêtements couleur marron à sa burqa noir corbeau. "Je suis fashion", dit-elle en riant. Elle sort un livre de son sac: "Les fatwas des femmes", écrit par des dévôts saoudiens d'un autre âge. On peut y lire que "la majorité des habitants de l'enfer sont des femmes". Elle approuve: toutes les femmes sont médisantes, dit-elle. Elles risquent aussi de valser en enfer si elles vont voter ou si elles se marient à la mairie. L'enfer est pavé de bulletins de vote.
Une journaliste se fait passer pour une jeune salafiste qui cherche un mari. Celui qui se propose lui fait comprendre que sa place sera à la maison, son rôle de s'occuper de la maison et des enfants. Si elle n'est pas d'accord avec la polygamie, "il n'y a pas de problème": il sera capable de comprendre qu'elle soit jalouse. Elle aura le droit de ne pas accepter la polygamie, mais devra s'y faire. Y a-t-il projet de vie plus enthousiasmant pour une jeune femme?
La majorité des jeunes salafistes rencontrés dans ce reportage ont entre vingt et trente ans. La crise d'adolescence se fait de plus en plus tard de nos jours.