Marine a de la peine. La pauvre a une grande crainte: celle de ne pas réunir ses cinq cents signatures de maires pour pouvoir se présenter aux élections présidentielles. Mais où est la démocratie?, demande-t-elle. C'est la démocratie, lui rétorque-t-on. Chaque élu local a le droit de choisir (ou de refuser de choisir) qui il soutient. Elle a toujours rencontré certaines difficultés à comprendre comment fonctionne la démocratie. Il est vrai qu'elle est compliquée à comprendre. La Démocratie. Pas la Le Pen. Elle, on la comprend facilement. Elle utilise les techniques de papa. Se faire plaindre, se poser en victime. La télé court derrière elle et ses affidés qui chassent les signatures comme ils chasseraient la palombe. Mais qui a envie de voter pour une victime pleurnichante et menaçante?
François Hollande, lui, a été clair. Il n'a qu'un et un seul adversaire: la finance. C'est ce qu'il a déclaré dans son discours français. Dans son discours anglais, il est plus nuancé: au Guardian, il rappelle que la gauche au pouvoir en France durant quinze ans a toujours respecté la logique de marché. Que le marché ne doit pas s'inquiéter. Qu'il est gentil, lui, Hollande, pas le marché. Enfin, oui, si, qu'on ne se méprenne pas, le marché n'est pas méchant. Qu'il doit juste être un petit peu régulé. Si ça ne le dérange pas trop. On pense à Lionel Jospin qui déclarait qu'il ne tenait pas un discours de gauche. Juste un discours de rassembleur. Mais rassembler le vent n'est pas une sinécure.
En Belgique, les politologues, les journalistes ne cessent de nous convaincre que, depuis des temps immémoriaux, nous sommes plus, beaucoup plus, passionnés par la politique française que par la politique belge. On comprend pourquoi. D'un côté, on entend des pleurnicheries, de l'autre, on entend dire "ne me faites pas dire ce que j'ai dit". Motivant et passionnant en effet. Et puis, on apprend aussi qu'aujourd'hui sera un grand jour: le non candidat ne le sera plus. Magnifique. Tout arrive.