samedi 17 janvier 2026

Le joli temps des colonies

Voilà l'Europe menacée des deux côtés, à l'est comme à l'ouest, par deux hommes du passé, deux nuisibles incontrôlables, Poutine et Trump. Les deux réinventeurs du colonialisme. Deux hommes qui rivalisent de prétention, se voient en empereur et veulent asservir les pays autour d'eux. Se servir en fonction de leurs besoins de puissance et briser la démocratie européenne.

Qui donnera enfin une gifle à ce gros garçon capricieux qu'est Trump qui menace à présent de représailles douanières les Etats qui ne soutiennent pas son envie de prendre de gré ou de force le Groenland (1) ? Il trépigne de joie d'avoir reçu de Maria Corina Machado sa médaille du Prix Nobel de la paix. Il pense qu'il a vraiment reçu le prix. Comme un enfant qui aurait reçu la médaille d'ancien combattant de son grand-père et qui penserait dès lors avoir été lui-même décoré. Cet homme qui use et abuse d'un pouvoir gigantesque aurait sa place en hôpital psychiatrique.
Le responsable de la maison des jeunes à Nuuk témoigne avoir croisé en janvier 2025 Donald Trump Jr, fils de Dingo Ier : "Je pensais que c’étaient des touristes, ils distribuaient des casquettes MAGA, des billets de 100 dollars, puis ils ont invité des jeunes et des vendeurs de rue au restaurant, et j’ai compris que tout cela était politique » (2). Demain, les colons américains reviendront avec des verroteries. Revoici le joli temps des colonies.
A Gaza aussi. Hier, Trump a nommé un premier organe exécutif qui devra gérer l'avenir de la bande de Gaza : tous des fidèles de Trump, plus Tony Blair et les représentants des Etats médiateurs (Egypte, Qatar et Turquie), et des Emirats arabes unis. Ils sont chargés de superviser le travail de 15 gouvernants palestiniens (3). Le colonialisme a de beaux jours devant lui.

De son côté, Poutine affirme qu'il considèrera comme une agression la présence de forces militaires de l'OTAN sur le territoire de l'Ukraine. Comme s'il lui appartenait, comme s'il n'était pas l'envahisseur. Ici, c'est chez moi et chez moi je décide des règles. L'historienne et soviétologue Françoise Thom constate que « la Russie va de guerre en guerre : la Tchétchénie d’abord, la Géorgie ensuite, puis l’Ukraine, “l’Occident collectif”, l’Europe enfin".
Poutine, écrivait, en mai dernier Sergueï Medvedev, spécialiste de la période postsoviétique, "impose au monde son agenda de confrontation et d’antagonisme stratégique avec l’Occident. Il affaiblit l’Occident en montrant son indécision et son inefficacité. Il favorise la fragmentation de l’Occident, en enfonçant des coins dans les fissures existantes – du soutien à Trump dès son premier mandat jusqu’au soutien à toutes les forces antisystème, des ultra-gauches aux ultra-droites". Et c'est là un des problèmes de l'UE : tous ceux qui en son sein défendent le point de vue du Kremlin, de Mariani ou Villiers le revenant à Mélenchon le hargneux en passant par Villepin, Védrine ou Ferry, les "agents de déstabilisation russe en Europe" (4). Choisis ton camp, camarade : celle de la démocratie ou de celle de ses ennemis.

Post-scriptum :
Et au FN-RN, même si on ne le dit pas trop fort, on admire  non seulement Poutine le tueur, mais aussi Trump le dingue (on a les héros qu'on peut) :
https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/18/au-rn-une-attraction-inavouee-pour-le-trumpisme-et-un-alignement-ideologique-progressif_6663002_823448.html

(2) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/17/au-groenland-la-methode-trump-a-dresse-la-population-contre-les-etats-unis_6662716_3210.html
(3) https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/17/premieres-nominations-a-la-tete-de-l-usine-a-gaz-qui-doit-gouverner-gaza_6662939_3210.html
(4) https://desk-russie.eu/2026/01/11/pcf-lfi-et-autres-soumis-a-moscou.html

P.S. : A propos de Trump, à lire aussi :

2 commentaires:

gabrielle a dit…

À lire aussi, sur GC (le Grand Continent) : DT est-il totalement fou ?

Michel GUILBERT a dit…

Merci, Gabrielle ! Je ne connaissais pas ce site.